Transdev mise sur Simone pour renflouer son SuperShuttle

« En Shuttle Simone ! » Quoi de mieux qu’une allusion à une expression populaire pour promouvoir un concept qui a du mal à prendre en France malgré ses atouts et qui cartonne aux Etats-Unis depuis dix ans, le SuperShuttle (www.supershuttle.fr) ? C’est en tout cas le nom de l’opération de communication menée par Transdev via Facebook pendant la durée des vacances de Pâques toutes zones confondues, avec à la clé des réductions et un jeu permettant de gagner un an de trajets en navette aéroportuaire partagée. 250 000 personnes l’ont empruntée en 2013, essentiellement pour se rendre ou revenir de l’un des trois aéroports – Roissy, Orly, Beauvais – ce qui constitue 90 % de l’activité, mais SuperShuttle dessert aussi les sept gares SNCF parisiennes. C’est encore une goutte d’eau au regard du nombre de passagers annuels de l’aérien.

Surfant sur la vague du VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) que la société promeut, Transdev entend bien booster cette activité lancée sur le marché français fin 2009 – à l’époque par Veolia – et qui n’a pas encore trouvé son équilibre. « La croissance est de 20 % par an et nous avons changé le statut de nos conducteurs pour proposer du VTC partagé », se félicite Paul de Rosen, directeur des entreprises de transport à la demande (TAD) en France chez Transdev. En 2012 en effet, SuperShuttle perdait un million d’euros. Le secrétaire général du groupe, Jérôme Nanty, expliquait à la mi-2013 que le modèle économique et social français, avec des chauffeurs salariés, était inadapté. Le groupe prévoyait de les licencier et de transposer le modèle américain de chauffeurs indépendants franchisés.

« Le ticket d'entrée, c'est juste l'achat du véhicule, expliquait-il. Et comme c'est du B to C, les marges sont plus importantes. » La rentabilité du SuperShuttle américain est en effet de 14 %. Et c’est ce qui a été fait. Désormais, « les 60 chauffeurs des 50 véhicules huit places, qu’ils louent ou dont ils sont locataires, sont des indépendants qui travaillent sous le régime du VTC. C’est une formule assez souple », assure Paul de Rosen. Résultat, un chiffre d’affaires 2013 de 5 millions d’euros, avec cependant un résultat, « qui reste négatif, mais moins qu’en 2012… Notamment parce qu’on a dû provisionner des charges exceptionnelles liées à la restructuration du modèle,poursuit-il. On espère atteindre l’équilibre cette année ou en 2015 ».

Compte tenu des frais de structure en effet, de plus d’un million d’euros pour les vingt salariés chargés du dispatching et de l’accueil en aéroport, il faut atteindre un volume d’affaires conséquent. « 7 millions d’euros,a calculé Paul de Rosen. On est en bonne voie avec notre croissance de 20 % ».Transdev transpose ici son expérience du TAD en France mais aussi aux USA ou aux Pays-Bas (avec Connexxion) pour maximiser son dispatching : « en moyenne nous avons deux à trois groupes et six à huit personnes par véhicule »,assure le responsable.

Il n’y a plus qu’à convertir davantage d’utilisateurs aux atouts de cette navette partagée : sur réservation, le client bénéficie d’un service porte-à-porte comme en taxi – certes, avec quelque détour pour récupérer ou déposer les autres passagers – pour un prix fixe correspondant à « la moitié du tarif taxi quand on est seul ».La promotion de Pâques propose le trajet Paris – Roissy pour une famille de trois personnes avec bagages à moins de 45 euros. La vente est multicanal : web, Air France, Expédia, certains hôtels ou intermédiaires touristiques… Première clientèle séduite, celle des touristes américains, rassurés de pouvoir réserver et payer de façon sécurisée à l’avance. Et aussi bien sûr par la notoriété de la marque outre-Atlantique.

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