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LGV Tours – Bordeaux. Jean Auroux souhaite que la SNCF et Lisea se parlent enfin
Dans l’interview qu’il a accordée à VR&T, Jean Auroux, qui a été mandaté par la SNCF pour faire le tour des collectivités locales et trouver un compromis au sujet des dessertes, explique comment il compte faire aboutir sa mission
Ville, Rail & Transports. Où en êtes-vous de votre mission ?
Jean Auroux. Je suis en train d’achever mon tour de France de l’Ouest Atlantique. Je pense que je serai prêt à la fin du mois. J’aurai vu tous ceux que je dois rencontrer. Par ailleurs, je reçois beaucoup de lettres, de dossiers, de documents que je fais analyser. Je suis donc entré dans la phase finale de ma mission.
Durant la première quinzaine de juin, je referai le tour des cinq régions concernées pour leur présenter mes propositions. Puis ces propositions seront soumises à l’avis des intéressés locaux. Puis bien sûr à la SNCF et au gouvernement qui les analyseront. Nous allons donc respecter notre calendrier qui est d’aboutir à une décision finale fin juin.
VR&T. Avez-vous déjà une idée de ce qui pourrait être proposé ?
J. A. Il faudra trouver plusieurs compromis, à la fois auprès de Lisea, de la SNCF et des collectivités locales. Tout le monde devra avoir le souci du compromis car il y a des demandes contradictoires, y compris entre collectivités elles-mêmes !
Je devrais faire la synthèse entre ces demandes contradictoires. Car tout le monde ne pourra pas avoir un TGV direct arrivant avant 9 h ! Il y a 50 collectivités concernées, ce n’est pas possible.
Mais il y a des solutions intermédiaires et des collectivités ont bien compris cela. Il y a un compromis à trouver qui soit le plus acceptable pour tous.
VR&T. Votre travail sera-t-il influencé par les conclusions de la commission Duron ?
J. A. J’ai rencontré Philippe Duron, et c’est vrai qu’un certain nombre des conclusions de son rapport seront importantes. Elles devraient permettre d’apporter plus de cohérence entre LGV, Intercités et TER. A l’avenir, il y aura sûrement des TER nouvelle génération. Tout cela doit entrer en ligne de compte pour envisager la LGV Tours – Bordeaux.
VR&T. La perspective de fusion des régions peut-elle vous aider ?
J. A. C’est incontestable. L’Aquitaine, Poitou-Charentes et le Limousin ne feront plus qu’une, de même que Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. On ne pourra plus faire l’impasse sur la cohérence du réseau. Ne serait-ce que pour accorder les horaires et les correspondances.
Pour Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin, il y a un consensus politique assez global pour accepter que la capitale régionale soit Bordeaux. Les anciennes capitales, comme Poitiers et Limoges, seront fondées à demander des liaisons satisfaisantes avec Bordeaux.
VR&T. Avez-vous également un rôle de facilitateur entre la SNCF et Lisea ?
J. A. Cela ne fait pas partie de ma mission. Mais cela s’impose. La SNCF et Lisea se voient mais ils ne négocient pas. Je préférerais qu’il y ait des relations plus confiantes et plus ouvertes entre eux. Il faut qu’ils se parlent enfin.
Mais derrière tout cela, il y a un désaccord dès l’origine du projet car la SNCF n’a pas été associée à l’accord sur le niveau de desserte entre l’Etat et Lisea. Cette situation n’est pas soldée. C’est le péché originel du projet.
VR&T. Le récent avis négatif sur le prolongement de Tours – Bordeaux ne rend-il pas plus difficile votre mission ?
J. A. Pour moi, ce prolongement est dans la logique du dispositif, sa justification : il faut inscrire ce projet dans l’ouest de l’Atlantique, dans le réseau européen à grande vitesse. Mais il est obéré par des considérations financières. On n’est pas obligé de le faire avec un PPP. C’est un dossier européen, le financement européen devrait être substantiel. Les Espagnols l’attendent.
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