A Las Vegas, Keolis transporte les touristes sur le Strip

De Las Vegas, on connaît les casinos gigantesques ou les hôtels hors normes. Désormais, il faudra se souvenir de ses bus urbains Pourquoi ? Un peu par chauvinisme – ils sont gérés par le Français Keolis–, beaucoup pour la qualité du service et l'intérêt que porte la ville aux transports en commun pour décongestionner la circulation.

En juillet dernier, Keolis a succédé à Transdev pour l'exploitation des bus, une partie au moins puisque l'AOT, Regional transit commission (RTC) of Southern Nevada, avait décidé de diviser le marché en plusieurs lots. Keolis a remporté le plus prestigieux, celui qui inclut le Strip, le surnom du Las Vegas Boulevard, le long duquel est implantée la quasi-totalité des casinos de la ville.

Cette avenue de la démesure est desservie par les bus dorés, aux allures de BHNS, estampillés The Deuce, tantôt à un seul niveau, tantôt à étage, en fonction de l'heure de la journée et de l'affluence. Car ces bus de qualité circulent 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7, avec une fréquence d'un bus toutes les 10 minutes au plus fort du service, de 7 à 21 heures. Résultat : une ligne très fréquentée mais aussi très rentable. 17 millions de voyageurs, sur un total de 62 millions de voyageurs transportés annuellement dans l’agglomération de Las Vegas. Avec un coût de fonctionnement de 14 millions de dollars, cette ligne phare rapporte 22 millions au RTC. Elle compense les lignes déficitaires du reste du réseau. Pas étonnant, à 8 dollars le billet, certes valable 24 heures, ou 6 dollars pour un titre deux heures quand le titre unique vaut 2 dollars sur les autres lignes de la ville. En revanche, ce qui est plus surprenant, c'est le succès du bus dans un pays réputé pour son culte de la voiture individuelle. Le lobby américain de l'automobile peut dormir tranquille. Sur le Strip, la très grande majorité des voyageurs qui choisissent The Deuce ne sont pas américains, mais étrangers (75 %). Des clients captifs par excellence, puisqu'ils sont venus en avion, donc sans véhicule personnel.

Même captifs, les voyageurs sont satisfaits du service. Une fierté pour Dwight Brashear, vice-président exécutif et directeur général de Keolis Transit America (KTA). C'est cette qualité du service qui explique, selon lui, le succès de Keolis face à Transdev. Cela s'est traduit par un slogan maison, « Think like a passenger », Penser comme un voyageur. Pour cela, Keolis a appliqué les méthodes d'enquêtes auprès des utilisateurs et s'est inspiré de son expérience de la gestion de réseaux de toutes tailles et de tous modes, acquise en France comme à l'étranger.

A Vegas, il reste tout de même quelques améliorations, qui ne sont certes pas de la compétence de Keolis mais de l'AOT, comme des fiches horaires aux arrêts de bus, ou, mieux, des afficheurs inscrivant le temps d'attente pour le prochain bus. « Nous sommes très en retard, sur ce point, c'est vrai, mais nous avons beaucoup de projets », concède Tina Quigley, directeur général du RTC, comme cette récente applis pour mobile, destinées aux jeunes voyageurs, des ados jusqu'aux trentenaires, une tranche de population qui empruntent de plus en plus les transports en communs, laissant leur voiture au garage. L’AOT étudie également un tramway, estimé à 320 millions de dollars ou un BHNS, presque trois fois moins cher, à 110 millions. Les jeux sont loin d’être faits, à Las Vegas.

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