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C'est, en pourcentage, la proportion de cheminots qui estiment qu'en matière de sécurité des circulations, le niveau « régresse ». Et c'est l'un des résultats d’une enquête dite « de perception », destinée à évaluer le« ressenti » des cheminots. Commandée à l’institut Opinion Way… en septembre-octobre, elle s’adressait à tout l’effectif de l’entreprise.
Ils sont aussi 89 % à considérer comme « bon » le niveau que la SNCF garantit à ses clients, 61 % à estimer que le niveau de sécurité est stable ou progresse. Reste que, sur les 152 591cheminots sollicités, la très grande majorité (70 %) des 52 384 qui ont tenu à donner leur avis en prenant le temps de répondre à 40 questions sont tous des acteurs directs ou des manageurs mettant eux-mêmes en œuvre des procédures de sécurité dans leurs différents métiers. Des gens qui savent de quoi ils parlent.
Baptisée « Voie libre. Modernisons notre sécurité », l’enquête d’une ampleur inédite et particulièrement fouillée invitait à fournir des réponses de manière anonyme sur Internet. Il s’agissait, « non pas d’un petit sondage avec un panel limité mais de se mettre, explique Pierre Izard, le directeur général Sécurité et qualité du système ferroviaire à la SNCF, à l’écoute du terrain. On a été attentifs, ajoute-t-il, à ce qu’avait fait Air France après l’accident du Rio-Paris auprès des pilotes et techniciens sécurité. Mais on a voulu le faire à l’échelle de toute l’entreprise. »
Pour identifier d’éventuels maillons faibles dans les systèmes. Et mieux déterminer quels leviers, selon l’appréciation des agents eux-mêmes, permettraient de progresser.
Si 77 % considèrent que la SNCF a « des objectifs ambitieux » en matière de sécurité, ils sont 42 % à estimer qu’elle ne se donne « plutôt pas » ou « pas du tout » les moyens pour atteindre « un très haut niveau ».
Côté indice de confiance : « 91 % ont confiance dans des procédures » de sécurité qu’ils sont 95 % à bien comprendre grâce à une bonne formation. 95 % d’entre eux déclarent aussi disposer « de compétences sécurité suffisantes pour tenir (leur) poste ». Ils n’en pointent pas moins une trop grande complexité des référentiels (la documentation) qu’ils doivent maîtriser.
Ils ont aussi une quasi pleine confiance dans leurs collègues d’équipe (95 %). Et 81 % se fient à ceux des autres entités. Une confiance qui s’effondre, on le notera, du côté des sous-traitants : ils ne sont plus que 21 % à la leur accorder. Quant à la direction (proportionnellement à son éloignement ? ) ils lui font confiance à 64 % dans ce domaine.
Et comment les choses sont-elles ressenties entre les deux, c’est-à-dire au niveau de l’encadrement ? Même si 18 % considèrent que leurs managers « n’agissent pas suffisamment » pour améliorer les pratiques de sécurité et que seuls 30 % se tournent vers eux « en cas de doute », ils évaluent pourtant à 87 % comme « bonne » leur gestion de la sécurité. Ce qui ne les empêche pas d’être « en attente de plus d’échanges, d’anticipation et de valorisation de la part de leur encadrement direct », relèvent les conclusions de l’enquêteur.
Ils attendent aussi des moyens mieux associés à la réalité du terrain : des outils de gestion plus performants (outils de veille, audits sécurité et traitements des retours d’expérience). Actuellement, 17 % des personnes interrogées considèrent même comme « mauvais » les outils qui sont en place.
Et que pensent les questionnés de leurs pratiques personnelles ? On notera qu’à l’importante question : « Vous arrive-t-il de ne pas appliquer à la lettre certaines procédures ? », 52 % déclarent « non pas du tout ». Mais 32 % refusent de se prononcer. Et 15 % déclarent ne pas le faire « fréquemment ou de temps en temps ».
Pierre Izard estime l’ensemble de ces résultats à la fois « rassurants mais aussi stimulants. Ils mettent en évidence des progrès à faire, dit-il. Parce que c’est l’excellence qu’on recherche ». Placée actuellement au 5e rang européen, la SNCF assure qu’elle entend monter dans le trio de tête des réseaux les plus sûrs (lire page ??). Pour elle, les résultats de cette enquête viennent conforter les engagements du programme Vigirail en matière de nouveaux moyens de contrôle et de traçabilité dans la surveillance des infrastructures. Ou encore de création d’une plateforme d’écoute et de traitement des anomalies observées…
Des anomalies qui seront dans la ligne de mire du général Frédéric Castay. (lire page ??). Il occupera un poste d’inspecteur général sécurité – hors hiérarchie – tout en haut de la nouvelle organisation de l’entreprise qui se met en place. Et dès janvier, dans le cadre de cette nouvelle organisation, les résultats de cette enquête seront présentés aux organisations syndicales.
Chantal Blandin
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