La SNCF frôle l’accident deux fois le même jour

Le 9 décembre, à quelques heures d’intervalle, la SNCF a vécu deux incidents dont les conséquences auraient pu être graves. Le premier s’est produit… class= »MsoNormal » style= »tab-stops:212.65pt »>
juste après qu’un TER, transportant notamment des classes de collégiens, ait quitté la gare de Tende (Alpes-Maritimes) vers 12h02. Connu sous le nom de train des Merveilles, ce TER  s’est retrouvé quasiment nez à nez avec un train de Trenitalia reliant Coni à Vintimille et arrivant dans l’autre sens. Heureusement, le train français roulait à faible allure. Et heureusement, il faisait encore jour : en voyant un train arrêté face à lui sur la même voie, le conducteur de la SNCF a pu arrêter son TER à temps. Les deux trains se sont retrouvés à 50 mètres environ l’un de l’autre.

Interrogée par Ville, Rail et Transports, une porte-parole de la SNCF de la région Paca confirme l’incident mais renvoie à l’enquête en cours pour en connaître les causes. Il semble d’ores et déjà acquis qu’un conducteur aurait franchi un signal fermé. En d’autres termes, il a franchi un feu rouge alors qu’il aurait dû s’arrêter.

Quelques heures auparavant, à 6h12, cette fois en Ile-de-France, on aurait aussi « frôlé l’accident ». Selon le syndicat SUD-Rail de Paris Saint-Lazare, un train du RER A, à hauteur d’Achères, dirigé par un dysfonctionnement de la signalisation sur une voie de service, franchissait un aiguillage et s’engageait dangereusement sur une voie de service à 87 km/h au lieu des 30 km/h autorisés. Malgré la réaction  immédiate du conducteur qui, apercevant l’aiguille en mauvaise position, déclenchait le freinage d’urgence, le train la franchissait à 87 km/h. « A cette vitesse, il aurait pu se dérailler et se coucher. L’aiguille et la voie auraient pu ne pas tenir. Et par chance, engagé sur cette voie de service, le train stoppait avant de rencontrer un obstacle », ajoute SUD-Rail, qui publiait quelques heures plus tard un communiqué : il a fallu évacuer plus de 120 voyageurs du triage pour les ramener en gare d’Achères et le problème provoquait l’arrêt des circulations pendant près de deux heures.

Pourquoi ce fourvoiement ? Les premiers éléments de l’enquête interne, toujours selon le syndicat relèveraient « une anomalie de signalisation à la suite de travaux électriques effectués la nuit précédente ». Et le syndicat de pointer les moyens humains :  « il apparaît, que l’équipe intervenant sur ces travaux était en sous-effectif (3 cheminots au lieu des 4 nécessaires dans ce type d’intervention )». L’enquête devra établir si toutes les vérifications obligatoires avant de rendre la voie à la circulation après le chantier avaient pues, ou dues, être faites, explique Gérard Magnin représentant de Sud. Interrogée, la SNCF de son côté, se refusait à tout commentaire au sujet d’une enquête qui était encore en cours.

   « Ces travaux consistaient à remplacer un gros câble dont l’isolement était jugé trop faible. A la suite du fameux rattrapage de Denguin en juillet des mesures de vérification et de sécurisation de tels câbles ont été décidées. Il faut éponger le retard pris depuis longtemps. Cela provoque un surcroît de travail, commente Gérard Magnin. Et même si, reconnaît-il, « de nouvelles embauches ont été faites, il faut deux ou trois ans pour former ces nouvelles recrues. Il faut trop souvent travailler dans l’urgence. On va de priorité en priorité. Et parfois cela nous commence à nous inquiéter ».

Chantal Blandin et Marie-Hélène Poingt

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