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Travaux de sécurisation sur le parcours du Train de la Mure
Encore plus de sécurité pour le petit train touristique qui sera remis en service en avril Spectaculaire, le train touristique de La Mure l’est à plus d’un titre. Entre le massif du Vercors et le lac de Monteynard, au sud de Grenoble, il parcourt un trajet de montagne et offre des vues imprenables sur des gorges, des vallées, des paysages alpins… empruntant viaducs et tunnels. Profitant de la pause hivernale, le conseil général de l’Isère a lancé sur l’ensemble de cette ligne une campagne d’entretien qui doit s’achever en avril prochain.
C’est dans ce contexte que les entreprises GTS et STPL sont intervenues jusqu’à la fin du mois de janvier. Société du groupe NGE (premier groupe français indépendant de travaux publics multimétiers), GTS a réalisé une série de travaux dont, plus particulièrement, le confortement et le soutènement sur ce chantier d’accès difficile. En effet, la plateforme de la ligne n’étant accessible, par endroits, que par la voie ferrée elle-même, le seul moyen d’y travailler, pour les équipes de GTS a été d’utiliser le « petit train » comme train de travaux.
Préalablement aux travaux, un écran pare-blocs a été installé. GTS est intervenu sur deux sites surplombant de près de 300 m le lac de Monteynard, sous une falaise de 150 m. Afin de stabiliser les éboulis au-dessus de l’ouvrage d’art, les équipes de GTS ont procédé à des injections de terrain dans ces éboulis. Par la suite, la sécurisation d’un mur a été obtenue par la projection de béton sur 800 m2 et 10 cm d’épaisseur ; de plus, pour en interrompre le basculement, des tirants traversants ont été mis en œuvre. Plusieurs fissures ont été également réparées par ragréages. L’ensemble de ces travaux a mobilisé une dizaine de personnes de septembre 2008 à fin janvier 2009, avant une remise en service prévue en avril.Le métro et le tramway de Séville innovent
Construites par CAF, les voitures du futur métro circulent actuellement sur le réseau de tram de Séville Prévue pour le 30 septembre puis reportée à Noël, la mise en service du métro de Séville doit se faire par tranches avant l’inauguration de la première ligne, prévue durant la Semaine sainte. Elle marquera l’arrivée en Espagne de dispositifs comme les portes de quai, mais également d’un tramway partiellement alimenté par des batteries. En effet, les rames actuellement en circulation sur l’unique ligne de tram vont être transférées au métro et seront remplacées par des convois hybrides.
La première ligne du métro de Séville « est un chemin de fer métropolitain avec les caractéristiques d’un métro léger », précise la Junta (gouvernement) d’Andalousie, autorité propriétaire des infrastructures via les Chemins de fer andalous. Longue de 18 km, la ligne 1 court sur un tracé ouest – sud-est avec 22 stations entre Olivar de Quintos et Ciudad Expo. Essentiellement en souterrain, elle reprend partiellement des tunnels déjà creusés il y a trente ans. Elle devait fonctionner dès juillet 2006, mais des vestiges médiévaux, des difficultés sur les ouvrages d’art et, le 26 novembre 2008, des entrées de boue à la station Puerta de Jerez ont retardé l’échéance.
Desservant directement 250 000 des 470 000 habitants de l’agglomération, cette liaison aura dans toutes ses stations des portes de quai, un système de sécurité et une innovation en Espagne que devrait poursuivre Barcelone, notamment avec sa ligne 9 automatique en construction. A Séville, ce dispositif a été adjugé par la Junta à l’entreprise Faiveley Transport.
Autre particularité, les premières rames de ce métro circulent déjà depuis presque un an en surface sur une ligne de tramway unique de 1,35 km ouverte le 28 octobre 2007 et qui a restauré un mode de déplacement disparu ici en 1962. En effet, la municipalité sévillane avait décidé dès septembre 2004 d’édifier dans l’hypercentre historique ce tronçon, par souci de lutter contre la pollution et la détérioration des vieilles pierres dont celles de la cathédrale et de la fameuse tour de la Giralda. Ce tram a donc vu le jour pour se mettre au « développement durable » disent les uns, par électoralisme suggèrent ses adversaires, puisque le métro avait du retard mais pas la date des élections municipales…
Toujours est-il que ce tram dit « Metrocentro » circule bien entre Prado de San Sebastian et Plaza Nueva avec des convois de cinq voitures construites par CAF. Cette ligne est à écartement UIC et à double voie, sauf devant la cathédrale où les rails se chevauchent par « souci de l’environnement ». Et elle accueille par anticipation le matériel roulant du futur métro.
A ce tour de passe-passe, doit s’ajouter une modification de l’alimentation du tramway, aujourd’hui par caténaire. En effet, toujours préoccupée de l’esthétique dans un secteur urbain piétonnisé, la municipalité va faire démonter les mâts et la ligne aérienne dans les vieilles rues, car CAF doit livrer de nouveaux véhicules, élaborés dans son usine andalouse de Linares (l’ex-site des automobiles Santana, dans la province de Jaén). Autre première outre-Pyrénées, cette deuxième génération de rames sera équipée de batteries pour s’affranchir des quelque 250 m sans caténaire. Ensuite, la ligne sera prolongée dans la ville de 2,8 km, de manière plus traditionnelle, notamment pour créer des échanges intermodaux à la gare centrale de Santa Justa.
Si le tramway est exploité par Tussam (la régie municipale des transports urbains), le métro proprement dit l’est en concession par Metro Sevilla. Cette société a été adjudicataire des travaux, mais aussi des opérations commerciales. Elle rassemble des entreprises du BTP comme Dragados et Sacyr, ou des industriels locaux tels que Gea21 et le constructeur ferroviaire CAF.
Michel GARICOÏX
Toulouse – Auch ou les mésaventures d?un chantier qui n?en finit pas
Le renouvellement de voie et de ballast sur la ligne Toulouse – Auch connaît actuellement des retards dans sa troisième phase La ligne Toulouse – Auch (88 km) a été rouverte aux TER le 31 janvier dernier après un isolement ferroviaire de la préfecture gersoise de quatre mois depuis le 29 septembre dernier. Mais les travaux de renouvellement de voie et ballast (RVB) de la ligne ne sont pas achevés, il manque 12 km… Tout était pourtant cadré dans un planning, mais c’était sans compter avec les aléas qui ont affecté l’avancement du chantier. La société espagnole VIAS, adjudicataire du lot A du Plan Rail Midi-Pyrénées, a subi des contretemps liés aux moyens mis en œuvre.
Le RVB de cette ligne comprenait trois phases. D’abord, de la bifurcation d’Empalot (des lignes Tarbes et d’Auch) à Arènes (10,5 km) du 29 septembre au 24 octobre dernier, où furent opérés des changements de traverses, relevage de la voie, apport de ballast, soudage de rails conservés et réfection de 8 PN. Lors de la remise de la voie à l’exploitation, le 24 octobre au soir, certains travaux n’étaient pas terminés (soudage, bourrage), imposant un ralentissement. Ils le furent le mois suivant. La deuxième étape s’est déroulée du 25 octobre au 8 novembre, entre Colomiers et L’Isle-Jourdain, où le RVB a été effectué dans trois courbes non traitées lors du RVB de l’été de l’année précédente. Pour terminer la partie de L’Isle-Jourdain à Auch (47 km), du 8 novembre au 30 janvier 2009, un RVB dans les courbes d’une longueur cumulée de 13 km avait été effectué en septembre 2007. Il restait donc 34 km à renouveler.
C’est sur cette dernière phase qu’il manque une douzaine de kilomètres, entre les gares de Gimont et d’Auch, distantes de 25 km. Ils auraient pu être réalisés en prolongeant la fermeture de la ligne, mais ce choix n’était pas envisageable, VIAS enchaînant des travaux en Espagne. RFF, en concertation avec le conseil régional et la SNCF, recherche à l’heure actuelle la meilleure solution pour achever rapidement ces travaux. Ils nécessiteront une nouvelle interruption de la section terminale Gimont – Auch, qui se fera vraisemblablement au cours d’un été. Martin Malvy, président du conseil régional Midi-Pyrénées, a écrit le 23 janvier dernier une lettre au président de RFF, Hubert du Mesnil, déplorant cette situation et rappelant à l’ordre RFF sur le Plan Rail : « Il se confirme aujourd’hui que les engagements pris par RFF auprès des usagers et de la région sont loin d’être respectés. Je ne peux accepter en aucune manière l’ampleur des retards qui me sont annoncés, à savoir plus d’un tiers des travaux non réalisés à la date prévue. J’apprends par ailleurs que les travaux ne seront pas prolongés mais que la ligne sera rouverte fin janvier pour être à nouveau condamnée à une période non déterminée. »
La SNCF a invité ses clients le 2 février dernier à un petit-déjeuner en gare d’Auch pour les remercier de leur patience. Durant les travaux, des bus ont remplacé les TER et une réduction de 20 % a été consentie sur les abonnements TER. En semaine, 6 300 passagers (dont 3 300 sur Arènes – Colomiers – ligne C) utilisent quotidiennement les 94 circulations TER de la ligne. Actuellement, la vitesse limite est de 100 km/h d’Arènes à Mérenvielle (PK 35,6), et 90 km/h au-delà. Le rail utilisé sur ce RVB est du 50 kg/m (UIC 50), fixé par des attaches Fastclip sur traverses béton. Entre L’Isle-Jourdain et Auch, quatre ponts-rails ont été remplacés et un pont maçonné a subi une réfection.
Le planning du Plan Rail pour les autres chantiers ne sera pas affecté par ce contretemps. Le lot B débute le 2 mars prochain sur le « transpyrénéen oriental » entre Tarascon-sur-Ariège et Latour-de-Carol, où depuis quelques semaines l’Infra SNCF achemine des matériaux à l’aide de locomotives Diesel AIA AIA 68500 du Technicentre de Chalindrey. Les travaux doivent s’achever le 26 juin. Un mois de juin chargé avec l’ouverture, le 15, d’un autre chantier entre Tessonnières et Rodez… Le lot B a été adjugé à l’entreprise allemande Heitkamp.
Bernard VIEU
Alstom chargé des infrastructures de la Downtown Line de Singapour
La Land Transport Authority (LTA) de Singapour vient de confier à Alstom Transport la réalisation des voies de la future Downtown Line (DTL) du métro, qui reliera les zones est et nord-ouest de l’île au quartier d’affaires (Central Business District) et à Marina Bay. Selon un communiqué d’Alstom du 6 février, le contrat, de 120 millions d’euros, comprend la conception, la fourniture des équipements, l’installation de 70 kilomètres de voies et d’un troisième rail d’alimentation électrique (750 V), ainsi que les tests et la mise en exploitation. Le contrat porte sur les phases 1 et 2 du projet Downtown Line (livraison en 2013 et 2015), qui en comprend trois. Des travaux seront également effectués sur l’extension de la North South Line existante. Alstom équipe déjà deux autres lignes du réseau de Singapour, la North East Line (NEL) et la Circle Line.
Deuxième essai de vélo en libre-service à Bruxelles
Le vélo en libre-service à Bruxelles, on efface tout et on recommence ! Trop lourds, trop chers, limités à l’hypercentre de la capitale belge, les vélos de Cyclocity n’ont pas rencontré leur public. Le bilan est plus que mitigé. Le gouvernement de la région bruxelloise, l’entité qui chapeaute les 19 communes, a donc repris le dossier. Le marché avait été attribué à JCDecaux en novembre dernier, mais les concurrents emmenés par Clear Channel avaient déposé des recours qui viennent d’être rejetés. Les 100 premières stations devraient être montées dans les six prochains mois, 1 200 bicyclettes disponibles au départ dans les communes les plus proches du centre, le reste de l’agglomération sera ensuite équipé en étoile. Le contrat prévoit jusqu’à 5 000 vélos avec une concession de 15 ans. Les engins seront plus légers que ceux utilisés par Cyclocity, deux kilos de moins, et ils seront dotés de sept vitesses pour affronter les côtes bruxelloises. La première demi-heure sera gratuite, ce qui n’était pas le cas avec la formule précécente. Les abonnés aux transports en commun ou au système de car-sharing Cambio auront même droit à une heure sans payer. Etant donné que les communes bruxelloises gèrent elles-mêmes leurs contrats de publicité, la région a dû innover : JCDecaux pourra afficher des publicités sur les bornes cyclistes, de nouveaux emplacements publicitaires seront créés notamment sur la voirie dépendant de la région.
Les très grandes ambitions de Montpellier
L’agglomération montpelliéraine possède un réseau de transports publics prospère. L’offre s’étoffe et les voyageurs affluent Le réseau de tramway de Montpellier est promis à un quasi-doublement de la longueur cumulée de ses trois lignes dont la troisième verra ses travaux commencer en mars pour une mise en service en 2012. Actuellement long de 35 km avec deux lignes, il atteindra 58,8 km avec la mise en service de la 3e ligne et deux petites extensions de la ligne 1 à chacune de ses extrémités dont la première, à Odysseum (0,6 km) sera inaugurée le 1er septembre prochain.
Mais d’ores et déjà plus de 50 km sont pré-programmés pour une nouvelle étape, celle de l’horizon 2020, dont la dimension politique est forte.
Georges Frêche, président (divers gauche) du conseil d’agglomération de Montpellier, a rendu compte le 17 janvier des conclusions d’une commission ad hoc présidée par Robert Subra, vice-président de Montpellier-agglomération, et composée d’élus de la commune centre et de plusieurs communes périphériques. Chargée de tracer les grandes lignes du réseau futur, elle a arrêté la création de plusieurs extensions des lignes en service ou de celle en construction, et de deux lignes entièrement nouvelles, numérotés 4 et 5.
« Nous faisons le premier réseau de tramway en France, le plus complet, le plus dense », a affirmé George Frêche, tout en reconnaissant que « rien n’est définitivement arrêté ».
Robert Subra a détaillé le parti général : « Nous choisissons des voies uniques à l’extérieur, dans des zones où nous préférons ne pas passer dans tous les villages pour privilégier la vitesse, et où nous organisons un système de rabattement. »
Le vice-président de l’agglomération citait en référence le projet d’extension de la ligne 2 vers Poussan (ouest), d’une longueur de 19 km de voie unique pour un coût de 130 millions d’euros, soit un prix imbattable de 6,8 millions d’euros au kilomètre. Cette extension, qui est un des éléments clés du programme à l’horizon 2020 arrêté par la commission ad hoc, utiliserait largement les emprises de l’ancienne ligne Midi Montpellier-Paulhan. Elle s’inscrit dans la perspective d’un extension de l’agglomération vers l’étang de Thau par l’adhésion de la Communauté de communes du nord du bassin de Thau (autour de Mèze) à Montpellier-agglomération. Dans la perspective d’une adhésion de la Communauté d’agglomération du Bassin de Thau (autour de Sète), bloquée à ce jour par l’opposition de Frontignan, « cette extension de la ligne 2 serait prolongée de Poussan jusqu’à Sète, permettant de faire un triangle avec le TER Sète – Montpellier et le tramway périurbain Sète-Poussan-Montpellier », explique George Frêche.
Parmi les autres grands prolongements à l’horizon 2020, figurent l’extension est de la ligne 2 vers Castries (7 km, 50 millions d’euros) ; celles de la future ligne 3 vers le littoral touristique, depuis Pérols son terminus programmé (à la limite de l’agglomération actuelle soit à 800 m des plages…), jusqu’à Palavas centre d’un côté (2,5 km, 45 millions d’euros), La Grande-Motte de l’autre (11,5 km, 110 millions d’euros), et au nord dans Juvignac (1,5 km, 25 millions d’euros) ; et enfin l’extension de la ligne 1, côté sud-est vers les centres de loisirs et funéraire de Grammont (2 km, 35 millions d’euros) et vers une éventuelle gare TGV à Boirargues (1,5 km, 35 millions d’euros).
Deux toutes nouvelles lignes sont enfin prévues.
D’abord une ligne 4 qui courrait du quartier Ovalie, proche du nouveau stade de rugby Yves-du-Manoir, jusqu’à la zone de recherche Agropolis au nord de l’agglomération. Sont d’ores et déjà prévues deux extensions, jusqu’à Clapiers au nord, et route de Bionne à l’ouest. Le total affiche 14 km de voie nouvelle pour 300 millions d’euros. Cette nouvelle ligne emprunterait les voies de la ligne 1 d’Albert 1er à Saint-Eloi. Elle serait la première à ne pas desservir la gare Saint-Roch, utilisant les boulevards circulaires autour de l’hypercentre côté nord, un itinéraire jadis recommandé par les opposants au tracé actuel de la ligne 2 qui souhaitaient mailler le centre historique. « Le tramway empruntera le boulevard du Jeu-de-Paume, c’est un vœu de Mme Mandroux (maire PS de Montpellier) », a précisé Georges Frêche.
Enfin, le président de la Communauté d’agglomération explique que « sur la demande de Jean-Pierre Grand » (maire de Castelnau-le-Lez), une ligne 5 reliant le terminus intermédiaire de Notre-Dame de Sablassou, au nord-est de la ligne 2, à la station Place de l’Europe, dans le nouveau centre-ville des bords du Lez, serait tracée à travers les quartiers de la Pompignane et des zones d’activité en forte croissance du Millénaire (5 km, 75 millions d’euros).
Notons que M. Grand (UMP villepiniste) souhaite faire ainsi de Notre-Dame de Sablassou un centre intermodal avec l’établissement d’une station TER sur la ligne RFF Nîmes-Montpellier qui tangeante le tramway. Ce dernier projet vient d’être l’objet d’une évaluation par RFF. Il est soumis à une forte contrainte topographique (voies en profond remblai) alors que la SNCF suggère le développement d’une station existante, deux kilomètres en amont, aux Mazes-Le Crès, très au large. Cette dernière serait en correspondance avec l’extension de la ligne 2 du tramway vers Castries.
Le total de ces projets à l’horizon 2020 cumule entre 52 et 61 km de voies nouvelles et entre 685 et 750 millions d’euros. Ils ne sont pour l’instant pas financés – l’agglomération attend encore la réponse du gouvernement à sa demande d’augmentation de subvention pour la ligne 3, qui devrait être donnée en mars. Plus encore, ils dépendent largement de l’évolution politique du périmètre de l’agglomération de Montpellier, suceptible de se muer en communauté urbaine par fusions successives. Plusieurs de ces projets constituent d’ailleurs un argument de poids dont Georges Frêche entend bien se servir pour convaincre ses voisins parfois récalcitrants de rejoindre la métropole en constitution. Tel le maire de Palavas, Christian Jeanjean, dont la commune a quitté l’agglomération montpelliéraine le 1er janvier 2005, ce qui a rendu l’accès des plages par transport public singulièrement onéreux et difficile. Un comble pour une grande ville située à 8 km de la Méditerranée.
Michel Gabriel LEON
Pour ses vingt ans, Bilbobus se marie avec Veolia
Surprise à Bilbao, Veolia a fait irruption dans la ville basque en enlevant le réseau de bus urbain à des acteurs locaux Rendu public à la mi-juin 2008, le choix de Bilbao de confier son réseau de bus à Veolia est d’importance pour la multinationale des transports et services : la ville compte 400 000 habitants intra muros et l’agglomération près d’un million. Mise à part une participation dans le tramway de Barcelone, Veolia ne s’était pas encore installée dans une cité de cette taille et à cet échelon outre-Pyrénées. Et ce n’est sans doute là qu’un coup d’essai, d’autres mairies ibériques pensant également lancer davantage d’appels d’offres pour se sortir des régies municipales ou des opérateurs traditionnels le plus souvent locaux. Cela tombe bien pour Veolia qui a les yeux de Chimène pour l’Espagne, qualifiée par Cyrille du Peloux, directeur général de Veolia Transport, de « pays très important dans [notre] stratégie européenne de développement ». Plutôt que le sortant TCSA, Veolia Transport a été préférée par la municipalité bilbaina « au regard des rapports techniques des entreprises qui se sont présentées à l’appel d’offres » indiquait Ibon Areso, adjoint au maire délégué aux transports. Et de préciser : compte tenu des grilles d’évaluation établies par les édiles, « la compagnie française a récolté le plus de points ». Pour une concession de huit ans avec deux années supplémentaires en option, elle a la gestion des circuits urbains, mission qui devrait générer selon elle « un chiffre d’affaires cumulé d’environ 305 millions d’euros sur les huit premières années ». Précisément, Veolia a hérité d’un ensemble de dessertes intra-urbaines baptisées « Bilbobus », fort de 150 véhicules et d’un effectif de 750 salariés. Ce parc était propriété de la ville, cette dernière « met au départ à disposition ces autobus avant que l’opérateur ne les renouvelle progressivement » précise Veolia.
Mais l’arrivée de ce nouvel acteur sur les bords du Nervion ne s’est pas faite dans la sérénité. La concession prenait effet au 1er août 2008, or depuis le mois de février précédent Bilbobus vivait un conflit permanent entre le précédent opérateur (TCSA) et ses salariés, centré sur le renouvellement de la convention collective et les salaires. A partir de mai, les discussions entre les syndicats et la direction d’alors étaient rompues et commençait une série de grèves dures et tournantes, allant même jusqu’à des sabotages. Maire de Bilbao, le nationaliste basque Iñaki Azkuna prenait bien soin de préciser qu’avec le nouvel opérateur, « tous les emplois seraient conservés ». Et enfin, soldant les comptes, TCSA arrivait fin août à un pré-accord avec le comité d’entreprise avant de laisser la voie libre à Veolia (et à Manuel Vide, son gérant à Bilbao), sans modifier trop substantiellement les conditions économiques du contrat passé avec la municipalité. La tâche de Veolia, « qui apporte à Bilbao son expérience d’opérateur de référence », tourne autour de deux axes : améliorer la qualité du service actuel, notamment par un meilleur cadencement des dessertes (liaison bus-sol, gestion informatisée, information des usagers en temps réel) ; revoir la billettique via plus de simplicité et une rotation plus rapide des montées et descentes. Egalement, le renouvellement du parc roulant sera engagé, y compris avec des véhicules adaptés aux collines encadrant la ville. En fait, le principal défi pour le service urbain d’autobus actuel, et désormais pour Veolia, est de redonner une place lisible et viable à Bilbobus dans le concert de l’offre de transport de la capitale économique du Pays basque.
Autour de la ville centre et de ses deux quartiers principaux (l’ancien Casco Viejo et la zone des affaires et commerces dite l’Ensanche), s’agglutinent une série de banlieues industrielles ou résidentielles aujourd’hui drainées par une offre abondante de transports publics : les autobus urbains et périurbains Bizkaibus organisés depuis l’exécutif de la province de Biscaye, les banlieues ferroviaires Renfe et Feve sur la rive gauche, EuskoTren (ET, ou les chemins de fer basques à voie métrique, sur la rive droite) et le tramway EuskoTran (comme les précédents entre les mains du gouvernement basque). Héritière d’une histoire locale compliquée et marquée par l’industrie, cette situation pouvait amener gaspillages et pléthore de services si n’avait été créé, dès 1976, le Consorcio des transports de Biscaye ou CTB. Comme à Madrid ou Barcelone, cette autorité unique coordonne l’offre et tente de prévoir les investissements nécessaires dans les infrastructures. Petit à petit elle a été reconnue et intégrée par les opérateurs, le dernier à y venir étant la banlieue Renfe. A l’actif de ce CTB dirigé par l’exécutif de la Biscaye et le gouvernement basque, la mise en place à partir de 1990 du réseau Bizkaibus dont les véhicules jaunes, blancs et bleus irriguent toute la province, et la généralisation le 1er janvier 2002 du Creditrans, titre de transport multimodal, remplaçant le « bono » (ticket valable pour 10 voyages). Dans une conurbation où la part des déplacements privés par transports en commun se rapproche rapidement des 50 %, ce billet fut successivement adopté par Bilbobus, Bizkaibus, les trains Feve et ET, puis le métro de Bilbao et même le pont transbordeur de Portugalete. Pour Bilbobus, le Creditrans est un ballon d’oxygène après la saignée qu’avait effectuée sur ses lignes le métro inauguré le 11 novembre 1995. Après une sévère chute, son trafic annuel plafonnait autour de 23 millions de passagers, il redécolle à partir de 2002 vers les 25 millions avec, à l’appui il est vrai, une refonte des lignes et un coup de jeune à une flotte fatiguée où l’on trouvait encore des autobus Pegaso. La mairie est dès lors tout sourires, elle qui éponge les déficits de son réseau urbain.
Né en 1988, Bilbobus prend la suite de la Compagnie des tramways urbains créée en 1948, laquelle exploitera jusqu’en octobre 1978 des trolleybus Vetra dans les quartiers modernes de la cité. Bilbobus n’est pas seulement un coup de marketing, mais un autre mode de gestion puisque de régie le réseau devient une concession qui est accordée dès 1988 à Transportes Colectivos SA (TCSA), une entreprise privée qui rayonne sur l’ouest de la Biscaye et est présente dans Bizkaibus. Il importe alors d’accroître l’offre intra-muros au fur et à mesure que se répand la très sévère OTA/TAO, la gestion du stationnement dans les rues. A cette époque le client-type des autobus est une femme, quelqu’un qui n’a pas de voiture ou un jeune. Chahuté par MetroBilbao et ses deux lignes, Bilbobus l’est à nouveau en décembre 2002 avec le retour du tramway sur les rives du Nervion. D’abord modeste, l’unique ligne s’installe entre Atxuri, le Guggenheim et Basurto avant de penser à des extensions vers les quartiers périphériques. Là, l’investisseur est le gouvernement basque, l’exploitant EuskoTran (une compagnie publique) et le coordinateur le CTB. Dans ce contexte complexe, tous les acteurs jouent désormais la coordination multimodale et une offre plus équilibrée pour les voyageurs. Par exemple a été édifié « Termibus », un terminal pour autobus urbains voisin du stade San Mamès : sur ses 27 quais partent et arrivent les Bilbobus dont les passagers trouvent à deux pas les correspondances avec le tramway, les banlieues Renfe et le métro. Ce pôle multimodal en appelle d’autres ainsi que des parkings de dissuasion en périphérie. C’est dans ce paysage à parfaire, aux modes et opérateurs multiples que se retrouve aujourd’hui Veolia.
Michel GARICOïX
Velo’v revoit ses tarifs et ses services à la hausse
Le Grand Lyon et Decaux ont réaménagé le contrat de Vélo’v. Hausse des tarifs et amélioration des services au programme Ca devait finir par arriver : les problèmes de vols et autres actes de vandalisme sur les vélo’v, que tout lyonnais peut constater aux stations, entraînent une augmentation des tarifs à partir du 2 mai 2009. La mesure, avec d’autres, est inscrite à l’avenant du contrat signé entre le Grand Lyon et JCDecaux, et votée le 12 janvier dernier.
Un principe de base est conservé : la gratuité pour la première demi-heure d’utilisation de Velo’v. Or, ce délai étant adopté par 93 % des clients, la modification tarifaire concerne une frange très réduite d’utilisateurs. Au-delà de la demi-heure gratuite, pour la carte courte durée, le tarif passe de 1 euro l’heure à 1 euro la demi-heure puis à 2 euros par demi-heure supplémentaire (contre 2 euros l’heure auparavant). Pour la carte annuelle, le tarif passe de 0,50 euro l’heure à 0,75 euro la demi-heure, et de 1 euro l’heure supplémentaire à 1,50 euro la demi-heure supplémentaire. De même, les cartes « partenaires » (Técély pour les TCL, OùRA pour le TER, Autolib et Lyon Parc Auto) sont alignées sur les tarifs de la carte longue durée.
Les tarifs sont également revus à la hausse pour les abonnements hebdomadaires (qui passent de 1 à 3 euros) et annuels (de 5 à 15 euros). Une nouveauté : un tarif à la journée est créé au prix de 1 euro. Au total et selon les cas, Velo’V affichera donc des hausses maximales de 200 et 300 %. Marginale sur les tarifs horaires, l’augmentation devrait avoir un réel impact sur les ressources fournies par les quelque 65 000 abonnements. Pour autant, le Grand Lyon estime que « l’objectif n’est pas prioritairement d’accroître les recettes de la Communauté urbaine (440 000 euros), mais d’inciter à un meilleur retour des vélos en station pour une disponibilité améliorée pour les usagers ».
Ce qui est sans doute vrai avec les hausses de prix pour faciliter la rotation des vélos paraît plus difficile à défendre pour les abonnements. Car l’évolution tarifaire ne pourra avoir qu’un impact positif sur les comptes de JCDecaux et compenser en partie le déficit du gestionnaire (environ trois millions d’euros par an) dont le coût unitaire du vélo s’est envolé, de 1 200 euros prévus initialement, hors frais de R&D, à 3 200 euros. Avec la montée en puissance des vols et du vandalisme depuis un an, la nécessité de revoir les tarifs s’est progressivement imposée. Le groupe PS du Grand Lyon estime qu’une hausse « de 300 % de pas grand chose, ça fait au final un prix très raisonnable ». Le groupe des Verts a également défendu la hausse des tarifs: « Vélo’V est une innovation, il n’est pas choquant de revoir les tarifs après trois ans de fonctionnement alors que l’on constate une faiblesse des moyens pour l’entretien des vélos ».
Gilles Vesco, vice-président chargé des nouvelles mobilités urbaines, a enfoncé le clou : « les augmentations ne serviront pas à combler les pertes de JCDecaux, nous créons une dynamique pour que Decaux se refinance à terme et qu’il améliore son service qui lui permettra de rentrer dans ses frais. » De fait, l’autre volet de l’avenant porte sur plusieurs mesures destinées à améliorer le service rendu aux abonnés de Velo’v. Ainsi, JCDecaux va créer un système de réabonnement et rechargement de compte sur internet ainsi qu’un site wap d’information en temps réel sur le téléphone portable, notamment pour la localisation des stations et la consultation de l’état de remplissage des stations.
L’effectif prévu pour la maintenance et l’exploitation du dispositif est sensiblement augmenté puisqu’il passera de 26 à 40 personnes. Le fonctionnement du call center sera aussi revu avec un nouvel engagement qualité du service, notamment grâce à un système de bonus/malus trimestriel sur le taux de réponse. Enfin, l’avenant institue une refonte incitative du bonus/malus sur la qualité d’exploitation du service. L’objectif est de garantir par JCDecaux un taux de 69 % à 72 % de vélos disponibles et utilisables en station. En dessous, il sera appliqué un malus de 15 000 euros (pour 66-69 %) et de 25 000 euros pour moins de 66 %. Au-dessus, le bonus est de 25 000 euros pour un taux de disponibilité de 72-75 % et progresse de 15 000 euros tous les 3 % pour atteindre 85 000 euros (taux supérieur à 84 %). Dans tous les cas, le Grand Lyon souhaite garantir 3 700 vélos sur le terrain (sur un parc de 4 000) en réponse aux dégradations. « Vélo’V est victime du vandalisme, c’est un problème extrêmement sérieux » observe le président du Grand Lyon, Gérard Collomb, en soulignant que « Jean-Claude Decaux consent à des sacrifices très importants sur le contrat de Lyon ».
Claude FERRERO
Nantes franchit un pas dans l’exploitation de son réseau
Les transports publics du nord de la ville sont transformés, l’économie de l’ensemble du réseau est transfigurée Six-cents mètres qui changent beaucoup de choses. Nantes vient d’allonger sa 3e ligne de tramway. Apparaissent une station, un parking-relais. Le tram accède à un dépôt de bus qui devient mixte bus/tram. Les transports publics du nord de la ville en sont transformés, l’économie de l’ensemble du réseau est transfigurée.
La Semitan (société d’économie mixte des transports de l’agglomération nantaise) améliore d’abord sa desserte du Sillon de Bretagne, quartier riche en logements HLM et en administrations. Le parking-relais de 220 places compte singulièrement dans la réorganisation. Au nombre de 38 à Nantes (5 700 places), ces équipements fonctionnent bien, ils sont remplis à 80 %. Le dernier-né est destiné au nord-ouest de l’agglomération, Saint-Herblain et au-delà vers Saint-Nazaire. Grâce à lui, la ligne 3 de tramway, 72 000 voyageurs par jour, devrait gagner bon nombre de fidèles. Plusieurs lignes d’autobus s’arrêtaient déjà à ce futur terminus avant qu’il n’existe. Autre intermodalité, un abri-vélo : 35 places couvertes dont les deux tiers sécurisés. Une première à Nantes. Jusqu’ici, c’est seulement dans le centre-ville et à l’université que des systèmes plus élaborés que des appuis-vélos avaient été mis en place. En particulier, la location en libre-service.
Hormis ces nouveaux services au public, c’est dans l’exploitation de son réseau de transports que Nantes franchit un pas. La Semitan parachève la gestion de ses rames de tramway ligne par ligne. Chacune possède maintenant son centre d’entretien courant et de remisage, en général en bout de ligne. Les 22 rames de la ligne 3 ne se rendront plus qu’au nouveau dépôt. « Une réorganisation stratégique », indique Jean-François Hélas, directeur des infrastructures et du développement à la Semitan. Elle anticipe, par les espaces ainsi créés au bout des lignes, en complément du garage historique au siège de la Semitan, en centre-ville, sur l’augmentation prévue du parc à venir. 35 rames s’ajouteront dans les prochaines années aux 79 existantes. Des milliers de kilomètres par an en déplacements inutiles de rames à vide de leur lieu d’exploitation vers les ateliers sont évités. Les conducteurs aussi (1 000 au total) se déplacent moins. Ils sont affectés à trois dépôts fixes. En périphérie, plus facile d’accès que le centre. Il y a là quelques cohérences.
Hubert HEULOT
Tramway d’Orléans : les travaux sont lancés !
Après huit ans d’études, la seconde ligne de tram d’Orléans va enfin entrer en travaux Les premiers chantiers de fouilles archéologiques ont en effet débuté le 9 février à l’ouest du tracé tandis que les dévoiements de réseaux sont programmés pour le 23 février à l’ouest et en centre-ville. Mais cette mise en chantier sera progressive. La communauté d’agglomération veut en effet éviter de tomber dans les erreurs de la première ligne quand toute la ville avait été impactée par les chantiers. « Les travaux ne débuteront pas partout en même temps afin d’éviter une quasi-immobilisation de l’agglomération » souligne-t-on à la direction du projet. Mais il est d’autant plus difficile d’engager des travaux sur tout le tracé que celui-ci n’est toujours pas définitif dans la partie est, où l’itinéraire initial a été modifié. Une enquête publique partielle doit être organisée dans les prochains mois pour arrêter le tracé définitif. De même, le programme d’aménagements urbains n’est pas totalement arrêté dans le centre. La ville d’Orléans veut profiter du tram pour recalibrer la rue des Carmes ce qui obligera à démolir une quinzaine de maisons tout en impactant le tram notamment dans la définition d’un site propre intégral ou non. Par ailleurs, chiffré à 315 millions d’euros le projet n’est pas encore totalement financé. L’agglomération espère une subvention de 47 millions dans le cadre du Grenelle. Mais elle a d’ores et déjà prévu d’augmenter ses impôts pour financer la ligne qui doit être opérationnelle au plus tôt mi-2012.