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Étiquette : Grand Paris

Daniel Guiraud. Entre deux chaises
Président de Paris Métropole
Président de Paris Métropole depuis le 13 décembre 2013, Daniel Guiraud, 55 ans, maire des Lilas, est considéré comme un proche de Claude Bartolone. Il est devenu vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis quand Stéphane Troussel en a été élu président, après l’élection de Claude Bartolone au perchoir. On prête à ce dernier des vues sur la future métropole de Paris. De ce fait, coup sur coup, l’élection de Daniel Guiraud et la nomination de Philippe Yvin, deux proches, « cela commence à faire beaucoup », nous confiait un responsable de l’exécutif régional. La présidence de Paris Métropole ne doit tout de même pas trop inquiéter : elle ne s’exerce qu’un an durant, selon une sage alternance gauche-droite observée depuis le début : Jean-Yves Le Bouillonnec, Jacques J.-P. Martin, Patrick Braouezec, Philippe Laurent. Et, quel qu’en soit le président, Paris Métropole, auquel ont adhéré 206 collectivités territoriales, n’est pas précisément sur la ligne de Bartolone. Le syndicat mixte d’études s’en tient au principe d’une métropole polycentrique contre le retour au département de la Seine. La divergence des deux approches a retenti sur la révocation d’Etienne Guyot. Schématiquement, le gouvernement la voulait, beaucoup de grands élus de la région s’y opposaient. Aussi, malgré la proximité de Daniel Guiraud et de Claude Bartolone, le 7 janvier, le bureau de Paris Métropole a adopté à l’unanimité une motion qui commençait ainsi : « Au moment où des informations persistantes circulent quant au départ d’Etienne Guyot, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), le Bureau de Paris Métropole tient à exprimer son étonnement et son inquiétude ».

Yves Ramette. Transfert de savoir-faire
Directeur général du gestionnaire d’infrastructure unifié en Ile-de-France Rude mission que celle qui a été confiée à Yves Ramette en mars 2013 : unifier les équipes de RFF, SNCF Infra et de la Direction de la circulation ferroviaire en Ile-de-France au sein du Gestionnaire d’Infrastructures Unifiées (GIU), soit quelque 12 000 personnes. A 64 ans (né en février 1950), Yves Ramette a fait toute sa carrière à la RATP. Entré en 1977 comme ingénieur de production mécanicien (université de Grenoble), il y a exercé plusieurs responsabilités opérationnelles et fonctionnelles jusqu’à devenir directeur général adjoint de la RATP en charge des projets, de l’ingénierie, des investissements et de la mission « Grand Paris » et membre du Comex (depuis 2004). Entre-temps, il avait aussi été chef de projet de la modernisation des systèmes d’exploitation du RER puis avait dirigé les départements matériels roulants de la régie (bus et ferré). Bref, une solide expérience de terrain et de management de projets en adéquation avec cette mission délicate. Et s’il fait peu parler de lui depuis sa nomination – « ce sont les savoir-faire de la RATP qui sont ainsi sollicités pour le futur GIU », s’était alors rengorgé Pierre Mongin – c’est sans doute pour mieux s’imprégner du projet. Il se murmure en tout cas qu’Yves Ramette aurait été « effaré » devant l’ampleur de la tâche. Le choc des cultures sans doute… Mais il en faut plus pour effrayer cet homme affable et professionnel.

Plaine Commune attend la ligne 14 de pied ferme
Pour Plaine Commune, le prolongement de la ligne 14 au nord est une urgence. La communauté d’agglo profite de la nouvelle phase de concertation engagée par la SGP pour faire entendre sa voix. Trois réunions sur douze doivent se tenir dans le territoire de Plaine Commune, dans le cadre de la concertation renforcée en cours, qui a commencé le 18 novembre et s’achève le 18 décembre. Organisée par la SGP, elle a pour garant Henri Watissée. Plaine Commune est largement concernée par cette concertation, qui porte à la fois sur le tronçon Mairie-de-Saint-Ouen – Pleyel de la ligne 14 et sur le tronçon commun aux lignes 16 et 17, de Pleyel au Bourget.
La ligne 14 doit aller « en 2017 à Mairie de Saint-Ouen, puis en 2023 à Pleyel. Les lignes 16/17 arriveront elles aussi en 2023 à Pleyel et la ligne 15 rejoindra en 2025 ce pôle majeur » rappelle Plaine Commune dans un communiqué. De plus, « grâce à l’engagement des élus de Plaine Commune, l’Etat et la Région ont décidé de placer le prolongement du tramway T8 vers le sud jusqu’à la station Rosa-Parks, à Paris, dans le Nouveau Grand Paris, garantissant ainsi son financement. La mise en service du T8 prolongé est annoncée pour 2022. »
Plaine Commune souhaite que la ligne 14 desserve Pleyel dès 2023, sans interruption du chantier. En effet, l’Etat et la Région évoquent « la possibilité que le tunnelier creuse pour ouvrir les stations Clichy-Saint-Ouen et Mairie-de-Saint-Ouen, puis s’arrête à quelques centaines de mètres de la future station Pleyel. » La communauté d’agglomération souhaite que ce tunnel soit réalisé « en une seule fois jusqu’à la grande gare de Pleyel ». Enfin, « Plaine Commune sera attentive à ce que les délais annoncés pour le prolongement de la ligne 14 ne soient pas allongés à mesure que les décisions de prolonger la ligne au sud seraient prises. » Le prolongement de la ligne 14 au nord a pour enjeu premier la désaturation de la ligne 13 du métro qui « aujourd’hui offre de mauvaises conditions de transports aux habitants de notre territoire ».
Grand Paris – Etienne Guyot : « Tout cela a été mené tambour battant »
Rendant hommage au travail fourni par son prédécesseur, Marc Véron, le nouveau patron du directoire de la SGP, Etienne Guyot, doit lancer les premières enquêtes publiques à l’automne 2012. Dans un climat aujourd’hui apaisé et marqué par la collaboration entre le Stif et la SGP. Entretien. Ville, Rail & Transports. Vous prenez la présidence du directoire de la Société du Grand Paris, après avoir dirigé le cabinet de Michel Mercier, ministre chargé du dossier après la démission de Christian Blanc en juillet 2010. Vous apparaissez de ce fait comme un conciliateur.
Etienne Guyot. Notre objectif, était de rapprocher les deux projets, Arc Express et le métro du Grand Paris qui, pour nous, n’ont jamais été contradictoires, mais complémentaires.
Le travail réalisé par la Société du Grand Paris a été un support fondamental pour préparer l’accord. Le débat public sur les deux projets s’est bien passé parce que les 70 réunions ont été très bien préparées. Ensuite, il a fallu mener une série d’investigations et d’études complémentaires, sur la base du protocole d’accord Etat-région, qui ont permis de conduire à l’acte motivé, puis au schéma d’ensemble. Je rends hommage au travail fait par la Société du Grand Paris sous l’égide de Marc Véron, travail considérable et d’une très grande qualité. La Société du Grand Paris n’existait pas il y a un an, pourtant, le calendrier exigeant fixé par la loi a été tenu.VR&T. Le schéma de transport a été approuvé par un décret publié le 26 août. Que représente cette étape ?
E. G. Pour la Société du Grand Paris, ce décret est notre feuille de route, à réaliser d’ici à 2025, et au-delà pour certaines portions. C’est la concrétisation officielle du schéma d’ensemble voté à l’unanimité des collectivités et des représentants de l’Etat qui composent le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, sous la présidence d’André Santini. Quand on regarde le calendrier depuis un an, tout cela a été mené tambour battant, l’esprit de dialogue réciproque entre l’Etat et les collectivités, au premier rang desquelles la région, a prévalu, et le projet initial a évolué grâce aux apports du débat. L’Etat, pour sa part, a fait preuve d’une grande continuité : le cap donné par le président de la République dans son discours du 29 avril 2009 a été tenu. Trois ministres en charge du Grand Paris se sont succédé : Christian Blanc, Michel Mercier, puis Maurice Leroy qui a amplifié la négociation et conclu l’accord.VR&T. Continuité ? Ce n’est pas le sentiment qu’on a eu quand on est passé de Christian Blanc à Michel Mercier…
E. G. Les principes fondateurs qui visent à améliorer la vie quotidienne et le développement du territoire sont intacts. Le projet a suivi sa route sans discontinuer avec trois ministres, chacun ayant apporté une pierre tout à fait importante à l’édifice.VR&T. Quelle est votre prochaine échéance ?
E. G. Le schéma d’ensemble nous oblige à monter en puissance afin de respecter le calendrier fixé, à savoir les premières mises en service en 2018. A l’été 2012, nous déposerons le dossier préalable aux enquêtes publiques. C’est un énorme dossier à constituer, avec des études d’impact au plan environnemental, au plan socio-économique, au plan de l’urbanisation, pour l’ensemble du projet. Ce dossier doit être soumis pour avis à l’autorité environnementale, puis transmis au préfet qui prendra les arrêtés déclenchant les premières enquêtes publiques. Le projet va donc revenir en consultation auprès de la population, comme la SGP s’y était engagée, avec une succession d’enquêtes publiques, par tronçon, à compter de l’automne 2012.VR&T. Par où commenceront les travaux ?
E. G. Je ne peux pas vous dire à ce stade exactement où seront les premiers tunneliers. Il est important que nous ayons à l’esprit trois préoccupations fondamentales : l’amélioration de la vie quotidienne des gens, le développement économique, en reliant les pôles d’excellence et le désenclavement des territoires. Parmi les priorités, il y a le prolongement de la ligne 14, colonne vertébrale du projet, sous maîtrise d’ouvrage Stif-RATP, avec participation de la SGP, jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen. Il faudra ensuite prolonger au nord de Mairie-de-Saint-Ouen jusqu’à Pleyel, sous maîtrise d’ouvrage Société du Grand Paris, tout comme au sud entre Olympiades et Orly. Par ailleurs, les études sont bien avancées sur l’ensemble des gares de la grande rocade « rouge », notamment sur sa partie sud, entre Pont-de-Sèvres et Noisy-Champs. La desserte de Saclay, projet d’intérêt national, est également une priorité (ligne « verte » Orly – Versailles via Saclay).
Conformément à ce qui a été dit, les travaux commenceront à plusieurs endroits en même temps, sans qu’il soit question de phasage.VR&T. Comment se passe la concertation avec le Stif ?
E. G. Nous sommes en train de discuter avec le Stif de l’Arc est proche, de la prolongation de la ligne 14 et d’une convention globale Stif-SGP sur l’ensemble du réseau. Nous avons des contacts de qualité. Je crois que chaque partie a conscience de sa responsabilité et de l’obligation de réussir.
Nous sommes amené à travailler ensemble sur toute une série de sujets. Par exemple sur les matériels roulants de la ligne 14 : Stif et RATP étant maîtres d’ouvrage sur une partie du prolongement de la ligne 14 jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen, et la SGP sur sa prolongation au nord et au sud, cela va nous amener à acquérir chacun des matériels roulants. Mais il faut évidemment que ces matériels, comme les systèmes qui les accompagnent, soient les mêmes et que l’on regarde les possibilités d’avoir des marchés groupés. Pour l’Arc est proche, qui viendra se « brancher » sur la ligne rouge et, une fois prolongé jusqu’à Nanterre, sur la ligne verte, il peut y avoir des questions d’interopérabilité, en matériel comme en fonctionnement. Nous avons donc besoin d’avoir un dispositif d’échange et de concertation très étroit pour avancer ensemble.VR&T. Où en est le financement ?
E. G. Je rappelle qu’il est assuré de trois manières. Première ressource, des recettes fiscales de trois types : l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (Ifer) prélevée sur le matériel roulant de la RATP, une taxe spéciale d’équipement et enfin une partie de la taxe locale sur les bureaux. Deuxième ressource annoncée, la dotation en capital de 4 milliards de l’Etat. Troisième ressource, l’emprunt porté par la SGP. La ressource fiscale est pérenne et devrait atteindre 400 millions par an. Elle est actuellement de 300 millions, du fait d’une réattribution à l’Anru d’une partie de la taxe locale sur les bureaux, jusqu’à fin 2013. La deuxième ressource interviendra à compter de 2014 et sera libérée en fonction des besoins. Et les emprunts seront levés à partir de 2016. Je n’ai pas le don de prévoir quelles seront alors les conditions économiques…VR&T. Comment préparez-vous l’implantation des gares ?
E. G. Nous avons un partenariat très étroit avec les communes et les intercommunalités, c’est essentiel. Les études sur les 57 gares dont la Société du Grand Paris a la maîtrise d’ouvrage ont toutes été engagées. C’est considérable ! Certains ouvrages seront plus complexes que d’autres à réaliser. La future gare de La Défense sera complexe, celle de Saint-Denis-Pleyel aussi, du fait de l’interconnexion des lignes rouge et bleue (ligne 14 prolongée) et de l’éventualité d’implantation d’une gare TGV.
Une quarantaine de « comités de pilotage gares » ont été mis en place et les autres le seront prochainement. Ces comités associent étroitement les élus des collectivités et les partenaires concernés : le Stif et les services de l’Etat. Leur premier objectif est justement de caler définitivement l’implantation des gares dans leur environnement urbain, ce qui est fondamental pour le maire d’une commune.
VR&T. Où en sont les contrats de développement territorial ?
E. G. Ils sont pilotés par le préfet de région avec l’assistance de la Société du Grand Paris. Ils ont été initiés au regard des dix territoires d’excellence de la région capitale identifiés à l’origine du projet, ce qui démontre une certaine continuité dans la vision du projet. Comme cela a été expliqué par la Société du Grand Paris, ce réseau a un double objet : améliorer la vie quotidienne des gens en facilitant les liaisons de banlieue à banlieue et les correspondances avec les lignes existantes, les gares TGV et les aéroports. Il vise aussi à relier entre eux les pôles d’excellence, ce qui est essentiel en termes de développement économique, de recherche et de désenclavement.
Concernant les projets de contrat de développement territorial, des comités de pilotage se réunissent sous l’autorité du préfet de région, avec la participation active de la Société du Grand Paris. Le lien avec le réseau de transport se fait par les gares. Les 57 gares dont la Société du Grand Paris a la maîtrise d’ouvrage vont irriguer ces territoires, être le lieu de nouvelles centralités autour desquelles vont se construire des logements, des activités économiques, des pôles de service. Le réseau de transport est l’épine dorsale de ce développement.VR&T. Dès le départ, vous avez insisté sur le développement durable. Qu’en sera-t-il par la suite ?
E. G. Notre chantier est emblématique. Une étude d’évaluation environnementale de 800 pages, inédite et exemplaire, a accompagné la phase de conception du projet. Nous avons le souci de poursuivre de la même manière. Etre exemplaire au moment du dossier préalable à l’enquête publique, qui comportera une étude environnementale. L’être également dans la tenue de l’ensemble des chantiers de la construction : la manière dont on va évacuer les déblais, par exemple en utilisant la Seine, afin d’éviter une noria de camions ; la manière dont on va utiliser les ressources énergétiques, par exemple la géothermie. Autant de questions qui se posent et que nous allons aborder avec l’esprit de la plus grande innovation.
Propos recueillis par François Dumont

Pierre Mongin prépare la RATP à plonger dans le Grand Paris
«Quand on est au-delà du périphérique, la part modale des transports est inférieure en Ile-de-France à ce qu’elle peut être dans certains grands réseaux de province », a affirmé Pierre Mongin, le 22 juin, lors de son audition par les députés de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. «Quand on est au-delà du périphérique, la part modale des transports est inférieure en Ile-de-France à ce qu’elle peut être dans certains grands réseaux de province », a affirmé Pierre Mongin, le 22 juin, lors de son audition par les députés de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Pour le PDG de la RATP, « la région a pris du retard, elle a besoin d’investir dans des moyens de transport modernes dits “lourds”. Il ne faut pas se laisser distraire de cet objectif. Quand je vois que le sujet du financement est laissé de côté, que l’on envisage de laisser une partie des recettes à la rénovation urbaine, je m’inquiète pour la réalisation de ce projet essentiel pour notre pays qu’est le Grand Paris », a-t-il ajouté. Pierre Mongin a présenté aux députés une RATP impliquée et proactive sur le dossier du Grand Paris. Il a également montré sa capacité à adapter sa stratégie avec pragmatisme. « J’ai pris acte de la décision de l’Etat concernant le prolongement de la ligne 14 », a-t-il assuré. Avant de proposer une solution maison à propos, cette fois, du projet CDG Express de desserte de Roissy : « Le projet de PPP est enlisé, peut-être définitivement. Je propose une solution “tout public” où l’on serait coopérateurs avec la SNCF, comme sur la ligne B. En limitant les investissements au minimum à 150 ou 200 millions au lieu des 700 à 800 du PPP, on opérerait un train direct depuis la gare du Nord », a-t-il expliqué. Sur la correspondance à Pleyel, dont il ne voulait pas il y a peu, Pierre Mongin indique que ses équipes sont déjà au travail en prévision des appels d’offres, pour imaginer comment pourrait fonctionner ce qui « sera une des plus grosses gares d’échanges du monde ». Pour la RATP, le Grand Paris est le sujet à ne pas rater. Deux enjeux à plus court terme se présentent cependant pour l’Epic : la renégociation, d’ici à la fin de l’année, du contrat de gestion avec le Stif : « Ce sera une sorte de DSP, avec un bémol : le Stif doit travailler avec la RATP jusqu’en 2024. Nous sommes conscients de la demande des élus sur la clarification des indicateurs », a indiqué Pierre Mongin. L’autre sujet, suite à l’amendement de la loi sur le Grand Paris, est la séparation de l’infrastructure. « C’est un travail monumental, nous créons un RFF interne de la RATP qui sera, le 1er janvier prochain, distinct de l’activité de transport. C’est une bonne chose qu’une seule et même organisation contrôle les deux activités. Il est important que les arbitrages puissent se faire à l’intérieur de l’entreprise. On a tous un autre exemple en tête et l’on voit bien les difficultés qu’il peut y avoir », a soutenu Pierre Mongin.
Guillaume LEBORGNE

Grand Paris : Jean-Vincent Placé joue les trouble-fête
On s’acheminait vers un accord entre l’Etat et la région. Mais Europe Ecologie Les Verts s’en prend au projet d’entente qui semblait faire l’unanimité. On a parlé de synthèse ou de convergence. Maurice Leroy parle de « vision partagée ». Quoi qu’il en soit, tout était ficelé. Le ministre de la Ville et le président du conseil régional étaient, assure un proche du dossier, prêts à signer… Mais si Jean-Paul Huchon et Maurice Leroy sont prêts à partager une même vision du Grand Paris, Jean-Paul Huchon a du mal à faire partager ses vues à toute une partie de sa majorité. Jean-Vincent Placé, vice-président (Europe Ecologie Les Verts) du conseil régional d’Ile-de-France, a accusé le vendredi 14 janvier Jean-Paul Huchon de « capituler » devant l’Etat.
Le tempo de la négociation fait problème. Le ministre et le président souhaitent un accord avant le 31 janvier, pour donner une digne conclusion aux deux débats publics (Arc Express, métro du Grand Paris) et tenter d’en éviter un troisième. Mais, dit Jean-Vincent Placé, « je souhaite qu’on continue la négociation, qu’elle ne se fasse pas dans un petit club du mercredi avec dix types, et que Jean-Paul Huchon ait le souci de respecter sa majorité ». Il souhaite parvenir à un accord « avant l’été et après les bilans », fin mars, de la Commission nationale du débat public. Le président du groupe Front de gauche, Gabriel Massou, juge lui aussi que le protocole « n’a pas été largement débattu ».
Il n’y a pas que la méthode qui soit en cause. Les compromis aussi. Notamment la desserte de Saclay. Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Ecologie Les Verts, évoque, dans un communiqué, un « passage en force inacceptable concernant le plateau de Saclay ». La mention d’un « métro automatique léger puis à grande capacité », lui paraît être la voie vers un métro souterrain comme l’avait voulu Christian Blanc. De fait, le conseil régional soutenait au départ un BHNS, dont l’infrastructure se prêterait un jour à la mise en place d’un tram-train. Autre changement : alors que Jean-Paul Huchon souhaitait que soit examinée une desserte d’Orly par la ligne 7, c’est le prolongement de la 14 qui devrait desservir l’aéroport, conformément au projet de Christian Blanc.
Le blocage de dernière minute ne devrait pas faire le bonheur de Claude Bartolone, président (PS) du conseil général de Seine-Saint-Denis qui avait vu le ministre appuyer le 5 janvier le passage d’Arc Express dans le département. La Seine-Saint-Denis bénéficierait à la fois d’Arc Express et, plus au large, du métro du Grand Paris. Dans le Val-de-Marne, Christian Favier, président (PCF) du conseil général, a volé au secours du projet d’accord et s’est déclaré « pour la vision partagée de l’Etat et de la région », qui prévoit au total 34,6 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2025, dont 22,7 milliards pour les projets de métro automatique. Le fait « que les responsables d’Europe Ecologie les Verts empêchent d’aboutir à ce progrès relève d’un caractère politicien que je ne peux accepter », déplore Christian Favier dans un communiqué. L’UMP, elle aussi, accuse EELV de faire capoter un « accord historique pour les transports franciliens ». Vision partagée par le PC et l’UMP, c’est assez rare pour être souligné.

Grand Paris, cartes sur table
Le double débat public sur Arc Express et la double boucle s’achève le 31 janvier. Le gouvernement et le conseil régional s’activent pour parvenir avant l’échéance à une « vision partagée ». Enjeu : sortir par le haut d’une usante guéguerre des projets, en apportant une vraie réponse aux attentes des Franciliens. Après Christian Blanc, après Michel Mercier, le troisième ministre chargé du Grand Paris est une fois de plus un centriste. Mais bien différent du premier titulaire. Et qui prend le dossier par un autre bout. Pas de passage en force, mais la recherche de la conciliation, comme l’avait fait Michel Mercier.
Chargé du dossier depuis le dernier remaniement, Maurice Leroy, le ministre de la Ville, connaît bien la région. Cet ancien communiste a été directeur de cabinet du maire d’Orly (1982-84), du président du conseil général du Val-de-Marne (1990-91), du maire de Nanterre (1991-92), du maire de Colombes, avant d’être chargé de mission auprès de Charles Pasqua, président du conseil général des Hauts-de-Seine (1993-97), puis d’Eric Raoult, alors ministre de la Ville et de l’Intégration (1995-97). Et dernièrement, comme il l’a rappelé dans un entretien à Libération le 28 décembre dernier, « en tant que vice-président (Nouveau Centre) de l’Assemblée nationale, j’avais présidé tous les débats de la loi Grand Paris ».
Son objectif, exprimé le 6 janvier lors d’une réunion à la mairie de Bondy, c’est de parvenir au plus vite à une « vision partagée ». Avec un financement, un calendrier et une carte. En effet, deux débats publics sont en cours depuis le 30 septembre et doivent s’achever le 31 janvier. Un tel double débat, l’un sur Arc Express et l’autre sur le projet de la Société du Grand Paris, projets rivaux, est aberrant en soi. Mais cela a semblé la seule issue lors du vote rocambolesque de la loi Grand Paris. Aujourd’hui, pour éviter de consacrer à un troisième débat public du temps et de l’argent (celui-ci aura coûté 6 millions d’euros), il faut être en mesure de présenter avant la fin du mois une synthèse qui rentre juridiquement dans le cadre du débat actuel.
La synthèse a déjà été préparée. Michel Mercier, appuyé par la Datar, y avait travaillé avec Jean-Paul Huchon, avec qui, a précisé Maurice Leroy, lui aussi « travaille vraiment bien ».
Le 15 novembre, Jean-Paul Huchon avait donc mis sur la table une première proposition de synthèse. Idées du conseil régional : maintenir Arc Express, dont une version complète était proposée le même jour. Reprendre de la double boucle de Christian Blanc la branche est, garder l’idée de desserte des aéroports, mais en proposant d’autres solutions que le prolongement de la ligne 14 ; remettre le métro pour Saclay à plus tard.
Les architectes, pour leur part, ont présenté le 19 novembre un travail un peu différent. Leur credo, qui est aussi celui de Nicolas Sarkozy : bâtir la ville sur la ville. Pour le transport, donc, il faut se fonder sur l’existant. Réutiliser. Et combiner l’existant remanié aux projets en débat, pour fonder un système métropolitain à l’échelle de la région.
Maurice Leroy est parti du projet des architectes, ce qui lui permettait, dit-il, de « dépassionner » le débat entre tenants du Grand Paris et ceux d’Arc Express, entre Etat et région. Cela permettait aussi d’intégrer l’ensemble des projets à l’existant dans un souci de maillage et de cohérence. Et de donner la priorité à la réutilisation de l’existant, à commencer par la rénovation des lignes C et D du RER pour répondre à l’urgence.
Comment faire en sorte que les deux projets de rocade n’en fassent plus qu’un et que celui-ci s’articule bien à l’existant ? Toute une partie d’Arc Express et de la boucle interne du Grand Paris se prête à la conciliation. Grosso modo, dans le sens des aiguilles d’une montre, de Saint-Maur-Créteil (au sud-est) à Saint-Denis-Pleyel (au nord), soit sur les trois quarts du projet Arc Express, le projet de la SGP est compatible. Les tracés divergent peu, même si l’on sait que la question est aussi celle du nombre de dessertes, beaucoup plus nombreuses dans le cas d’Arc Express (pour répondre aux besoins des populations) que dans le grand huit (pour garantir la vitesse entre les pôles).
Sur le futur tracé commun, on a quelques lumières. Orbival, soutenu par le conseil général du Val-de-Marne, s’impose comme référence de la branche sud. Le conseil général de Seine-Saint-Denis, de son côté, a voté à l’unanimité un tracé pour Arc Express, et le ministre a dit le 6 janvier à Claude Bartolone, le président du conseil général, qu’il intégrait ce tracé à la « vision partagée ». Il a répondu aux inquiétudes de Valérie Pécresse, en l’assurant que Saclay aurait bel et bien son métro automatique, et que le plateau, comme l’a demandé Nicolas Sarkozy, serait à 30 minutes du centre de Paris. Le métro, précise-t-il, se fera d’abord en version légère (jusqu’en 2020), et l’on évoque un prolongement d’Orlyval.
Au conseil régional, on se félicite que l’on ait enfin – depuis Michel Mercier – des relations normales avec l’Etat. On partage avec Maurice Leroy l’objectif d’un accord avant la fin janvier. Le tracé ne semble plus un problème. Pour le financement, l’Etat a fait un geste avec l’extension du VT et la taxe sur les bureaux, mais on n’est pas tout à fait au bout. La question du plan de mobilisation restait encore en suspens ce 6 janvier, tout comme celle de la maîtrise d’ouvrage, mais on était confiant. La vision n’était pas encore tout à fait partagée, mais l’espoir d’y parvenir l’était.
Par François DUMONT

L’Aftes veut une capitale en 3D
Le métro au-dessus ou le métro au-dessous ? Les partisans du souterrain n’ont pas tardé à répliquer. Le 13 décembre, l’Aftes (Association française des tunnels et de l’espace souterrain) a fait valoir les avantages du souterrain. Le métro au-dessus ou le métro au-dessous ? Alors que les architectes de l’Atelier international du Grand Paris (AIGP) ont misé, dans leur synthèse des grands projets pour la région capitale, sur la réutilisation de l’existant et sur les circulations à l’air libre, voire en viaduc, les partisans du souterrain n’ont pas tardé à répliquer. Le 13 décembre, l’Aftes (Association française des tunnels et de l’espace souterrain) a fait valoir les avantages du souterrain. Alors que les élus, selon Alain Balan, président de l’Aftes, « expriment la plus forte demande d’enfouissement », l’association veut apporter « une intelligence de l’utilisation du sous-sol ». Elle regrette que l’AIGP considère les métros souterrains comme simple infrastructure et non comme éléments structurants de la ville. Propos de l’association : montrer que l’espace souterrain est « l’espace d’intensification et de réorganisation dont la ville a besoin » pour freiner l’étalement urbain.
De plus, pour l’Aftes, la conquête du souterrain n’est plus une aventure d’un point de vue économique. L’hypothèse économique avancée à l’appui du passage à l’air libre, 20 à 30 % de moins en coût de construction en estacade qu’en tunnel, leur semble seulement valide en terrain vierge, et certainement pas au-dessus d’une infrastructure existante comme l’A86. Et du fait de la faiblesse de la maintenance en sous-sol, le coût de possession d’une infrastructure souterraine leur semble au bout du compte se rapprocher de celui d’une infrastructure aérienne.
Reste à donner une existence sensible à ces lieux techniques, plutôt ingrats, entre le sol et le niveau où circulent des millions de personnes par jour. Faire émerger la ville en 3D. Vaste programme.

Les architectes font bouger les lignes du Grand Paris
Le 18 novembre, les architectes de l’Atelier international du Grand Paris ont versé leur contribution à la question des transports du Grand Paris. Avec leurs 24 lignes de grand métro, l’exigence d’une gouvernance de la mobilité, le projet de ligne de métro en viaduc au-dessus de l’autoroute ils jettent un beau pavé dans la mare. Comme s’il n’y avait pas assez d’un double débat public, les architectes de l’Atelier international du Grand Paris ont mis les pieds dans le plat en présentant leur propre vision du futur réseau francilien de transport. Des propositions jugées « décoiffantes » par Pierre Mansat, l’adjoint au maire de Paris chargé de Paris Métropole et des relations avec les collectivités territoriales.
Et pourtant, on ne peut pas dire que le dossier des transports d’Ile-de-France était sagement peigné. Entre le coup de gueule de la Cour des comptes, la cacophonie des projets, et l’urgence que chacun ressent, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Mais les deux projets concurrents mis parallèlement au débat public, Arc Express, et la Double Boucle, restent sur un terrain institutionnel et technocratique, dont les acteurs sont, outre l’État et le conseil régional, la Société du Grand Paris, le Stif, RFF, la SNCF ou la RATP. Les architectes donnent enfin du souffle à l’idée de Grand Paris. Et tant pis, ou tant mieux, s’ils ajoutent des dissonances à la cacophonie. Au point où on en est, autant aller jusqu’au bout et Roland Castro, à l’aise dans ce joyeux bazar qui devait lui rappeler ses jeunes années, n’a pu s’empêcher en ouverture de la conférence de presse du 18 novembre, de prendre le micro pour lancer un tonitruant « Camarades… »
Donc un vent nouveau. Que proposent les architectes ? Comme le dit Bertrand Lemoine, le directeur général de l’Atelier international du Grand Paris (AIGP), c’est, plus qu’un projet, « un scénario, une attention, une esquisse pour aller vers… ». Une des grandes forces de ce scénario élaboré par dix équipes qui, justement, n’ont pas pour habitude de faire équipe, c’est qu’il est « partagé ».
Les architectes se sont appuyés sur trois principes. Un, interconnecter tous les modes de déplacement. Deux, s’appuyer sur l’existant, mais en lui donnant une vision globale, stratégique. Trois, desservir tous les territoires, en proposant un maillage à trois niveaux, ou à trois vitesses.
On ne crée donc pas ex nihilo, mais conformément à ce qu’a demandé le chef de l’État, on va bâtir la ville sur la ville. Les 24 lignes de « grand métro » proposées existent pour la plupart ou sont en projet. Mais dans les projets, les architectes ont grappillé, choisi, modifié. On trouve un peu d’Arc Express, un peu de Double Boucle, et des idées nouvelles. L’exercice est d’autant mieux venu que, entre les deux rocades ferrées au débat, le temps est venu d’inventer la synthèse, exercice auquel s’est livré pour sa part Jean-Paul Huchon.
Selon Jean-Marie Duthilleul, l’enjeu est de « faire de ce territoire une ville », ce qui recoupe en grande partie la question : « comment bouger là-dedans », afin d’aller « de partout à partout ». La principale réponse c’est « le plan de grand métro du grand Paris ». Ce plan manifeste qu’on « est donc dans le même territoire. »
La présentation de Duthilleul est complétée par les autres architectes : Christian de Portzamparc invite à sortir d’une logique « néoindustrielle », où l’on traite les questions par modes, pour avoir une « gouvernance de la mobilité ». Yves Lion veut en finir avec la confrontation SNCF – RATP. David Mangin rappelle la nécessité d’optimiser l’existant. Jean Nouvel, qui souligne qu’on a perdu du temps, considère maintenant que l’affaire est repartie, sans doute depuis que Christian Blanc, dont il avait demandé instamment le départ, a été contraint à la démission. Roland Castro juge que l’équipe, constituée de « 500 intellectuels », était marginalisée, mais qu’on assiste à un nouveau départ, à un acte fondateur.
Les 24 lignes de grand métro illustrent la volonté de faire système. D’autant que l’objectif serait de les « cadencer », de faire plus précisément qu’elles passent à la fréquence d’un métro. Le système, on le verrait aussi sur les autoroutes urbaines, ouvertes à des lignes de transport collectif. La volonté de faire système, on l’entend encore dans des idées qui peuvent sembler naïves comme celles d’un seul et même opérateur en Ile-de-France. Techniquement cela fait sourire les vieux de la vieille du transport, qui voient bien qu’on confond autorité organisatrice et exploitant, mais on sent venir sous les fausses naïvetés l’exigence d’une autorité organisatrice extrêmement forte, ayant pouvoir sur tous les modes, et capable d’imposer sa volonté aux opérateurs.
Chez l’un d’eux, d’ailleurs, fortement réticent, on relève mezza voce les points faibles de cette vision. Par exemple, le viaduc de métro au-dessus de l’autoroute A86 et de l’A1 : on remarque qu’on n’a jamais fait ce type de réalisation sur une autoroute en exploitation, qu’on en ignore les coûts et les nuisances. On remarque aussi le faux-semblant qui consiste à présenter comme système unique cadencé un réseau fait de bric et de broc. Au moins les métros automatiques en débat, qu’il s’agisse de celui du Grand Paris ou d’Arc Express sont des systèmes cohérents… La société du Grand Paris, pour sa part, a prudemment rappelé qu’elle « prendra en compte tous les avis exprimés pendant le débat public pour établir le schéma d’ensemble du futur réseau de transport du Grand Paris. »
Qui va entendre les architectes ? Ils ont été reçus par le chef de l’État, qui a demandé que soient examinées précisément des propositions qu’ils chiffrent à 25 milliards d’euros, 10 milliards de moins que les premières estimations… L’AIGP devrait trouver aussi un interlocuteur de choix en Paris Métropole, le syndicat d’études créé à l’initiative de Pierre Mansat, qui regroupe désormais 169 communes de banlieue, et se veut une agora des élus, de droite comme de gauche. Pas trop empêtrée pour l’instant dans les enjeux institutionnels, elle peut aussi faire bouger les lignes. Le nouveau président de Paris-Métropole Jacques J.P. Martin, maire (UMP) de Nogent-sur-Marne, était d’ailleurs présent à la conférence de presse de l’AIGP. Alors, avec dix stars confortées par 170 notables, est-ce que l’imagination va prendre le pouvoir ? C’est Roland Castro qui serait content. Pourquoi pas les Parisiens du Grand Paris aussi ?

Jean-Paul Huchon boucle sa boucle
Le 15 novembre, le président du conseil régional d’Ile-de-France a présenté une proposition de synthèse d’Arc Express et du métro du Grand Paris. Et une version complète de la rocade proposée par le Conseil régional. C’était un arc, c’en était plutôt deux : l’un au nord et l’autre au sud. À l’est comme à l’ouest, les tracés s’évasaient en de vastes fuseaux. Arc Express est maintenant une boucle, que le président du conseil régional d’Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a présentée le 15 novembre. C’est à la demande de Jean-Luc Mathieu, président de la Commission particulière du débat public sur Arc Express, que le conseil régional a complété la carte du projet.
À l’ouest, les deux options retenues diffèrent peu pour cette traversée des quartiers de Nanterre, Rueil-Malmaison, Suresnes et Saint-Cloud : le tracé le plus court serait long de 13,3 km, et le plus long ferait 14,6 km, pour une facture de 1,4 à 1,5 milliard d’euros, matériel roulant compris. À l’est, les deux tracés se distinguent nettement plus : l’un long de 10 km si on choisit de desservir la zone la plus dense, par Pantin, Les Lilas, Montreuil, Bagnolet, Fontenay-sous-Bois, l’autre de 13,6 km en allant plus à l’est par Bobigny, Bondy, Rosny-sous-Bois. La facture serait de l’ordre de 1 à 1,3 milliard d’euros, matériel roulant compris.
L’exécutif régional avait déjà, le 8 novembre, en réagissant à l’avis négatif du Conseil d’État, demandé une révision de la loi Grand Paris permettant d’intégrer le projet de métro automatique dans le cadre du SDRIF (Schéma directeur de la région Île-de-France) tout en validant celui-ci. Le 15 novembre, le conseil régional a poursuivi sur cette voie en présentant une deuxième carte, intégrant toute une partie du métro automatique du Grand Paris. Du moins de ses fonctions. Sous le nom d’Arc Grand Est (passant par la Cité Descartes, Clichy-Montfermeil et rejoignant Le Bourget au nord), on retrouve une partie de la double boucle de métro de Christian Blanc. Concernant la desserte d’Orly, le conseil régional propose deux options : soit le prolongement de la ligne 14 du métro parisien (projet de la Société du Grand Paris), soit celui de la ligne 7, qui serait moins coûteux. Pour la desserte de l’aéroport de Roissy, l’option proposée serait en un premier temps une reprise de la concession de CDG Express, pour en faire, sous maîtrise d’ouvrage publique, une ligne maillée, avec un plus grand nombre de stations selon le même tracé. Enfin la desserte Massy – Saclay serait assurée par un bus à haut niveau de service (BHNS), permettant de transporter 4 000 voyageurs/jour. Le site propre ouvrirait ensuite la voie à un tram-train, avec une capacité de 8 000 voyageurs/jour, quand le besoin s’en ferait sentir. La solution aurait l’agrément de Pierre Veltz, le président de l’Établissement public de Paris-Saclay.
Le message délivré par Jean-Paul Huchon est on ne peut plus clair : nous travaillons à la synthèse… Mais une synthèse sous hégémonie de la région et du Stif et qui, vue de la Société du Grand Paris, a tout l’air d’un démantèlement (on ne peut parler de détricotage, ce réseau étant peu maillé). Le conseil régional s’apprête à poursuivre avec son nouvel interlocuteur au gouvernement le travail commencé « dans un esprit de coopération » avec Michel Mercier, ministre centriste jusqu’à présent en charge du dossier. Lundi 15?novembre, au lendemain du remaniement, Jean-Paul Huchon ne connaissait pas encore le nom de son nouvel interlocuteur, qui est Maurice Leroy.?C’est donc à François Fillon, avec qui les relations sont bonnes, que le président du Conseil régional avait fait parvenir par lettre ses propositions.