L’époque est aux drones. Difficile d’y échapper entre le survol, interdit, de Paris, deux nuits de suite, les 23 et 24 février, l’arrestation…
le 26 février de journalistes travaillant pour la chaîne de télévision qatari Al-Jazeera, la confiscation de l’engin d’un restaurateur du nord de Paris, et le lancement , le 26 février, d’un bimestriel consacré aux drones civils, premier magazine du genre en France, Drone Multirotor, par le groupe de presse Hommell, destiné aux professionnels comme aux passionnés.
Hasard du calendrier, la SNCF a annoncé, le 24 février, un partenariat avec l’Onera, un centre de recherche dans le domaine aéronautique et spatial, sous la tutelle du ministère de la Défense.
Pourtant, l’entreprise publique s’intéresse depuis déjà une demi-décennie, à ces engins volants qui défraient aujourd’hui la chronique. Avec des vues autant professionnelles que pacifiques.
La première idée a été de confier à des drones la surveillance des voies avec des caméras thermiques embarqués, en réaction aux vols de cuivre. Deuxième mission, l’observation d’ouvrages d’art, difficile d’accès, en vue de leur maintenance.
Aujourd’hui, SNCF Réseau envisage de systématiser l’utilisation de drones. Elle mise sur ce partenariat de cinq ans, doté de quatre millions d’euros, pour imaginer et tester un outil d’aide à la maintenance avec le concours de ces engins, capable aussi bien de vérifier le profil d’une voie, après un épisode climatique violent, que d'organiser la coupe préventive des arbres qui longent la voie, en évaluant la croissance de chaque essence, avant qu’ils n’engagent le gabarit ou qu’ils ne tombent sur la caténaire.
Si l’Infra a acquis une expérience de l’utilisation de drones à travers les tests sur le viaduc de Roquemaure en 2013, et à Lavaur, sur la ligne Albi-Toulouse, elle compte sur les connaissances de l’Onera en matière aéronautique, notamment pour le futur. Et par exemple pour définir s’il est plus judicieux d’employer un drone puissant embarquant plusieurs types de capteurs (3D, thermiques, etc) ou une "escadrille" de drones plus petits mais dotés d’un seul type de capteur qui se coordonneraient entre eux. Sachant que les données ne sont pas collectées à la même fréquence.
La durée du partenariat peut paraître longue, au regard de l’évolution du matériel. C’est pour cela que les objectifs seront régulièrement réévalués. Déjà, les drones sont passés du statut d’engins volants équipés de simples appareils photos, puis de caméras, à celui de capteurs sophistiqués, adaptés aux besoins et aux utilisations de la SNCF, et, accessoirement capables de voler.
L’étape ultime serait d’avoir des drones automatisés capables d’organiser leurs tournées d’inspections. Mais cela reste encore une utopie. Question d’éthique plus que de technique. L’homme veut (doit ?) encore garder la main sur les drones.
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