Document exclusif. 750 millions de commandes en 2019 selon Pepy

Guillaume Pepy réplique. La FIF (Fédération des industries ferroviaires), Syntec-Ingénierie et la FIM (Fédération des industries mécaniques) ont alerté ensemble…  

début décembre  sur les risques très graves encourus par la filière ferroviaire du fait de la chute de l’activité. Le président du directoire de la SNCF a adressé le 9 décembre à Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports, une « Note sur le plan de charge matériel de la filière ferroviaire », faisant le point sur les commandes de l’entreprise publique. Courrier que VR&T s’est procuré.

Dans sa note Guillaume Pepy rappelle que selon le comité stratégique de filière ferroviaire du 19 novembre, les industriels redoutent une baisse d’activités, de 1,4 Md € en 2013 à 300 M€ en 2018, et une absence de visibilité sur tous les segments dépendant de la SNCF.

De fait, pour Guillaume Pepy, « une période de forte activité s’achève ». Période de dix ans, avec une moyenne annuelle de 1,3 Md€ par an, qui  correspond à « un renouvellement quasi intégral du parc des trains régionaux d’une part, porté par une croissance importante du trafic, à la poursuite du développement du réseau TGV d’autre part, et enfin au renouvellement du matériel francilien en région parisienne (Bombardier) » là aussi dans un contexte de croissance .

Mais, aujourd’hui, 90% des matériels régionaux seront « neufs ou renouvelés fin 2016» Parallèlement, à cet effet de cycle, l’apparition de nouvelles concurrences (co-voiturage déjà là, autocar en vue) conduisent à réviser à la baisse les estimations sur le trafic voyageur. Les nouvelles concurrences  « menacent l’équilibre économique de l’activité ferroviaire par ailleurs affectée par la hausse des péages". De plus, la baisse des capacités de financement de l’Etat ou des régions pèserait « sur de nouvelles commandes, si elles étaient nécessaires». Quant au trafic fret, s’il reprend, assure Guillaume Pepy, 100% des locomotives sont neuves.

Aussi, pour le président de la SNCF, la « situation est en ligne avec la vision exprimée par la FIF » même s’il rappelle qu’il faut ajouter aux 300 M€ de commandes le volume  de la RATP ou la part de maintenance de la SNCF, qui se monte à 600 M€

Cependant, plaide Guillaume Pepy, « la situation ne peut se limiter aux commandes fermes ».« Nous devons nous projeter en considérant tout ou partie des nouveaux programmes en cours d’instruction », projection à  conduire « avec prudence ».

Trois points sont mentionnés par Guillaume Pepy.

Le renouvellement des trains Intercités, en complément des rames Regiolis déjà commandées, qui pourrait porter sur 60 à 90 rames, « avec des livraisons prévues plus tardivement entre 2022 et 2025 ». Sur ce point, tout dépend de l’Etat,  autorité organisatrice de ce trafic.

Autre sujet, le RER 2N NG, avec « 70 rames livrées à partir de 2019, options  non comprises, indispensable pour le projet Eole ».

L’activité TGV est, de plus, « confirmée au delà du carnet de commandes d’une dizaine de rames s’achevant en 2019 », avec le programme TGV du futur.

Ce scénario, « le plus probable » conduit à un volume de commandes de 750 millions d’euros en 2019. Beaucoup plus que les 300 millions actuellement enregistrés. Mais seulement un peu plus de la moitié du volume actuel… La chute, même un peu amortie par des commandes à venir, reste donc très forte, et Guillaume Pepy invite la filière, d’une part à de sérieux efforts de productivité, d’autre part à travailler à la standardisation des produits, le double effort permettant d’être plus fort sur les marchés étrangers qui apparaissent comme une plance de salut.

Les industriels n’ont pas réagi à ce courrier. Ils ont demandé, sans succès jusqu’à présent, à être entendus par Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et de l’Industrie. Ils doivent être prochainement reçus par Alain Vidalies. Malgré la réalité de la crise et des nouvelles concurrences, ils pourraient bien s’étonner auprès de lui de l’écart entre les futures commandes aujourd’hui envisagées et la perspective tracée dans la foulée du Grenelle de l’Environnement, quand la SNCF prévoyait un quadruplement du trafic régional entre 2008 et 2030, ou quand l’Etat estimait à 3,5Md€ le besoin de renouvellement du parc Corail pour les TET.  S’agissant du matériel TER, une partie du le problème vient selon eux de l’ingénierie financière et de l’inflation ferroviaire

Ils jugent aussi que les besoins en matériel neuf en Ile-de-France ne se résument pas au RER 2N NG, et qu’un parc ancien  (VB2N, Automotrices 6400, Z2N) est encore important avec des matériels de 30 voire de 40 ans d’âge

Ils espèrent la définition rapide du cahier des charges du TGV du futur, espèrent pour mieux répliquer à la libéralisation des autocars la mise en place d’une expérimentation de la concurrence dans les TET, afin de relancer l’activité sur ce segment. Ils escompent enfin une accélération de la mise en œvre du Grand plan de modernisation du réseau.

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