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Grève. Inquiétudes à la SNCF
Quelques jours avant le début de la grève prévu le 9 juin à 19h, on devait montrer patte blanche avant d'accéder au siège de la SNCF place des Etoiles à Saint-Denis. Plus question de laisser monter des syndicalistes pour qu'ils agitent leurs fumigènes aux balcons comme cela s'est déjà produit. La SNCF se protège. Les syndicats opposés à la réforme ferroviaire, eux, jonglent avec le calendrier des préavis de grèves. A quelques jours de l’examen – en procédure accélérée – du projet de loi qui doit débuter le 17 juin au Parlement, CGT et SUD-Rail appelaient les cheminots à la grève pour demander cette fois le retrait du texte. Premier et troisième syndicats représentatifs avec 36 % et 17 % des suffrages, ils se prononçaient pour une grève reconductible de 24 heures en 24 heures. Aux assemblées générales sur le terrain d’en décider ou non chaque matin la poursuite dès le 11 juin.
Autrement dit sans attendre l’entretien du lendemain avec Frédéric Cuvillier que la CGT, l’Unsa et SUD avaient demandé ensemble de longue date, assurent-ils, afin de faire état de leurs propositions pour une « autre réforme ».
Dans le cadre de ses consultations préalables, le secrétaire d’Etat aux transports leur avait d’abord fixé rendez-vous le 4 juin. Avant d’en repousser la date jusque dans l’après-midi du 12. Une manière de gagner du temps, ont considéré les deux organisations contestataires choisissant dès lors de faire monter la pression d’un cran dans la dernière ligne droite.
Un rapport de force que l’Unsa ferroviaire de son côté se refusait à suivre d’emblée. Le deuxième syndicat (23 %), s’était jusqu’ici associé à la CGT et SUD au sein d’une plateforme unitaire pour des actions dont la dernière en date, la manifestation nationale du 22 mai, avait selon les chiffres syndicaux, réuni quelque 22 000 cheminots. Sans la CFDT (15 %) qui depuis fin 2013 se tient à l’écart de la protestation. Les manifestants étaient rejoints dans les rues de la capitale par FO et First, organisations non représentatives puisqu’elles n’ont pas réussi à franchir ensemble la barre des 10 % de suffrages aux élections professionnelles mais qui emboîtaient de nouveau le pas de la CGT et SUD pour appeler les cheminots « à se mobiliser massivement dans la durée » dès le 10 juin contre une refonte du système dont ils seront, assurent-ils, « les premières victimes ».
A cette refonte, l’Unsa ferroviaire se dit, elle, « favorable ». Le syndicat le craint : « Si le projet de loi est abrogé, la Cour de justice européenne imposera très vite un éclatement incontrôlable de la SNCF. » Mais elle réclame des amendements offrant notamment des garanties « d’unité sociale du groupe ».
Et, en la matière, elle considère comme satisfaisants les « engagements écrits » pris le 5 juin par la direction de la SNCF. Elle souhaite, assure-t-elle, dans un communiqué « laisser toute sa place à la négociation avec les présidents de SNCF, RFF, avec le ministère et avec les parlementaires ».
« Nous tirerons la conclusion le soir du 12 juin » au sortir du bureau de Frédéric Cuvillier, n’en prévient pas moins Roger Dillenseger, secrétaire général adjoint. Tout en faisant savoir l’intention de l’Unsa de déposer un préavis de grève « à partir du 17 juin pour peser sur l’examen des députés ».
A l’approche de l’échéance législative, c’est clairement sur les implications sociales du projet de loi que les syndicats veulent placer le débat. Le texte prévoit la définition ultérieure d’un cadre commun des travailleurs du secteur ferroviaire qui leur fait craindre un nivellement par le bas des conditions de travail. Un sujet moins abstrait que les subtilités de structures et de relations entre les trois Epic qu’il contient. Et plus mobilisateur.
« Le projet de loi peut être amélioré, enrichi sur un certain nombre de points pour conforter [cette] unité sociale du groupe », répétait d’emblée devant la presse François Nogué, le directeur des relations humaines de la SNCF dès le soir du 5 juin. Dans les couloirs du siège de Saint-Denis, on dit l’entreprise inquiète de voir les voyageurs essuyer un mouvement social sur la durée. Après l’affaire des trains dits trop larges, de quoi pour le coup raboter encore une fois son image.
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