Étiquette : Tabarot

  • Philippe Tabarot, ministre des Transports, s’il en a le temps

    Philippe Tabarot, ministre des Transports, s’il en a le temps

    « J’ai une obsession : l’usager ». S’exprimant le 8 janvier lors de la cérémonie des vœux 2025 de l’Union des transports publics et ferroviaires, dans un grand hôtel parisien, Philippe Tabarot qui a été rapporteur d’une proposition de loi sénatoriale sur le service minimum dans les transports, a insisté sur la qualité de l’information voyageurs, la gestion de crise, le remboursement des abonnements en cas de grève ou de service dégradé qui, selon lui, relève du « parcours du combattant ». Mais c’est surtout sur le sujet de la sécurité que le nouveau ministre des Transports a démarré son discours, lui qui, lorsqu’il était sénateur des Alpes-Maritimes (LR), a porté une proposition de loi pour renforcer la sûreté dans les transports. Après un parcours parlementaire chahuté, elle pourrait arriver prochainement devant l’Assemblée nationale. « Cette PPL a vécu une dissolution, une censure, je reste prudent sur son devenir », a modéré le nouveau locataire de l’hôtel de Roquelaure.

    Le 8 janvier justement, entrait en vigueur le dispositif « Stop Fraude » testé par la RATP, la SNCF, la RTM et quatre autres opérateurs visant à vérifier les coordonnées fournies par les contrevenants en interrogeant les fichiers du fisc pour envoyer l’amende à la bonne adresse. « On m’a demandé d’insister sur le sujet », confiait le ministre à des journalistes après son intervention.

    Un peu dans l’ombre de Clément Beaune, de Patrice Vergriete et de François Durovray qui l’ont précédé en à peine un an, Philippe Tabarot n’a pas vraiment lancé de nouvelles pistes pour son ministère. Il a défendu les autocars express, le dada de François Durovray, a promis la tenue de la conférence nationale sur le financement des transports publics annoncée par Patrice Vergriete, chahutée elle aussi par la dissolution et aujourd’hui, par l’absence de loi de finances. « Elle devait se tenir en février, elle sera forcément décalée après le vote du Budget, mais elle aura lieu en 2025, et le plus tôt possible, je m’y engage », a proféré le ministre, confirmant que l’Agence de financement des infrastructures de transports (l’Afitf) serait amputée de 700 à 900 millions d’euros pour cette année. Favorable à « un meilleur fléchage des recettes fiscales vers les transports publics », il se dit opposé à une nouvelle taxe sur les billets d’avion.

    L’ouverture à la concurrence ferroviaire ? Elle est en marche en région Paca où Philippe Tabarot a géré le dossier de la privatisation de la ligne TER entre Marseille et Nice lorsqu’il était vice-président de la collectivité en charge des transports, « et aujourd’hui, je m’engage à avancer sur le sujet de la transparence des systèmes billettiques, si j’ai le temps… ». S’il en a le temps, il sera aussi chargé de trouver un successeur à Augustin de Romanet à la tête d’Aéroports de Paris (la date butoir a été repoussée au 31 janvier), et de Jean-Pierre Farandou à la SNCF, en mai prochain.

  • Avec Philippe Tabarot, le ministère des Transports a encore à sa tête un connaisseur du secteur

    Avec Philippe Tabarot, le ministère des Transports a encore à sa tête un connaisseur du secteur

    Après le court passage (trois mois) du très actif François Durovray, c’est au tour de Philippe Tabarot de s’installer aux commandes du ministère des Transports. Son arrivée est saluée comme l’avait été celle de son prédécesseur car tous deux sont de très bons connaisseurs du secteur.

    Sénateur LR des Alpes-Maritimes, il était jusqu’alors vice-président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, où il a défendu plusieurs propositions remarquées. Notamment la proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports dont il est à l’origine au Sénat et dont l’adoption a été stoppée avec la censure du gouvernement.

    Au printemps dernier, il a également défendu un texte pour encadrer davantage les périodes de grèves. Il militait notamment pour la « neutralisation des périodes de vacances », pour la limitation des «  préavis dormants de plusieurs mois ou encore les grèves de 59 minutes » ou encore pour « réhabiliter le service minimum afin qu’il devienne un service garanti ». Le texte proposé avait provoqué la colère des syndicats mais le ministre des Transports de l’époque, Patrice Vergriete, avait alors indiqué qu’il n’y était pas favorable.

    Auparavant, quand Philippe Tabarot était vice-président chargé des transports à la région Sud de 2015 à 2021, il a conduit le processus d’ouverture à la concurrence des TER, faisant de cette collectivité l’une des premières à l’expérimenter depuis le 15 décembre. Suscitant là encore le mécontentement des syndicats de cheminots.

    Le Cannois de 54 ans a également été administrateur du Gart de 2016 à 2021 comme l’a été François Durovray, qui est resté président de l’Essonne et dont le retour est désormais attendu au sein de l’organisation d’élus. Le Gart espère que « Philippe Tabarot reprenne à son compte les engagements pris par son prédécesseur d’organiser avant la fin du premier trimestre 2025 une Conférence nationale du financement de la mobilité et de ses infrastructures. »

    Le Gart se réjouit également que le ministère des Transports reste rattaché au ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, « d’autant plus qu’il est confié à François Rebsamen, un élu local proche des réalités du terrain« .