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Les autocaristes allemands font leur chemin en Europe
Flixbus, le numéro un du marché allemand de l’autocar longue distance veut développer son réseau en Europe et notamment en France. Postbus, lui, s’allie à Eurolines. Exporter en Europe son succès « made in Germany », tel est le credo d’André Schwämmlein pour MeinFernbus Flixbus, le groupe qu’il dirige. Avec 10,5 millions de passagers en 2014 (contre 3,3 millions en 2013), la start-up, fondée en 2011 et qui a fusionné avec son concurrent MeinFernbus cette année, domine un marché allemand de l’autocar longue distance libéralisé en 2013. Lors d’une conférence de presse à Berlin, le groupe a détaillé ses objectifs. Au menu, une internationalisation qui passe par Copenhague (Danemark) ou Malmö (Suède), mais aussi par l’Italie, les Pays-Bas ou la Belgique. Plusieurs liaisons continentales ne passant pas par l’Allemagne ont également vu le jour. La société dessert à ce jour 340 destinations.
De quoi aiguiser la concurrence sur un marché où un autre autocariste allemand a placé ses pions : Postbus a annoncé mi-mai son partenariat avec Deutsche-Touring, plus connu sous son enseigne Eurolines. Pour le premier, cela signifie 16 nouvelles villes européennes, et plus de 200 liaisons pour le second. « Aucun véritable concurrent n’a osé jusqu’ici se lancer sur les longues distances internationales, parce qu’elles sont vraiment plus complexes à gérer », déclarait Frank Zehle, qui dirige Deutsche-Touring,au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.
La France suscite bien des convoitises : Flixbus suit de près les débats autour de la loi Macron. « Nous jugeons positivement cette mise en place d’une libéralisation, souligne André Schwämmlein. L’exemple de l’Allemagne peut montrer les avantages d’une telle solution : elle crée des emplois, en régions et pas seulement à Berlin ou Munich. »
Les points les plus discutés du débat français n’ont pas échappé au groupe : « Nous sommes inquiets quant aux distances préconisées, reconnaît André Schwämmlein. Une limite fixée à 200 kilomètres [en dessous de laquelle une ligne d’autocar ne pourrait pas être mise en place, comme le préconise le Sénat, à la différence du ministre de l’Economie qui souhaitait placer la barre à 100 kilomètres, NDLR] serait très dommageable pour le marché et aurait un impact très négatif sur le nombre d’emplois créés. »
D’autres destinations sont dans le viseur de Flixbus : Lyon, Marseille (qu’il souhaiterait voir mises en place avant la fin de l’année) ou la Côte d’Azur. Si les lignes actuelles vers l’Hexagone, comme celle ralliant Dortmund dans la Ruhr à Paris, demeurent encore pilotées par des chauffeurs allemands, belges ou bataves, André Schwämmlein précise : « Nous menons des discussions avec de nombreuses entreprises françaises et nous rencontrons un intérêt pour travailler avec nous. »
Gilles BOUVAIST, à Berlin
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