Cession d’Eurostar : « well done », selon Londres

Le gouvernement britannique a retenu un consortium composé de deux fonds d'investissement, CDPQ (Caisse de dépôt et placement du Québec) et Hermes Infrastructure…  

pour acheter les parts qu’il détient dans Eurostar. L’opération, dévoilée le 4 mars, doit rapporter 1 milliard d'euros et s'inscrit dans un plan de privatisations de 27,5 milliards d'euros, en vue de réduire la dette du Royaume-Uni, a précisé le Trésor dans un communiqué. Soit un montant plus élevé que ce qui était prévu lorsque le processus de cession avait été lancé l'an dernier. « Il s'agit d'une excellente opération pour les contribuables britanniques, qui dépasse nos attentes », a déclaré le ministre des Finances, George Osborne.

CPDQ et Hermes Infrastructure vont ainsi acquérir les 40% de capital détenus par Londres dans la compagnie ferroviaire transmanche pour 804 millions d'euros. De plus, Eurostar a accepté d’acheter 236 millions d'euros l'action préférentielle du gouvernement.

CDPQ est un fonds de pension canadien qui gère plus de 200 milliards de dollars canadiens d'actifs, et qui a notamment une participation de 30 % dans Keolis en partenariat avec la SNCF. Hermes Infrastructure est détenu par le fonds de pension de British Telecom.  Tous deux sont associés au sein du consortium Patina Rail. Dans un communiqué, ils précisent qu'ils devraient détenir in fine des participations respectives de 30% et 10% dans Eurostar.

Les opérateurs ferroviaires français SNCF, qui détient 55% du capital d'Eurostar, et belge SNCB, qui possède les 5% restants, ont encore la possibilité d'acheter la participation britannique, en usant d'un droit de préemption dans les 20 jours qui viennent, à condition de débourser 15% de plus que le prix convenu avec CDPQ et Hermes Infrastructure

Toutefois, contactée par l'AFP, la SNCF a indiqué qu'elle proposera à son prochain conseil d'administration, à la fin du mois, de ne pas exercer son droit de préemption. La SNCB n’en aurait pas non plus l’intention.

Selon un proche des négociations, cette cession va aboutir à un accord d'actionnaire avec le nouveau partenaire :"Alors qu'auparavant, il était nécessaire d'obtenir l'accord du gouvernement britannique sur toute une série de décisions, avec ce nouvel actionnariat, la SNCF va renforcer son contrôle. Elle passe d'un contrôle conjoint à un contrôle exclusif".

« Ce nouveau consortium est un excellent choix pour Eurostar. La participation d’Hermès garantit un ancrage britannique à notre actionnariat, et CDPQ apporte son expérience internationale ainsi qu’une collaboration réussie avec SNCF. Avec cette annonce, nous pouvons être très confiants quant à notre avenir puisque CDPQ et Hermes Infrastructure sont des investisseurs stratégiques stables qui ont adhéré à notre stratégie et vision d’entreprise », confirme de son côté Eurostar.
Cette transaction doit maintenant obtenir le feu vert de la Commission européenne. Le gouvernement britannique a indiqué qu’il avait pour objectif de finaliser le transfert de sa participation à CDPQ et Hermes Infrastructure d'ici à la fin du deuxième trimestre.

[email protected]

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *