Eole en panne de financement

C’est en juin que le financement d’Eole à l’ouest doit être bouclé. Pierre Serne, vice-président Transports et Mobilités (EELV) du… conseil régional d’Ile-de-France se dit « pas très optimiste » :  la Société du Grand Paris apporte 1 milliard, c’est sûr. Sinon, on ne sait ni comment ni où on va trouver les 3,3 milliards nécessaires au projet (génie civil, système ferroviaire, nouveau contrôle-commande, gares) sans même parler du matériel roulant. Le conseil du Stif a approuvé le mercredi 5 mars l’avant-projet du prolongement, qui doit se faire, dit le communiqué, « à horizon 2020 – 2022 » : 2020 pour la mise en service du nouveau tronçon, de Saint-Lazare à Nanterre-La Folie, et 2022 pour la desserte, au-delà, du Mantois. Deux ans plus tard que prévu. Mais, ce qui a jeté un froid, c’est que les représentants de la Ville de Paris, ce 5 mars, n’ont pas pris part au vote sur le sujet, pas emballés par l’ampleur des montants. Autres financeurs attendus : la région, les conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, l’Etat et deux établissements publics (Epadesa à La Défense, Epamsa pour le Mantois et Seine-aval), RFF et la Société du Grand Paris. RFF interviendra au titre de renouvellements nécessaires (postes de Mantes et de Poissy). Sinon, il n’y a que la SGP, invitée de la dernière heure, qui sache vraiment à quelle sauce elle va être mangée. Depuis les décisions du Premier ministre du 6 mars 2013, on sait qu’elle doit donner 2 milliards à la région, dans le cadre du Nouveau Grand Paris, et qu’elle ne les reverra plus. On ne parle plus d’avance remboursable, comme le prévoyait l’accord Etat – région du 26 janvier 2011. « C’est de l’apport net », rappelle Pierre Serne. Cette contribution ne plaît pas du tout aux partisans du métro du Grand Paris. Jacques Alain Bénisti, député UMP du Val-de-Marne, a demandé à Philippe Yvin, à la veille de sa nomination à la présidence du directoire de la SGP : « Pouvez-vous nous assurer que vous allez défendre les crédits exceptionnels alloués au métro du Grand Paris face aux ponctions d’autres autorités, comme la région, qui ont en charge elles aussi des projets de transports importants, laissés à l’abandon depuis des décennies ?! »

Mais quand la question était posée, le sort de ces 2 milliards d’euros, issus des taxes affectées à la SGP, était déjà joué. La moitié ira à Eole. Reste à trouver pour ce projet 2,3 milliards au bas mot, et là, ça se complique. A l’heure où il veut faire 50 milliards d’économies, l’Etat cherche moins à apporter quoi que ce soit qu’à « voir ce qu’il peut retirer », dit Pierre Serne. Il a déjà commencé. Dans les 6 milliards qui doivent être consacrés aux projets régionaux du Nouveau Grand Paris, la région doit apporter 3 milliards, la SGP, on l’a vu, 2, et l’Etat 1. Soit 200 millions d’euros par an sur cinq ans, de 2013 à 2017. Or, remarque le vice-président Transports, « rien n’a été versé en 2013, rien en 2014 ». Comme, de plus, les 200 millions annuels de l’Etat doivent être accompagnés de 150 millions d’euros de ressources supplémentaires, ce sont 350 millions qui manquent chaque année. Jean-Paul Huchon a saisi Jean-Marc Ayrault. Quant à Pierre Serne, au-delà de l’Ile-de-France, il s’étonne que l’Etat continue de réunir « comme si de rien n’était des comités de pilotage » pour des projets non financés, comme le canal Seine-Nord. Et demande qu’on dise enfin « la vérité des prix ».

[email protected]

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *