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Espagne. La concurrence sur les rails pour 2014
Devant la presse madrilène puis au sommet des ministres des Transports le 5 décembre à Bruxelles, Ana Pastor a sifflé le départ : la libéralisation du trafic AVE et grandes lignes va arriver en Espagne durant la première moitié de 2014. Se voulant en avance sur le quatrième paquet ferroviaire européen, la ministre espagnole a carrément déclaré « imminentes » les autorisations à délivrer aux opérateurs privés intéressés par la grande vitesse.
De fait sont dans les starting-blocks plusieurs sociétés ibériques : certaines viennent du secteur des travaux publics et ont une expérience dans les chantiers ferroviaires (Acciona, OHL, Ferrovial) ; d'autres ont fait leurs preuves dans le trafic voyageurs urbain ou interurbain (l'espagnol Globalvia, Alsa lié au britannique National Express). Mais tous, fantasme ou réalité, pensent aussi à des opérateurs étrangers à peine « masqués » derrière leurs filiales espagnoles : la DB (Arriva ou ECR España), la SNCF depuis qu'elle a pris des parts dans le capital de Comsa Rail Transport (issue d'une entreprise du BTP).
Outre Pyrénées, les choses vont paso a paso : au 1er août dernier, la Renfe devait être séparée en quatre pour permettre la concurrence et laisser espérer à l'Etat que vont s'amoindrir les 2,5 milliards d'euros que lui coûte chaque année le rail.
Le trafic marchandises étant « libéralisé » depuis 2005 (avec un succès mitigé), quatre sociétés devaient voir le jour : l'une pour le fret, l'autre pour tous les services voyageurs, une troisième pour la maintenance et la dernière, du type « Rosco », afin de louer du matériel roulant aux nouveaux opérateurs. Préparation inachevée et vu les circonstances (l'accident AVE de Santiago), seuls ont été ouverts les services touristiques. Et la libéralisation a été renvoyée à début 2014.
Nous y sommes, et Ana Pastor entend commencer par l'AVE et les grandes lignes. Handicaps pour les candidats qui seraient déjà homologués, les péages de l’Adif augmentent en 2014 de 16% et la politique tarifaire de Renfe dans les AVE a rencontré un tel succès que le marché est quelque peu plombé. Ressource : la nouvelle société de location propose sept trains AVE et 12 rames à grande vitesse à écartement variable (et en surnombre chez Renfe). Une offre critiquée par les candidats, qui n'y voient pas le matériel le plus adéquat.
Parmi eux, Ferrovial vient de confirmer son intérêt. Gérant des autoroutes ou des aéroports, menant des chantiers, ce groupe dispose depuis mars 2011 d'une licence d'opérateur mais, pour le moment, Ferrovial Railway ne s'en est pas encore servi. Lui comme ses collègues veulent d'abord en savoir plus sur les règles du jeu, le calendrier et les termes de la concurrence avec l'opérateur public Renfe. « Avant l'été 2014 », a promis la ministre.
Michel GARICOÏX
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