Transdev : après la restructuration, l’accélération

« Transdev est en avance sur son plan de marche », se félicite Jean-Marc Janaillac. Selon le président de l’opérateur de transport public, « les objectifs financiers sont atteints avec un an d’avance » Ainsi, en 2014, Transdev est sorti du rouge, en enregistrant un bénéfice net part du groupe de 24 millions d’euros. Un vrai retournement de tendance depuis la fusion entre Veolia Transport et Transdev en 2011 qui avait nécessité un plan de restructuration. La perte se montait encore à 130 millions d'euros en 2013.

Parallèlement, l’endettement, qui était de 1,9 milliard d’euros en 2012, est passé sous la barre des 900 millions d’euros. Reste maintenant à sortir de la SNCM, la compagnie maritime qui pèse depuis des années lourdement sur les comptes de Transdev, l'actionnaire principal. Le tribunal de commerce de Marseille doit statuer le 22 avril, alors que trois repreneurs potentiels se sont manifestés.

Au niveau de l’activité, le ménage a été fait. Après les cessions en Europe centrale en 2013, ou encore en Belgique en 2014, la politique de recentrage stratégique et géographique est désormais achevée. « Cela nous permet de conserver nos activités en Allemagne et en Suède et de renforcer nos références rail », indique la direction.

Le chiffre d’affaires s’est contracté de 4,2 % l’année dernière par rapport à 2013, notamment après les pertes de contrats aux Pays-Bas et aux Etats-Unis (à Boston). « Mais globalement, le taux de renouvellement de nos contrats a été particulièrement élevé », assure Jean-Marc Janaillac. Le chiffre d’affaires s’élève désormais à 6,6 milliards d’euros (selon les normes IFRS). Le groupe prévoit pour 2020 de dépasser les 8 milliards, grâce à « la croissance des activités coeur du métier du groupe (bus, car et tramway) et du développement d'activités nouvelles en France (cars longue distance, ferroviaire) et dans le monde (transport à la demande) ».

Actuellement 75 % de l’activité est réalisée en Europe. « La France est de loin notre principal marché et nous en sommes fiers, souligne Jean-Marc Janaillac. Nous ne faisons pas de course à la taille. Nous gardons nos contrats à condition qu’ils soient rentables », ajoute-t-il faisant une allusion à peine voilée à son principal concurrent Keolis. D’où la décision par exemple de sortir du contrat signé avec Valenciennes trop déficitaire. Un contrat remporté à la fin de l’année dernière par RATP Dev.

Au chapitre des succès enregistrés l’an dernier, le gain du métro automatique CDG Val de Roissy est présenté comme stratégiquement important pour pousser la porte du Grand Paris lorsque les appels d’offres sur l’exploitation du futur métro automatique seront lancés.

La page de la restructuration étant tournée, c’est maintenant l’heure du développement. Le groupe souhaite se renforcer dans le transport ferroviaire, qui représente actuellement 10 % de son revenu. Il va répondre à des appels d’offres importants en Suède et en Allemagne. La France qui finira bien par ouvrir son secteur ferroviaire à la concurrence est aussi en ligne de mire. « Nous souhaitons que la concurrence s’ouvre pour les trains d’équilibre du territoire et les trains de nuit, non pas dans une démarche d’open access mais dans le cadre de délégations de service public », indique Jean-Marc Janaillac.

Transdev se prépare aussi à l’ouverture à la concurrence dans le transport par autocar longue distance, via sa filiale Eurolines. Le groupe desservira « une quarantaine de villes en France », souligne Laurence Broseta, la directrice générale France. Des dessertes appelées à s’étendre progressivement.

Enfin, à l’international, le groupe cherche à s’implanter sur de nouveaux territoires. Il a par exemple déjà répondu à des appels d’offres avec RATP Dev, son partenaire en Asie, pour l’exploitation de bus à Singapour ou de la ligne 2 du métro de Manille.

« En 2015, nous regardons où nous pouvons nous développer. En 2016, nous déciderons », résume Jean-Marc Janaillac. Dans les pays dits émergents, en Asie et en Amérique latine, Transdev souhaite se développer, que ce soit dans le cadre d’exploitations en propre ou en joint-venture avec RATP Dev. Les pays de la zone Asean, où des prospects sont en cours, sont particulièrement dans le viseur.

[email protected]

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *