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Étiquette : Sécurité

Grèves : la grande crainte des sabotages
Les circulations seront très perturbées demain sur le réseau de la RATP, suite à l’appel à la grève des principales organisations syndicales. La situation sera plus contrastée côté SNCF avec, en moyenne, 90 % des services TGV grâce notamment à l’organisation de la SNCF qui devient de plus en plus robuste avec l’appel à des conducteurs réservistes si besoin.
Les prévisions tablent aussi sur un Intercité sur deux en moyenne, trois TER sur cinq, mais la situation sera très variable d’une région à l’autre. Enfin en Ile-de-France, les circulations seront très impactées en particulier sur les lignes H, N, R ou U ainsi que sur toutes les lignes de RER.
Multiplication des actes de malveillance
D’autres raisons pourraient perturber le trafic ferroviaire vu la multiplication d’actes de malveillance ces derniers temps sur les voies ferrées. Il est ainsi de moins en moins rare que, pour protester contre des décisions politiques, des manifestants envahissent des gares, incendient des pneus ou jettent des palettes sur les voies.
Alors que le sujet était plutôt mis sous la table lorsque des équipements SNCF étaient sabotés lors de conflits avec des cheminots, le ministre des Transports a clairement pointé du doigt les actes de malveillance qui ont eu lieu le 10 septembre, jour de l’opération « Bloquons tout ». Philippe Tabarot avait alors évoqué un incendie volontaire entre Toulouse et Auch, un envahissement des voies dans la gare de Valence-Ville sur la ligne classique, des objets volontairement abandonnés en gare, ou encore un sabotage sur un poste d’aiguillage à Aiguillon (47) dans la nuit du 9 au 10 septembre avec de forts impacts sur les plans de transport. Sans parler des vols de câbles, de plus en plus fréquents avec la hausse du prix du cuivre, mais qui relèvent le plus souvent de délinquance pure.
L’Allemagne également concernée
Des actes similaires sont donc de nouveau redoutés, d’autant qu’avant même la mobilisation du 18 septembre, quatre incendies (d’origine très probablement volontaire selon le parquet de Bordeaux), sont survenues le week-end dernier près des voies ferrées entravant très fortement le trafic entre Bordeaux et Toulouse.
La France n’est pas le seul pays concerné par des dégradations sur ses infrastructures. Le réseau ferré allemand a subi cet été plusieurs incendies a priori volontaires. Dernier en date, le 15 septembre un boîtier de commande et de sécurité a été incendié sur une ligne à l’est de Hanovre, affectant plus de 250 trains et des dizaines de milliers de passagers.
Haute surveillance
Tout cela montre la vulnérabilité des réseaux ferroviaires qui s’étendent sur des milliers de km (près de 30 000 km en France). On se souvient aussi de « l’attaque » du réseau LGV avec des incendies de postes de signalisation le jour de l’ouverture des JO Paris 2024 le 26 juillet.
Le réseau ferroviaire est donc placé sous haute surveillance avant la grève de demain. SNCF Réseau affirme avoir identifié des points névralgiques sur le territoire et le surveille avec des tournées d’équipes et des drones, en faisant notamment appel à sa filiale Altametris. Les forces de l’ordre sont également en alerte. Le ministère de l’Intérieur, en lien avec celui des Transports, prévoit un déploiement massif de forces de l’ordre à l’image de ce qui a été mis en place le 10 septembre.
Fabrice Charrière, secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire, s’inquiète de la baisse des effectifs chargés de la sûreté avec notamment l’arrivée de la concurrence. « Sur la ligne Nancy-Contrexéville par exemple, la SNCF évaluait le coût de la sûreté à 48 millions d’euros quand Transdev l’estimait à 8 millions. C’est insuffisant même avec le renfort de prestataires privés« , souligne-t-il.
Selon Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, « la multiplication des actes de malveillance montre que le réseau ferroviaire représente un enjeu public ». Et il ajoute : « Nous, organisations syndicales, ne touchons jamais à l’outil de production. Si d’autres s’y attaquent, il faut prévoir des investissements non seulement pour son développement mais aussi pour sa protection ».

La SNCF interpelle les voyageurs sur les incivilités
C’est un fléau : les agents de SNCF Voyageurs qui sont en contact avec les clients ont subi en 2023 plus de 6 000 actes de violence verbale ou physique (injures, outrages, menaces, violences physiques, …), indique la compagnie dans un communiqué. Soit 16 chaque jour en moyenne. « 433 ont entraîné un accident du travail avec arrêt de travail, un chiffre en hausse de 8% en un an« , précise la SNCF.
A l’approche des grands départs d’été, la compagnie lance une campagne (conçue par l’agence Rosa Paris) sur des affiches en gare et sur les réseaux sociaux pour interpeler les voyageurs sur ces comportements inadéquats et dénoncer la gravité des violences. Une précédente campagne lancée fin 2022 sur le même thème avait déjà permis de sensibiliser les voyageurs, estime-t-elle.
« Les atteintes et outrages aux agents sont devenus une des premières causes d’accident du travail chez SNCF Voyageurs : c’est insupportable ! Rien ne justifie qu’on puisse s’en prendre avec violence, physiquement ou verbalement, à un agent qui ne fait que son travail. Cela touche tout le monde : hommes ou femmes, dans toutes les régions, dans les trains comme dans les espaces de vente ou en ligne », souligne Patrick Auvrèle, directeur Sécurité de SNCF Voyageurs.
Pour lutter contre ces comportements, la SNCF équipe ses agents d’une appli d’alerte à déclencher en cas d’urgence. Elle organise également des formations et des « forums sûreté » pour partager les initiatives mises en place. Enfin, elle a testé les caméras piétons, dont la présence dissuade les comportements agressifs et le déclenchement favorise l’apaisement dans la grande majorité des situations, selon elle. Elle est désormais en train d’en équiper les agents assermentés et volontaires. 2 900 caméras ont déjà été attribuées aux agents, elles seront 5 500 d’ici la fin 2024. Et elle rappelle que les outrages aux agents sont passibles d’une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500€ d’amende.

Procédure accélérée pour la proposition de loi sur la sûreté dans les transports
A moins de six mois des JO de Paris, le Sénat a adopté en première lecture, le 13 février (227 voix contre 109), la proposition de loi (PPL) sur le renforcement de la sûreté dans les transports, déposée par le sénateur LR des Alpes-Maritimes, Philippe Tabarot. Objectif de la PPL, renforcer les pouvoirs d’intervention des agents de sûreté dans les transports en commun, Suge pour la SNCF, GPSR pour la RATP. Et alourdir les sanctions contre les délinquants. En 2022, 124 570 personnes ont été victimes de vols et de violences dans les transports en commun, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Parmi les mesures envisagées, les palpations de sécurité lorsqu’il existe des éléments objectifs laissant penser qu’une personne pourrait détenir une arme ou autre objet présentant un risque pour la sécurité des voyageurs. La pérennisation des caméras-piétons pour les contrôleurs, un périmètre d’intervention élargi aux parvis des gares pour les agents de la Suge. Ou bien encore, la possibilité de barrer l’accès à la gare à des individus dont le comportement est menaçant. Ils n’y sont pas autorisés par la loi aujourd’hui.
Pour renforcer le continuum de sécurité, le texte adopté par les sénateurs propose la transmission aux entreprises de transport des informations du ministère de l’Intérieur relatives aux points de permis de conduire (car certains machinistes de la RATP conduisent sans n’en avoir plus un seul…). Il envisage aussi d’autoriser les agents habilités d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) à visionner les images issues des caméras de vidéosurveillance dans les centres de commandement opérationnel de sécurité dans les transports (CCOS). Les sénateurs ont en revanche supprimé les possibilités de collecte de données sensibles et de captation du son.
Délit de bus ou train surfing
Au chapitre répressif, la PPL prévoit un délit d’« incivilités d’habitude » sanctionnant plus sévèrement les fraudeurs, harceleurs et pickpockets réguliers. Une amende pouvant aller jusqu’à 7 500 euros et une peine de six mois d’emprisonnement pour les usagers commettant la même infraction répétée à cinq reprises, ou 10 infractions différentes. Le texte prévoit aussi une « interdiction de paraître », c’est-à-dire l’interdiction d’utiliser les transports publics pour les récidivistes, ou bien encore des amendes de 135 euros pour ceux qui oublient régulièrement leurs bagages dans les trains, le métro.
Enfin, le texte envisage de créer un délit de « bus et train surfing », c’est-à-dire de punir cette pratique dangereuse qui consiste à s’agripper à l’arrière ou aux flancs d’un bus, d’un tramway ou à monter entre des rames de métro en circulation.
La proposition de loi va être transmise à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a décidé d’engager la procédure accélérée sur ce texte, afin de limiter l’examen à un passage dans chaque assemblée, et rendre ainsi possible une promulgation avant les Jeux olympiques de Paris. Le nouveau ministre des Transports, Patrice Vergriete, a salué l’initiative sénatoriale, estimant ses dispositifs « nécessaires », en évoquant la récente attaque au couteau, le 3 février, à Paris-gare de Lyon.
Nathalie Arensonas

Jean Castex et Jean-Pierre Farandou auditionnés au Sénat sur la sécurité dans les transports
A moins de deux cents jours des JO de Paris 2024, le Sénat examine une proposition de loi pour renforcer les pouvoirs d’intervention des agents de sûreté dans les transports en commun, et alourdir les sanctions contre les délinquants. En 2022, 124 570 personnes ont été victimes de vols et de violences dans les transports en commun, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Déposée par le sénateur LR des Alpes-Maritimes Philippe Tabarot, le texte sera examiné en commission des Lois à partir du 12 février. Mais les patrons de la RATP et de la SNCF, Jean Castex et Jean-Pierre Farandou, sont auditionnés dès mercredi 24 janvier par le Sénat.
Et pour cause : les missions de la Suge, la police de sûreté ferroviaire de la SNCF qui opère dans les gares et dans les trains, et celles du Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR), connu sous le nom de « sûreté RATP » sont directement concernés par la proposition de loi.Qu’envisage t-elle ? D’autoriser les palpations de sécurité lorsqu’il existe des éléments objectifs laissant penser qu’une personne pourrait détenir une arme ou autre objet présentant un risque pour la sécurité des voyageurs. De pérenniser l’usage des caméras-piétons pour les contrôleurs. D’élargir le périmètre d’intervention de la Suge aux abords immédiats des gares et emprises ferroviaires. Ou bien encore, de barrer l’accès à la gare à des individus dont le comportement est menaçant : « C’est ubuesque, avant de pouvoir les chasser de l’enceinte de la gare, les agents de la Suge sont obligés de les laisser entrer pour pouvoir les contrôler », justifie Philippe Tabarot. Qui aurait bien voulu voir pérenniser les caméras intelligentes. Autorisées par décret pour la durée des JO, ces caméras de vidéosurveillance couplées à des systèmes de détection algorithmique pour prévenir des comportements qui pourraient être « anormaux », devront théoriquement être démontées après les olympiades de Paris 2024.
Pour renforcer le continuum de sécurité, le texte de Philippe Tabarot propose la transmission aux entreprises de transport des informations du ministère de l’Intérieur relatives aux points de permis de conduire (car certains machinistes de la RATP conduisent sans n’en avoir plus un seul…). Il envisage aussi d’autoriser les agents habilités d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) à visionner les images issues des caméras de vidéosurveillance dans les centres de commandement opérationnel de sécurité dans les transports (CCOS). De l’eau au moulin de Valérie Pécresse, la patronne d’IDFM, qui revendique une police régionale des transports. « La question se pose et il aura peut- être lieu lors des débats », relève Philippe Tabarot.
Incivilités d’habitude, interdiction de paraître, bus surfing…
Au chapitre répressif, la PPL prévoit un délit d’« incivilités d’habitude » sanctionnant plus sévèrement les fraudeurs, harceleurs et autres pick-pockets réguliers. Elle prévoit aussi une « interdiction de paraître », c’est-à-dire l’interdiction d’utiliser les transports publics pour les récidivistes, ou bien encore des amendes de 135 euros pour ceux qui oublient régulièrement leurs bagages dans les trains, le métro, « car cela pénalise fortement l’exploitation des trains et métros », justifie le sénateur.
Enfin, le texte envisage de créer un délit de « bus et train surfing », c’est-à-dire de punir cette pratique dangereuse qui consiste à s’agripper à l’arrière ou aux flancs d’un bus, d’un tramway ou à monter entre des rames de métro en circulation.
Si l’ex-ministre des Transports, Clément Beaune était plutôt très favorable aux mesures inscrites dans la proposition de loi, quel sera l’avis du nouveau gouvernement qui n’a pas encore nommé de ministre de tutelle ? Et quel accueil les députés feront-ils à ce texte sécurité, quelques semaines après le houleux débat sur la loi immigration qui a dynamité la majorité ?
Nathalie Arensonas

La Société du Grand Paris veut imposer de nouvelles mesures de sécurité à ses sous-traitants
Après cinq décès mortels sur les chantiers de construction du métro automatique autour de Paris, dont deux en mars et avril derniers, la Société du Grand Paris réagit pour éviter de nouveaux drames. Le 10 mai, la SGP a fait stopper les 140 chantiers pour organiser des ateliers de sensibilisation sur la sécurité, menés en partie par des salariés de l’entreprise. S’il est encore trop tôt pour faire un bilan, Jean-François Monteils, le président du directoire de la SGP, se dit persuadé de leur intérêt.La sécurité fait partie des priorités, assure-t-il.« Nous avons un document, la charte et référentiels sécurité des chantiers, qui s’impose systématiquement dans tous les contrats que nous passons avec les entreprises de travaux et de prestations intellectuelles », explique de son côté Bernard Cathelain, membre du directoire de la SGP. Ce document rappelle le cadre législatif (code du travail, code de l’environnement), et les recommandations sectorielles (Caisse national d’assurance maladie des travailleurs salariés, Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France, Institut national de recherche et de sécurité, OPPBTP1, Association française des tunnels et de l’espace souterrain, etc.). Mais surtout, poursuit-il, « il permet de garantir une homogénéité et une unicité des règles quelles que soient les entreprises ».Dès le début du projet, la SGP a mis en place une procédure d’alerte afin d’être prévenue en cas d’accident. En fonction des enseignements tirés, elle peut éventuellement prendre des mesures sur d’autres chantiers. Enfin, le maître d’ouvrage mène chaque année plusieurs dizaines d’audits afin que chaque chantier soit visité au mois une fois par an. « Il nous est arrivé de demander à une entreprise un changement de chef de chantier qui ne faisait pas appliquer les règles de sécurité », raconte Bernard Cathelain.« Dans la construction, il est difficile de mettre en place des processus de sécurité comme il en existe dans l’industrie où les tâches sont plus répétitives. Dans le bâtiment, les tâches peuvent être différentes d’une journée à l’autre, d’une heure à l’autre», souligne Jean-François Monteils. De plus, plusieurs entreprises peuvent intervenir en même temps et la manipulation de lourdes charges est fréquente, ce qui multiplie les risques.Selon les statistiques recueillis par la SGP, il y aurait un lien entre intérim et accidentologie. « Les intérimaires représentent à peu près un quart des 6000 compagnons présents sur les chantiers », précise Bernard Cathelain. « Juridiquement, il est compliqué d’imposer une limitation de la sous-traitance », estime Bernard Cathelain, tandis que Jean-François Monteils rappelle avoir « une clause de recours aux PME pour 20 % des travaux ». Un niveau essentiel, selon lui, pour le tissu industriel local.Afin de renforcer les mesures déjà existantes, la SGP a créé, en janvier dernier, un groupe de travail chargé de réfléchir à de nouvelles mesures. Le plan de renforcement de la sécurité exige désormais que l’ensemble des intérimaires intervenant sur les chantiers soient titulaires d’un Passeport sécurité Intérim (PASI) BTP. Ce document, qui n’était pas obligatoire jusqu’à présent, mais fortement recommandé, est une attestation valable dix ans, délivrée aux intérimaires qui ont suivi deux jours de formation à la sécurité.Le plan prévoit également l’instauration d’une journée ou demi-journée annuelle systématique de sensibilisation, comme celle du 10 mai dernier, et la création d’un conseil de la sécurité des chantiers pour mieux identifier les accidents. « Composé de spécialistes et d’indépendants reconnus dans ce domaine, il aurait pour mission d’assurer le plus haut niveau de connaissances en la matière, d’analyser l’accidentologie, d’examiner les mesures envisagées et de faire des propositions en lien avec les risques en présence », indique encore le dirigeant.La SGP souhaite auditer les Plans particuliers de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) de chaque entreprise afin de s’assurer de leur qualité. Elle imposera désormais d’avoir des coordonnateurs de sécurité et de protection de la santé (CSPS) exclusivement dédiés au Grand Paris Express, alors que leur temps pouvait jusque-là être partagé avec d’autres projets de leur entreprise.Le CSPS devra désormais formuler un avis qui l’engagera. Il participera à la mise en place de mesures d’organisation des CISSCT, adaptées aux conditions de déroulement des travaux. Enfin, il contribuera à l’harmonisation des dispositions, au travers d’un plan général de coordination corédigé par l’ensemble des CSPS titulaires.La SGP imagine aussi un système d’incitation aux bonnes pratiques, assorti, pour les entreprises, d’un bonus financier. Elle affirme qu’elle sera vigilante face au risque potentiel qui consisterait à sous-déclarer des incidents pour obtenir de meilleurs résultats.L’incitation à signaler les mauvaises pratiques sera enfin encouragé, notamment de la part de toute personne intervenant sur un chantier, mais aussi des syndicats. La SGP souhaite qu’ils puissent accéder aux chantiers pour donner de la visibilité aux mesures de sécurité mises en place. En espérant renforcer ainsi la culture de sécurité.Yann Goubin
Les heurts de personnes sur les voies, première cause d’accidents ferroviaires
Moins 8 %. C’est le recul du trafic ferroviaire mondial de voyageurs durant l’année 2020, selon l’Union internationale des chemins de fer qui a publié le 16 novembre son rapport annuel sur les accidents ferroviaires au niveau international. D’où également une diminution du nombre des accidents sur la majeure partie de l’année, avec une forte baisse en avril 2020 suivie d’une remontée progressive jusqu’à septembre, puis d’un rééquilibrage sur le dernier trimestre. « Le nombre d’accidents de personnes heurtées par un train a baissé de 34 % aux passages à niveau et de 12 % hors passages à niveau. Les autres types d’accidents sont demeurés au niveau de 2019 », écrit l’UIC, en précisant que « sur l’ensemble de l’année et sur le périmètre de 2019, la baisse globale du nombre d’accidents s’établit à -11 % (3 742 accidents en 2020 contre 4 187 accidents en 2019) ».
En tête des causes d’accidents, et malgré les campagnes de prévention lancées par les compagnies ferroviaires, les heurts de personnes par un train (hors passages à niveau, PN) représentent 76 % des accidents ferroviaires. Il faut ajouter 9 % de collisions intervenant sur des PN, et encore 4 % de heurts impliquant des véhicules routiers aux PN. 90% des accidents impliquent donc des tiers qui ne sont pas dans le système ferroviaire, souligne l’UIC, appelant les pouvoirs publics à sanctuariser les voies ferroviaires. Le nombre d’accidents de personnes heurtées par un train a toutefois baissé de 34 % aux passages à niveau et de 12 % hors passages à niveau. Les autres types d’accidents sont demeurés au niveau de 2019. Globalement, l’indice de sécurité mesuré annuellement par l’UIC continue de décroître « indiquant une amélioration pérenne du niveau de sécurité du transport ferroviaire », note l’organisation.

Plus de patrouilles de gendarmes dans les transports publics franciliens
A partir de cette année, il y aura plus de patrouilles de gendarmes dans les transports publics en Ile-de-France. Côté Transilien, dans le cadre du nouveau contrat signé en fin d’année dernière avec la SNCF, Ile-de-France Mobilités finance un dispositif renforcé de patrouilles de gendarmes, composées majoritairement de réservistes : le nombre de ces patrouilles va augmenter dès 2021 et passer à 1 000 patrouilles par an aussi bien dans les trains que dans les gares.
Ces gendarmes, qui patrouillent généralement par équipes de trois, disposent de terminaux (NeoGend) leur permettant de consulter l’ensemble des fichiers pour le contrôle des individus.
Ce dispositif de présence de patrouilles de la gendarmerie dans les transports en commun avait d’abord été expérimenté dans les bus de la grande couronne, d’abord, en 2018, dans le Val-d’Oise, puis, en 2019, étendu à tous les départements de grande couronne, où on compte aujourd’hui annuellement également 1 000 patrouilles.
Ce dispositif financé en totalité par Ile-de-France Mobilités représente un coût de près de 1,4 million d’euros par an.

Gérarld Darmanin s’engage à prendre des mesures « concrètes » après la mort de Philippe Monguillot
Grande émotion après l’annonce de la mort le 10 juillet de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus violemment agressé à Bayonne durant son service. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, est venu rencontrer ses collèges le 11 juillet et faire le point sur la sécurité dans la ville. Interrogé par France Info, Jean-Philippe Paulmier délégué CFDT au réseau Chronoplus a indiqué que Gérald Darmanin s’était engagé à revenir les voir en septembre « pour pouvoir prendre des mesures concrètes« .
Selon lui, un accord a été signé avec la direction du réseau exploité par Keolis sur « des mesures d’urgence, de sécurité, de sécurisation des postes de conduite, de relations plus étroites avec les services de police ou de gendarmerie« . Les syndicats réclament aussi plus de présence humaine sur les lignes de bus.
Le ministre de l’Intérieur avait auparavant commencé son déplacement en se rendant au domicile de la famille du chauffeur. Il lui a indiqué que des mesures seraient prises, « pour les chauffeurs d’ici, mais aussi de toute la France« , a rapporté la plus jeune fille du conducteur, Marie, 18 ans.
Le ministre de l’intérieur a également expliqué qu’il avait demandé au préfet des Pyrénées-Atlantiques de réunir les élus locaux, les parlementaires et les sociétés de transport pour dégager des solutions sur la sécurité.

