Étiquette : Entreprise ferroviaire

  • Grande Bretagne : Go-Ahead et Keolis remportent un contrat record à 1,36 milliard d’euros par an

    Grande Bretagne : Go-Ahead et Keolis remportent un contrat record à 1,36 milliard d’euros par an

    Keolis a annoncé que Govia, le partenariat qu’il forme avec l’entreprise britannique Go-Ahead, avait remporté l’exploitation de la franchise Thameslink Southern and Great Northern (TSGN) pour sept ans… Le contrat « le plus important jamais signé au Royaume-Uni », avec un chiffre d’affaires annuel de 1,1 milliard de livres sterling (1,36 milliard d’euros). TSGN porte sur la desserte entre Londres, son bassin sud (Brighton, Portsmouth) et le nord (Cambridge), ainsi que les aéroports de Gatwick et Luton et la gare de Saint Pancras. Cette franchise regroupera les actuels réseaux First Capital Connect (First Group), Southern et une partie de Southeastern (actuellement exploitées par Govia), totalisant 22 % des trajets ferroviaires effectués en Grande-Bretagne, soit actuellement 273 millions de voyages annuels.

  • Trains plus larges : ça ne passe pas

    Trains plus larges : ça ne passe pas

    Un appel à la démission de Guillaume Pepy et Jacques Rapoport qui s’entendait entre les mots dans les propos de Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti Socialiste… Un rappel au bon sens de Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, ironisant sur la nécessité  pour « les constructeurs et la SNCF de vérifier bien que les quais soient au moins au bon niveau » et demandant que « les responsables paient ». La commission d’enquête exigée par Frédéric Cuvillier, son  secrétaire d’Etat aux transports, voulant toute la lumière sur l’affaire. Le « Je suis en colère » de Jean-Jack Queyranne, le président de Rhône-Alpes, emboîtant le pas avec d’autres patrons d’exécutifs régionaux au président de l’ARF, Alain Rousset, qui n’entendait pas les voir pris « pour des pigeons », volatiles dans l’air du temps. Sans parler des organisation syndicales, CGT, SUD-Rail et UNSA qui l’avaient bien dit que ça devait arriver. Et une furieuse activité sur Twitter et les réseaux sociaux des uns ou des autres.  Même si Valérie Pécresse, chef de file de l’opposition UMP, n’a pu résister au plaisir d’une déclaration, la droite n’a quasiment rien eu à faire. C’est à gauche que le pavé sur les voies lancé par Le Canard Enchaîné dans son  édition de mercredi 21 mai à fait politiquement le plus de bruit en tombant. Une utilisation non dénuée pour certains de quelques arrière-pensées.

        A la veille de l’ouverture, le 16  juin prochain, de la discussion par les députés du projet de Réforme du système ferroviaire, nul doute en effet que l’affaire qu’il qualifie de « rocambolesque » des quais trop étroits ou des trains trop larges ne vienne à point nommé pour Frédéric Cuvillier faire la démonstration  de l’urgence de sa réforme remariant RFF et SNCF. Et contrer un certain nombre d’acteurs du secteur qui émettent des doutes sur la nécessité d’une telle réunification. Lesquels ne se privent pas en privé de commenter que le problème n’est pas là puisque, en l’état actuel des choses, c’est bien la SNCF qui, en tant que gestionnaire délégué des infrastructures appartenant à RFF, est chargée de planifier et de réaliser les travaux nécessaires sur les quais en temps et saison. Que c’est elle encore qui procède en tant que transporteur aux appels d’offre et que c’est bel et bien son ingénierie maison qui définit les cahiers des charges pour les constructeurs de matériels.

     Quant à Ségolène  Royal, qui a enfoncé le clou en dénonçant ceux qui avaient pris « des décisions aussi stupides », l’ex-présidente de la région Poitou-Charentes, on s’en souvient peut-être, fut la première, bien avant que huit régions ne s’associent pour commander ensemble directement leurs trains, à  émettre le vœu de pouvoir se passer de la SNCF pour la commande de ses TER.

    Ch B

  • « Si le gouvernement change les règles du jeu en cours de route, il faut qu’il le dise et qu’on en discute ! »

    « Si le gouvernement change les règles du jeu en cours de route, il faut qu’il le dise et qu’on en discute ! »

    Laurent Cavrois, qui était jusqu’alors directeur général adjoint de Lisea, a succédé en début d’année à Hervé Tricot au poste de président. Lisea a été retenu comme concessionnaire de la ligne nouvelle à grande vitesse SEA (Sud Europe Atlantique) Tours – Bordeaux, actuellement en construction, qui doit entrer en service en 2017. Lisea réunit Vinci, CDC Infrastructures et des fonds d’investissement.  

    Ville, Rail & Transports. Où en est le chantier ?

    Laurent Cavrois. Il a beaucoup plu ! De ce point de vue-là, 2013 n’a pas été facile, mais on prévoit toujours une mise en service en juillet 2017. Donc nous n’avons pas connu de difficultés particulières sur le terrain.

    Nous terminerons le génie civil en grande masse à la fin de cette année. En février, 84 % du terrassement total était achevé. 300 ouvrages d’art sont déjà réalisés sur 500. Sur les sept viaducs à voussoirs préfabriqués, nous en avons fini trois. Au début de l’été, nous commencerons à installer les équipements ferroviaires à partir de deux fronts, au nord d’Angoulême et au sud de Tours.

    Toutes les réalisations que nous avons menées, nous les avons conduites en partenariat avec toutes les parties prenantes, en particulier avec les élus et les associations de protection de l’environnement. Avec ces dernières, les relations sont formalisées dans le cadre d’un protocole. C’est important car la loi devient de plus en plus exigeante pour tout ce qui touche à l’environnement et prévoit des compensations en cas d’impact.

     

    VR&T. Comment se caractérise cette concession ?

    L. C. L’ensemble du projet, comme pour toute concession ou partenariat public-privé, est piloté par une société de projet, ici c’est la société concessionnaire Lisea. La société a été créée lors de la signature du contrat de concession. Elle lève des capitaux pour payer les constructeurs. Le plan de financement de 7,8 milliards d’euros prévoit 3 milliards de concours publics venant pour moitié de l’Etat et pour l’autre moitié des collectivités (plus d’une cinquantaine de collectivités ont participé). S’y ajoute un milliard de financement de RFF qui s’attend à retirer un bénéfice de la ligne qui devrait générer un accroissement du trafic sur cet axe. Enfin, 3,8 milliards d’euros viennent du privé, dont 800 millions de fonds propres.

    Ce financement a été lancé en pleine crise financière… c’est aussi le seul projet ferroviaire qui a bénéficié du plan de relance gouvernementale de Fillon dans le cadre des grands travaux lancés par Nicolas Sarkozy.

     

    VR&T. Peut-on déjà en tirer des enseignements ?

    L. C. C’est trop tôt. Mais ce que l’on peut dire, c’est que ce modèle a une vertu : il oblige à déterminer très clairement qui supporte les risques. A mon avis, c’est quelque chose que le public ne sait pas bien faire. De plus, nous devons avancer vite pour tenir les délais. Compte tenu des risques, les pressions sont très fortes.

    L’avantage d’un PPP, c’est qu’il donne tous les leviers aux sociétés concessionnaires dans tous les domaines. Lisea qui bénéficie d’une concession de 50 ans a délégué à un groupement (Cosea) la conception et la réalisation et à un autre groupement (Mesea), l’exploitation et la maintenance.

    La société de tête s’endette auprès d’investisseurs privés et de banquiers et sous-traite les deux grands risques que sont la construction et l’exploitation. Certaines concomitances dans les tâches permettent de gagner du temps.

    Sur le chantier lui-même par exemple, il n’y a pas vraiment de différence avec un chantier qui serait mené par la SNCF, que ce soit dans le management, le financement ou les risques à supporter. Mais s’agissant des ouvrages d’art, notamment des principaux viaducs à voussoir, nous avons construit une usine près de Poitiers pour les réaliser, ce qui nous permet d’industrialiser certains process. Nous ne nous lançons pas dans de grands ouvrages d’art distincts les uns des autres, ils seront selon un seul modèle, ce qui est moins coûteux et permet d’avoir une signature de la ligne : il y a un seul architecte, Thomas Lavigne, et un seul paysagiste, Bernard Lassus.

     

    VR&T. Avez-vous mis au point des innovations techniques pour faire avancer plus efficacement le chantier ?

    L. C. On nous demande de démontrer que tout ce qu’on met en œuvre est aussi performant que ce qui a été réalisé sur la LGV Est phase 1. C’est la référence. Parmi nos réalisations, Cosea a reçu le prix du meilleur déploiement de système d’information globale. Ce dispositif de diffusion transversale des informations nous permet d’informer tout le monde en même temps et d’accélérer nos process.

    Pour la maintenance, nous réfléchissons à des innovations pour en améliorer les cycles. Nous avons d’ores et déjà une orientation politique forte qui consiste à privilégier les interventions en camion et non pas en draisine. Ce choix donne plus de souplesse et permet de limiter au maximum l’immobilisation des voies et donc de ne pas être trop gourmand en termes de sillons ferroviaires.

     

    VR&T. Quelles ont été les conséquences de la crise économique sur votre modèle économique. La crise a-t-elle en particulier remis en cause vos prévisions de trafic ?

    L. C. Quand nous avons répondu fin 2009 à l’appel d’offres de RFF, nous savions que nous allions dans une crise, que nous entrions dans une phase sombre. La crise a effectivement pesé sur les besoins de déplacements. Et elle continuera de peser. La bonne nouvelle, c’est que nous observons une résilience de la demande des déplacements. Nous l’avons constaté en 2013 sur les déplacements en avion, en train ou en voiture sur l’axe du Grand Sud-Ouest : la demande est en hausse même si c’est en dessous de ce qu’on pensait. Quand on perd un point de croissance, on perd un peu moins de 1 point en termes de déplacements.

    Dans nos études et nos prévisions, nous étions encore plus prudents que ce qui s’est finalement passé sur la période allant de 2009 à 2011. Ensuite, nos prévisions tablaient sur des chiffres plus optimistes que ce qui s’est produit.

    Ce que l’on observe surtout, c’est que c’est l’aérien low cost qui progresse ces dernières années. Mais nous sommes confiants. Quand nous proposerons un trajet en train en 2 heures entre Tours et Bordeaux, nous reprendrons des parts de marché.

    On entend souvent une critique : les concessionnaires auraient tendance à gonfler les prévisions. Je vous rappelle que ce n’est pas dans notre intérêt : nous sommes obligés de garantir la rentabilité ! RFF vous le dira, nos prévisions de trafic étaient en ligne avec leurs propres prévisions.

     

    VR&T. Les décisions gouvernementales de mettre un frein aux grandes réalisations d’infrastructures de transport et le fait que le prolongement vers l’Espagne ait peu de chances de voir le jour, du moins avant un certain temps, ne risquent-ils pas aussi de mettre à mal votre modèle économique ?

    L. C. Cela ne changera rien. RFF dans sa grande sagesse a déjà prévu et nous a expliqué que, si un jour le prolongement vers Toulouse ou l’Espagne se fait, tout le surplus de trafic lui bénéficierait ! Après avoir soustrait bien sûr les surcoûts dus à la maintenance par exemple.

     

    VR&T. La SNCF a fait savoir par le passé qu’elle estimait que le niveau de péage prévu est trop élevé. Que répondez-vous ?

    L. C. Sur le plan commercial, nous sommes très peu en discussion avec la SNCF. C’est l’Etat qui a décidé de lancer des lignes en PPP. Avec une équation claire : le prix de la ligne est fixé dans le contrat de la concession et le prix du péage aussi. L’hypothèse de départ est que sur Paris – Tours et sur Tours – Bordeaux, le niveau de péage doit être homogène sur l’ensemble de l’axe. Notre péage en 2017 est déjà déterminé : il sera de 15 à 21 euros le kilomètre.

    En juin 2015, Lisea publiera le document de référence de la ligne qui viendra s’intégrer au document de référence du réseau (DDR). RFF sera chargé d’organiser les débats avec les entreprises ferroviaires. En septembre, RFF présentera son projet et les entreprises pourront faire leurs remarques. L’Araf aussi donnera son avis. A partir de cet avis, le gestionnaire d’infrastructure devra éventuellement revoir sa copie pour un nouveau document en mars.

     

    VR&T. Comment comptez-vous développer le trafic ? Peut-on envisager par exemple des TER GV ?

    L. C. Nous commercialiserons les sillons aux entreprises ferroviaires. Nous avons donc intérêt à avoir des clients, la SNCF mais aussi d’autres entreprises en Europe. Les Italiens, les Allemands, les Anglais s’intéressent au marché français. Quant aux Espagnols pour le moment, nous n’avons pas vraiment discuté avec eux.

    Actuellement 12 trains par heure (parfois même 13 trains) circulent sur la ligne Paris – Tours. La ligne est déjà saturée. Nous avons au maximum sept trains par heure sur le tronçon Tours – Bordeaux. D’après les prévisions publiques, il y aurait une quinzaine de millions de passagers annuels à l’horizon 2015 et un peu plus de 18 millions au moment de la mise en service. Ce qui représente une hausse de 20 % du trafic passagers sur Paris – Bordeaux.

    Nous, nous avons intérêt à ce qu’il y ait un maximum de trains. La concurrence a priori est pour 2019. Nous y comptons.

    En revanche, je ne suis pas sûr qu’il y ait des TER GV. Poitou-Charentes est moins densément peuplé que le Nord-Pas-de-Calais ou Rhône-Alpes, il y a donc moins de pertinence pour ce type de trafic. En revanche, il y en a pour la messagerie car c’est un axe intéressant de ce point de vue-là.

     

    VR&T. Etes-vous potentiellement concernés par la réforme ferroviaire ?

    L. C. Nous avons besoin d’un secteur ferroviaire en forme, qui ne traîne pas des milliards d’euros de dettes. Notre intérêt et celui du ferroviaire sont liés. Nous voyons d’un bon œil le rapprochement de RFF avec SNCF Infra. Mais nous avons tout de même une inquiétude car la réforme qui rapproche la SNCF et RFF pourrait prêter à un mélange des genres : que notre concédant soit en même temps notre client. Il faut que les règles du jeu soient claires et que notre concédant soit un gestionnaire d’infrastructures bien distinct du transporteur SNCF. Si le gouvernement change les règles du jeu en cours de route, il faut qu’il le dise et qu’on en discute !

    Propos recueillis par François Dumont 

    et Marie-Hélène Poingt

  • Suisse : les CFF commandent 29 automotrices à Stadler

    Suisse : les CFF commandent 29 automotrices à Stadler

    Les chemins de fer suisses (CFF) ont choisi Stadler Rail pour fournir 29 nouvelles rames automotrices, une commande d'un montant de près de 1 milliard de francs suisses (800 millions d'euros), avec une option de 92 rames supplémentaires. Longues de 400 mètres en double traction, elles ont une capacité de 800 places assises, et une vitesse maximale de 249 km/heure.

    Trois entreprises avaient répondu à l'appel d'offres des CFF lancé en avril 2012 : le suisse Stadler Rail, le français Alstom et l'espagnol Talgo. Pour les CFF, « Stadler Rail a obtenu la meilleure évaluation en matière de rentabilité totale et de réponse aux attentes de la clientèle, ce qui lui a permis d'emporter le marché ».

    Les CFF ont passé cette commande dans la perspective de l'augmentation du trafic, après la mise en service des tunnels de base du Saint-Gothard et du Ceneri, le principal axe nord-sud de la Suisse. Actuellement, 9 000 voyageurs ferroviaires transitent chaque jour par le Saint-Gothard par le train. En raison de la densification du trafic, et de l'accroissement de la vitesse des trains, ce nombre devrait plus que doubler d'ici à 2015

    Les trains devraient être mis en service à partir de la fin 2019, pour remplacer les trains à caisses inclinables de type ICN et ETR 610 au Saint-Gothard.

  • RATP : plus de 300 voitures du RER A recyclées par Veolia Environnement

    RATP : plus de 300 voitures du RER A recyclées par Veolia Environnement

    La RATP a choisi Veolia Environnement pour démanteler et recycler 317 voitures voyageurs du RER A, a annoncé, le 14 mai, la multinationale spécialisée dans les services (eau, propreté, énergie) qui démantèle déjà de centrales nucléaires, de bateaux militaires et de plateformes pétrolières…. …Pour les RER, les opérations assurées par Bartin Recycling Groupe, filiale de Veolia, permettront de recycler et de valoriser 97% des matériaux des voitures voyageurs mesurant chacune 25 mètres de long et pesant plus de 30 tonnes.

    « Il s'agit d'une première en France pour une opération de cette envergure », assure Veolia Environnement au sujet de ce contrat d'une durée d'environ 4 ans, qui doit normalement en amener d'autres dans ce créneau.

    Les détails financiers du contrat n'ont pas été révélés par le numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets.

    « Pour parvenir à ce taux très élevé de valorisation, Veolia a mis en oeuvre un savoir-faire qui permet de gérer le transfert des rames MS61, leur désamiantage et leur déconstruction, de valoriser les matériaux qui composent les voitures et de traiter les éléments non valorisables ».

    Un site dédié a été implanté à Torvilliers, dans l'Aube, qui traitera neuf rames par mois.

    Il comprend « une salle blanche sous dépression qui permet de traiter, sous confinement total et avec les plus hauts standards de sécurité, les matériaux polluants comme l'amiante et éviter toute dispersion de particules ».

    Tous les jeudis, un convoi exceptionnel ralliera cette installation depuis Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne, avec trois wagons à démanteler.

  • Alstom Transport : la RATP, la SNCF et RFF penchent pour Siemens

    Alstom Transport : la RATP, la SNCF et RFF penchent pour Siemens

    Ils se sont invités dans le débat. Les présidents de la RATP, de la SNCF et de RFF, qui représentent ensemble plus de 30% du CA d’Alstom Transport, ont « tenu à rencontrer », le mardi 6 mai au matin, le ministre de l’Economie, du redressement productif et du numérique. Le message qu’ont porté les trois patrons des entreprises publiques n’a pas dû déplaire à Arnaud Montebourg. Pierre Mongin, Guillaume Pepy et Jacques Rappoport ont, selon un communiqué commun, « souligné la nécessité de la taille critique » de la branche transports d’Alstom. Et, pour eux, « dans ce cadre  une approche européenne mérite toute l’attention des pouvoirs publics et du groupe Alstom ». Les termes sont choisis, mais entre l’américain GE et l’allemand Siemens, les grands donneurs d’ordre publics préfèrent manifestement le second.

    Ils prennent cette position en tant qu’opérateurs souhaitant disposer d’un partenaire industriel stable. De l’autre côté du Rhin, Rüdiger Grube, le patron de la DB s’est lui, de façon plus classique, montré réticent à la perspective d’un rapprochement ferroviaire Alstom-Siemens  qui réduirait le nombre de fournisseurs. Mais les trois présidents d’entreprises publiques françaises, qui veulent  aussi agir en  fonction de l’intérêt national, entendent que leurs commandes soutiennent un champion national et européen fort à l’exportation. Ils s’intéressent donc à Alstom Transport en tant que « partenaire sur les projets d’innovation et d’exportation. » 
    Mais le PDG d’Alstom, Patrick Kron, en présentant les résultats du groupe (CA stable à 20,3 milliards, et bénéfice en baisse de 28% à 556 millions)  a rappelé le 7 mai qu’il n’y a aujourd’hui qu’une seule offre, celle de GE, Siemens n’ayant pour l’instant présenté qu’une lettre d’intention. Alstom a ouvert sa « data room » à Siemens pour que l’Allemand puisse présenter une offre véritable. Selon lui, alors que la question stratégique se pose sur la branche énergie, le transport, dont le carnet de commandes est rempli pour 4 ans, est une « entreprise performante » . La question de la « taille critique » ne se pose pas face à des concurrents qui sont pour la plupart des « pure players » dans le transport dont le CA est le plus souvent inférieur à celui d’Alstom dans le transport, soit 5,5 milliards d’euros (voir aussi dans notre lettre confidentielle du 5 mai notre entretien avec Henri-Poupart Lafarge, président d’Alstom Transport).

    Dans la perspective d’une cession de l’énergie à GE, Patrick Kron se dit intéressé pour consolider Alstom Transport par l’activité signalisation de GE. Ce n’est pas une surprise : depuis plus de dix ans Alstom « aimerait se développer dans les activités de signalisation ». Le PDG d’Alstom manifeste beaucoup moins d’intérêt pour les locomotives de fret, autre fleuron américain de GE, avec lequel il a du mal à distinguer « la synergie. »

    S’« il y a des discussions sur la signalisation de GE », en revanche, « je  ne pense pas avoir entendu Siemens nous proposer d’acheter sa signalisation » dit Patrick Kron. Ce  qui pèserait très lourd, l’Allemand étant, depuis la reprise d’Invensys Rail, conclue en novembre 2012, devenu le leader mondial dans ce domaine prometteur et convoité.

    Interrogé sur son avenir personnel si l’opération avec GE se conclut Patrick Kron a indiqué : « je ne pense pas que je serai durablement nécessaire pour l’avenir d’Alstom Transport ». On imagine que si Siemens au bout du compte l’emporte, c’est au moins un aspect de la question qui aura la même conclusion.

    FD

  • Le fabricant de roues et d’essieux Valdunes repris d’ici fin mai

    Le fabricant de roues et d’essieux Valdunes repris d’ici fin mai

    Placée en redressement judiciaire, la société Valdunes, spécialisée dans la fourniture et la maintenance d’axes, de roues et d’essieux, pour le matériel ferroviaire et urbain, devrait faire l’objet d’une reprise d’ici fin mai. Le 31 mars, le tribunal de commerce de Valenciennes a converti la sauvegarde en redressement judiciaire, à la demande de la direction de Valdunes.

    Cette procédure va permettre à Valdunes, qui dispose de la trésorerie nécessaire pour poursuivre son activité, de présenter un plan de cession de ses activités d’ici fin mai.

    Six industriels se sont déjà déclarés intéressés par une reprise des activités, la date limite de remise des offres ayant été fixée au 22 avril.

    Cette reprise permettra notamment de réaliser les investissements nécessaires à la pérennisation des activités de la société et de ses sites.

    Au cours de la procédure, les activités de Valdunes se poursuivront dans les conditions habituelles.

     

    Valdunes, qui emploie 487 personnes, opère sur deux sites industriels : Dunkerque avec la seule forge française spécialisée en roues ferroviaires, et Valenciennes pour l’usinage et la finition des produits

  • La Deutsche Bahn affectée par la météo et le contexte économique en 2013

    La Deutsche Bahn affectée par la météo et le contexte économique en 2013

    La compagnie ferroviaire publique allemande Deutsche Bahn a fait état le 27 mars de performances financières dégradées pour l'année 2013, en raison entre autres des dégâts causés par plusieurs événements climatiques et ce en dépit d'un nouveau record de passagers. Le patron de Deutsche Bahn, Rüdiger Grube, estime que le bilan 2013 diffère des exercices précédents, marqués par la cherté de l'essence qui avait poussé nombre de voyageurs à délaisser la voiture pour le train alors que tous les indicateurs financiers étaient à la hausse.
    L'exercice 2013 s'est soldé, lui, par un bénéfice net divisé par plus de deux, à 649 millions d'euros, contre 1,5 milliard l'année précédente. Le chiffre d'affaires est resté quasiment stable à 39,1 milliards d'euros, tandis que le résultat opérationnel Ebit ajusté a reculé de 17,4 % à 2,2 milliards d'euros.
    « La météo a été pour nous une vraie douche froide en 2013 », a souligné le patron de la Deutsche Bahn. Les violentes inondations dans une partie du pays au début de l'été et plusieurs épisodes de tempêtes ont coûté 200 millions d'euros à la compagnie. Elle évalue aussi à 110 millions d'euros le coût de la mauvaise conjoncture économique européenne et mondiale, à laquelle son activité de logistique et de fret est particulièrement sensible. Le transport de marchandises a fléchi de 1,5 % à 104,3 milliards de tonnes-kilomètre.
    En revanche, au chapitre des bonnes nouvelles, la DB a attiré un nombre record de passagers : 2,02 milliards de personnes (+42 millions de voyageurs par rapport à 2012).
    La compagnie ferroviaire estime profiter de nouvelles tendances générales sur la mobilité des personnes, qui montrent des ventes de voitures laborieuses et une désaffection pour les vols domestiques. Cette année, Deutsche Bahn espère renouer avec une hausse de son chiffre d'affaires, à environ 41 milliards d'euros, aidée entre autres par une amélioration de la conjoncture économique.

  • Entretien avec Libor Lochman, directeur exécutif de la CER : « Investir massivement dans les réseaux »

    Entretien avec Libor Lochman, directeur exécutif de la CER : « Investir massivement dans les réseaux »

    Le tchèque Libor Lochman a pris le 1er janvier ses fonctions de directeur exécutif de la CER, le lobby des entreprises ferroviaires et d’une partie des gestionnaires d’infrastructure auprès des institutions européennes. Ville, Rail & Transports : Quelles seront les priorités de votre mandat ?
    Libor Lochman : En premier lieu, avoir à terme un éventail législatif unique assurant que les règles du jeu sont les mêmes pour tous les modes de transports, en termes d’investissement, de redevance d’accès aux infrastructures ou de droit des voyageurs. Le deuxième point central, c’est l’investissement dans un vrai réseau européen transfrontalier. Or, pour le moment, les gouvernements ne veulent pas être contraints par l’Europe à investir sur certains secteurs ou sur certaines infrastructures précises.

    Ville, Rail & Transports : Qu’attendez-vous de la révision en cours de la législation ferroviaire ?
    L. L. : Un premier tour de négociations informelles entre le Parlement européen et le Conseil devrait être bouclé en mars. Quatre grands thèmes sont en discussion : l’accès aux services, les redevances d’infrastructure, l’architecture financière et les organes de contrôle. En matière de services, nous souhaitons un modèle flexible et équitable pour tous. Ceci peut être atteint par des moyens moins extrêmes que ce qu’a proposé la Commission européenne, avec une séparation fonctionnelle totale des activités de services (billetterie, entretien…). Selon nous, cette séparation menacerait le modèle économique de tout le système, en créant des entités trop petites pour être viables économiquement. Sur la question de redevance d’accès à l’infrastructure, l’un des points concerne les modulations couvrant des facteurs extérieurs comme le bruit. Nous pourrions accepter une telle différenciation, mais à condition que le même principe soit appliqué au secteur routier. Financièrement, nous souhaiterions que les Etats membres soient tenus de conclure un contrat pluriannuel avec les gestionnaires d’infrastructure, afin de leur garantir le niveau de revenu nécessaire pour assurer la maintenance de l’infrastructure.

    Ville, Rail & Transports : Avez-vous des « alliés » parmi les gouvernements ?
    L. L. : Nous avons un ami qui ne fait pas partie de l’UE… c’est la Suisse. Nous avons également des alliés chez les Scandinaves, parce qu’ils sont convaincus que sans investissement dans l’infrastructure, il n’y aura pas d’avenir pour le transport de marchandises. C’est au centre de l’Europe que l’investissement manque et pas seulement en France et en Allemagne.

    Ville, Rail & Transports : Pourquoi l’interopérabilité du matériel ne progresse-t-elle pas ?
    L. L. : C’est une question financière bien sûr… Nous avons un tableau assez complet des éléments à normaliser. Le problème est qu’on ne peut pas atteindre une interopérabilité « dans la vraie vie » si l’on n’investit pas radicalement dans la mise à jour, le « retrofiting », des lignes existantes, pour que le matériel utilisant les spécifications européennes puisse circuler.

    Ville, Rail & Transports : Le « quatrième paquet ferroviaire », attendu pour fin 2012, vous inquiète ?
    L. L. : Parmi les différents éléments du paquet, la Commission préconise une séparation structurelle radicale entre gestionnaires d’infrastructure et opérateurs. Nous souhaitons là aussi plus de flexibilité et de subsidiarité. Deuxième point : nous sommes favorables à l’ouverture à la concurrence du trafic régional de voyageurs, mais pas sans prendre en compte certaines réalités économiques du marché. Il faut des règles du jeu équitables et donc une stabilisation financière des compagnies ferroviaires avant de les exposer à la concurrence. Nous souhaitons que les Etats membres puissent déterminer eux-mêmes dans quelles conditions et selon quelles modalités le marché est ouvert.

    Ville, Rail & Transports : Dans une telle perspective, si la France ne veut pas ouvrir son marché, ça ne se fera pas ?
    L. L. : Elle pourrait être contrainte d’ouvrir, mais à certaines conditions et sous le contrôle du régulateur ferroviaire. Un cabinet d’experts mandaté par la Commission doit présenter en mai ou juin une étude sur l’impact des différentes options législatives pour l’ouverture du trafic ferroviaire de voyageurs… Nous attendons les résultats.
        

    Propos recueillis par Nathalie Steiwer

  • La RDT 13 obtient le statut d’opérateur de proximité

    La RDT 13 obtient le statut d’opérateur de proximité

    Après la licence ferroviaire, obtenue en février 2011, la Régie départementale des transports des Bouches-du-Rhône (RDT13) vient de décrocher le certificat de sécurité lui permettant de devenir Opérateur ferroviaire de proximité (OFP). Après la licence ferroviaire, obtenue en février 2011, la Régie départementale des transports des Bouches-du-Rhône (RDT13) vient de décrocher le certificat de sécurité lui permettant de devenir Opérateur ferroviaire de proximité (OFP). Autrement dit, une entreprise ferroviaire habilitée à transporter du fret en wagons ou en trains complets sur le réseau ferré national (RFN) des Bouches-du-Rhône. Le principal objectif de la régie départementale est le marché des entreprises embranchées du Grand port maritime de Marseille.  La RDT13 est surtout connue pour son activité des transports de voyageurs par autocar. Mais le fret ferroviaire, l’entretien de voies ferrées et de matériel roulant sont aussi des activités « historiques ». Depuis 1913, le pôle de fret ferroviaire de la RDT13 gère en effet trois lignes privées qui desservent notamment un dépôt de munitions de la Marine nationale et la raffinerie Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône (près de 500 000 tonnes transportées par an). Elle assure également depuis décembre 2007, les manœuvres ferroviaires sur la plateforme multimodale Clesud de Grans-Miramas (13). Avec son nouveau statut, la régie est notamment en mesure de desservir la zone de Miramas et les bassins est et ouest du port de Marseille.
    La RDT13 qui estime qu’il y a un potentiel de développement des petites dessertes et du report modal de la route vers le fer a engagé il y a deux ans une démarche pour l’obtention du statut d’OPF. Car l’objectif, explique-t-on à la RDT 13, n’est pas de concurrencer la SNCF ni les grands groupes de transports ferroviaires mais de se positionner sur des « niches » délaissées par ceux-ci sur des circulations inférieures à 100 ou 200 km et devenir un acteur majeur du report modal des Bouches-du-Rhône. « Notre polyvalence, notre savoir-faire et nos coûts de revient font que nous pouvons aller sur des zones qui ne sont pas rentables pour les grands groupes », assure-t-on à la direction de la régie.
    Etablissement public à caractère industriel et commercial (Epic), le pôle fret ferroviaire de la RDT13 compte 56 employés (4 embauches sont prévues en 2012) et dispose d’un parc d’une quinzaine de locomotives dont plus de la moitié est agréée pour le RFN. Il compte deux dépôts, l’un à Marignane et l’autre à Arles où se trouve la direction du pôle.
        José SOTO