A Bordeaux, les piétons sont de retour

Les bons résultats de « Marche à suivre », opération menée de septembre  2014 à février 2015, afin d’inciter à utiliser ses pieds plutôt que…

le tramway sur une courte distance encourageront vraisemblablement Keolis Bordeaux à mieux organiser la marche comme mode de déplacement à part entière et comme indispensable partenaire des transports en commun. « J’ai coutume de rappeler que 100 % de l’intermodalité est de la marche !raconte d’ailleurs Eric Chareyron, directeur Prospective, modes de vie et mobilité dans les Territoires du groupe Keolis. Il ne faut pas qu’elle devienne le maillon faible du transport public, ce qui est le cas quand le territoire urbain se révèle une jungle pour cheminer. »

Postulat de départ des chercheurs bordelais, qui avaient commencé à travailler sur le projet dès juin 2013 sous l’égide du Forum Vies Mobiles, l’institut de recherche soutenu par la SNCF : associée au loisir, à la flânerie, la marche souffre d’un déficit de crédibilité. Au quotidien, « la voiture et le tramway s’imposent pour diverses raisons : fatigue, habitude, facilité… ». S’associant à l’agence d’urbanisme de Bordeaux et à Keolis, le Forum Vies Mobile a donc exploré la possibilité de la faire accepter comme mode de transport sur un territoire bien délimité : entre les stations de tramway Hôtel de Ville, Mériadeck et Gambetta. Là où plus du quart des clients du tram profitent de la correspondance entre les lignes A et B pour effectuer en tram un trajet de 700 mètres que  l’on fait plus rapidement à pied, dès l’instant que l’attente du tramway est de 4 minutes au moins. L’enjeu était aussi de désaturer le tramway en heure de pointe : chaque jour, 3700 personnes le prennent juste pour deux stations.

Selon l’étude, les Bordelais acceptent de marcher 20 minutes maximum. 70 % de la population concernée s’est déclarée prête à marcher, si le parcours est aussi rapide qu’en transport en commun, en l’occurrence 8-9 minutes. Dans les faits, 20 % seulement ont mis leur promesse à exécution. Mais 9 personnes sur 10 ont été convaincues par la marche en centre-ville.

« On peut aisément imaginer quelle serait l’efficacité de dispositifs de plus grande ampleur,commente Sylvie Landrière, codirectrice du Forum. Pour un budget raisonnable : quelques panneaux d’information, des annonces sonores, et bien sûr un travail sur la définition des itinéraires les plus agréables et efficaces. »Pendant l’expérimentation, les Bordelais ont été pris par la main par tout un lot de panneaux, de guides papier et de visuels clignotants à la station de tram. De quoi « dessiner un futur dans lequel la marche sera un mode de déplacement crédible et désirable »,rêve de son côté le codirecteur du Forum, Christophe Gay.

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