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Keolis devrait prochainement exploiter un métro à Shanghai
En signant le 5 décembre à Shanghai une lettre d'intention sur le futur centre de formation de Keolis à Lyon, qui doit accueillir une partie de son personnel, la société de métro de Shanghai (Shentong Group) en a dit un peu plus sur ses ambitions
La société chinoise, qui a mis sur pied en mars dernier une joint-venture avec Keolis (baptisée Shanghai Keolis), poursuit le développement à grande vitesse de son réseau. Exploitant déjà le métro le plus long du monde (540 kilomètres environ sur 10 lignes), Shanghai Shentong Metro Group prévoit qu'il dépassera les 800 km d’ici à 2020.
Parmi les projets, la ligne 8 doit être prolongée avec une mise en service prévue mi-2017. Le choix de l’exploitant devrait être connu d’ici à février. Mais d’ores et déjà les dirigeants de Shentong Group ne cachent pas leurs intentions de retenir Keolis pour exploiter cette ligne qui fonctionnera sans conducteur. « Nous avons émis la perspective que Shanghai Keolis soit l’exploitant », indique l’un de ses dirigeants.
Shanghai Keolis a déjà participé à l’automatisation de la ligne 10 du métro, une première en Chine même si un conducteur se trouve toujours présent à bord, contexte culturel oblige. Shanghai Keolis a ainsi réalisé un audit de sécurité avant la mise en fonctionnement.
Second projet bien engagé, Shanghai Keolis pourrait exploiter un système de métro léger reliant les terminaux de l’aéroport de Shanghai (aujourd’hui deux terminaux, prochainement trois). "Les responsables de l’aéroport ont déjà indiqué que ce projet serait porté par Shentong Group. Shentong Group est en train de réfléchir à la possibilité d'en confier l’exploitation à Shanghai Keolis », précise Chen Bin, ingénieur en chef adjoint du groupe Shentong, également président de Shanghai Keolis.
Shentong Group a des visées encore plus larges pour cette joint-venture. « Notre ambition est que cette Shanghai Keolis développe nos affaires en Chine et en Asie. Nous allons bientôt aboutir à des projets concrets. Nous n’excluons pas des projets dans le monde entier !». Parmi les marchés asiatiques visés, la Thaïlande figure en bonne place.
Côté Keolis, c’est la suite logique d’une stratégie engagée depuis quelques années pour s’implanter en Chine, un marché très fermé dans lequel mieux vaut passer par des partenariats. L’entreprise française a commencé par s’installer à Wuhan, dans le centre du pays, où elle accompagne la construction (puis elle accompagnera l’exploitation) du futur hub multimodal de l’aéroport. Une joint venture a été créée dans ce but avec la société d’investissements et de transport de Wuhan. Un contrat très important puisqu’il doit permettre à Keolis de passer d’une logique d’assistance à une logique d’exploitation. Les transports publics sont en effet appelés à se développer de façon considérable en Chine et Keolis compte bien en prendre une part. Les tramways en particulier devraient connaître un bel essor dans les prochaines années, un domaine où les Chinois manquent d'expérience. 60 km de ligne de trams en projets à Wuhan pourraient ainsi se concrétiser dans les 5 ans. A Shanghai aussi, il est prévu un vaste programme de trams : 800 km de ligne d’ici à 2015. Sur l’ensemble de la Chine, on estime que les tramways devraient représenter 2000 km à l’horizon 2020. Il n'y en a qu'une quarantaine de kilomètres aujourd'hui.
Autre axe de développement : les trains intercités, qui devraient relier Wuhan à ses huit villes satellites qui se situent de 40 à 100 km de là et dont l'ensemble représente plus de 30 millions d'habitants. Le 3 novembre dernier, Keolis a signé une lettre d'intention avec la province du Hubei concernant ces trains de banlieue. Là encore, il s'agit d'un partenariat basé sur les échanges d'informations entre partenaires, notamment dans les domaines techniques. En espérant un jour aller plus loin. Enfin, les métros, notamment les métros automatiques appelés à se développer en Chine, sont aussi dans le viseur de Keolis.
Un marché colossal pour Keolis qui rappelle que l'entreprise est "dans une logique de temps long".
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