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Les projets de la RATP pour s’implanter au Moyen-Orient
En signant le 20 novembre le contrat pour la création ex-nihilo du réseau de bus de Ryad, la capitale d’Arabie Saoudite avec son partenaire local Saptco (Saudi Public Transport Company), RATP Dev se…
lance « un beau challenge »,assure François-Xavier Perin, président du directoire de RATP Dev. La filiale de développement de la RATP pose aussi de beaux jalons pour exploiter le futur métro de la ville, dont l’appel d’offres devrait tomber au début 2015, toujours via cette société commune baptisée Public Transportation Company. On l’a oublié, mais en 2008, RATP Dev avait remporté l’exploitation du tramway du quartier d’Al Sufouh à Dubaï. La crise ayant stoppé ce projet, lorsqu’il a été relancé en 2013, un nouvel appel d’offres a été remporté par l’anglais Serco, « qui a remis une offre complètement en dessous de la nôtre »,rappelle François-Xavier Perin. Par ailleurs, le partenariat avec Saptco, opérateur d’autocars intercity, remonte à 2010.
Concrètement, dans la ville de 5,7 millions d’habitants, actuellement asphyxiée par la pollution, où malgré des autoroutes urbaines à 2 fois 4 voies qui quadrillent la ville tous les 4 blocs d’immeubles, on roule au pas la moitié de la journée, il y a un défi à relever. L’autorité organisatrice ADA (ArRiyad Development Authority) « a l’ambition de faire de ce réseau de bus une référence mondiale avec une qualité de service haut de gamme »,précise le patron de RATP Dev à sa descente de l’avion en provenance de Riyad. Le réseau de bus aura par ailleurs une grosse influence sur la transformation de l’urbanisme de la ville, qui n’a par exemple pas de trottoirs, d’où d’importants travaux d’infrastructure à prévoir. Le réseau devra être progressivement mis en service en trois phases à partir de début 2017 pour proposer au final 92 lignes, dont 4 BHNS, 2 lignes circulaires, 70 lignes de rabattement (fixes et en transport à la demande) exploitées par un millier de bus, offrant 90 millions de kilomètres commerciaux chaque année. Les véhicules choisis, des Mercedes et de MAN, seront à la norme euro 5 ou 6 et bien sûr climatisés, tout comme certaines stations. Le contrat court ensuite jusqu’en 2027 pour l’exploitation et le transfert de compétences aux saoudiens.
Montant total : 1,675 milliard d’euros. Mais RATP Dev a choisi de ne prendre que 20 % de la société Public Transportation Company, si bien qu’elle en retirera un petit 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel qu’elle ne consolidera pas dans ses comptes « Nous estimons raisonnable de démarrer avec une positon minoritaire dans notre premier dossier saoudien. En revanche pour le futur métro, nous aurons 80 % de la société commune avec Saptco »,poursuit François-Xavier Perin. Elle comptabilisera en revanche 20 % du résultat, sachant que la marge est « assez substantielle ».
Pour autant, 14 des 20 cadres locaux seront des expatriés. Le transfert de savoir-faire permettra, espère-t-on, « par un effet boule de neige, de nous implanter ensuite ailleurs au Moyen-Orient grâce à ces cadres locaux que nous aurons formés »,explicite le patron. Et comme il y a du sens à intégrer métro et bus dans la ville, il est optimiste pour le contrat d’exploitation et de maintenance du futur métro, 6 lignes totalisant 176 km, (en construction pour 22,4 milliards de dollars), attendues pour 2018, « même si l’on attend sans aucun doute une compétition internationale de haut niveau. »Dans la zone, identifiée depuis longtemps comme à fort potentiel de développement, RATP Dev a des vues sur plusieurs projets importants, en Arabie Saoudite : des métros (Riyad donc, mais aussi La Mecque ou Djedda) et des bus (à Djedda, Médine, Dammam). Mais il y a aussi le métro et les trams de Doha au Qatar, actuellement en construction. « Nous avons prévu de nous présenter en groupement avec Keolis à ces appels d’offres attendus fin 2015 »,précise-t-il. Ou encore les futurs TCSP d’Abu Dhabi et de Dubaï dans la perspective de l’exposition universelle de 2022…
En attendant, même si elle n’est pas intéressée financièrement à la fréquentation, RATP Dev devra faire monter 120 millions de voyageurs par an dans ses bus à Riyad, c’est l’estimation de l’autorité organisatrice. A priori peu avec un réseau de 1000 bus. Mais au-delà du challenge technique, que la RATP ne devrait pas avoir de mal à relever, il y aura le challenge culturel. Au pays du pétrole, 2 % à peine des déplacements se font autrement qu’en voiture, c’est-à-dire en minibus sauvage ou en bus affrété par les entreprises pour leurs travailleurs. Le nouveau réseau devrait proposer un ticket à un prix symbolique et il pourra à coup sûr compter sur une population captive à Riyad : les femmes qui n’ont pas le droit de conduire.
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