Grenoble, ville 30 dès l’an prochain

Mettre au pas toute une agglomération, Strasbourg en avait rêvé il y a quelques années, Grenoble est sur le point de le réaliser. Le 15 septembre, 43 des 49 communes de la métropole grenobloise se sont en effet prononcées pour le choix d'une vitesse maximale dans les rues de 30 km/h au lieu de 50. « La logique c'est d'inverser la logique. Dans nos villes et nos villages, la vitesse sera limitée à 30 km/h et par exception, certains axes seront à 50 km/h », a indiqué Yann Mongaburu, le vice-président EELV de la Métro chargé des Déplacements. La règle qui devient l'exception est aussi l'expression employée par la Mairie de Paris qui multiplie les zones 30 dans la capitale. La nouvelle règle va se généraliser d'ici à l'été 2016, faisant de Grenoble la première agglomération de cette importance à entrer dans le club très fermé des « villes 30 » où figurent Lorient, Fontainebleau, Nogent-sur-Marne, Villecresnes, Rueil-Malmaison ou Sceaux. Mais aussi et surtout des villes comme Milan en Italie et Graz en Autriche, depuis 1992 !

Les premiers panneaux devraient faire leur apparition dans les rues dès janvier prochain. C'est grâce à la loi sur la transition énergétique et la croissance verte qui permet aux maires de fixer une limitation de vitesse différente de la limitation officielle de 50 km/h en agglomération que la mesure a pu être décidée. A Grenoble même, ce sont 80 % des voies qui passeront à 30 km/h dès le 1er janvier 2016, contre seulement 25 % aujourd'hui, a annoncé la commune, dont le maire EELV, Eric Piolle, s'est réjoui d'un : « Nous allons construire une ville respirable », dans un communiqué. Un premier magistrat qui peut aussi se targuer d'avoir réussi à rallier à sa cause les élus de tous bords politiques et notamment des grosses communes comme Echirolles et Saint-Martin-d'Hères, dirigées par des municipalités communistes.

La métropole grenobloise souligne qu'à 30 km/h, le risque de décès lors d'un choc est divisé par neuf par rapport à un choc à 50 km/h. De plus, « un véhicule atteint rarement les 50 km/h en ville. Ces quelques pointes de vitesse augmentent la consommation, le bruit de fond et la pollution de l’air pour finalement très peu d’effets sur la vitesse moyenne et les temps de parcours », ajoute la collectivité. « Il s'agit de dire que nos voies sont partagées entre tous les usagers, y compris les piétons », précise Yann Mongaburu.

L'association grenobloise ADTC Se déplacer autrement s'est réjouie de la mesure, « la première pour tendre vers une ville apaisée », qu'elle appelait de ses vœux de longue date. Mais « il faudra ensuite partager plus équitablement l'espace public pour qu'elle soit efficace », juge l'ADTC qui préconise que les axes empruntés par les bus restent à 50 km/h afin de ne pas dégrader leur vitesse commerciale. Car « cette dégradation augmenterait les coûts de fonctionnement du transport public et diminuerait son attractivité ».

Au-delà de la circulation, la métropole grenobloise affirme d'ailleurs vouloir « réinventer l’espace public » par la végétalisation, les aménagements pour les enfants, les personnes âgées et les cyclistes, les zones de rencontres, etc. Depuis l’arrivée des écologistes au pouvoir en mars 2014, Grenoble s’est fait remarquer l’an dernier en devenant la première grande ville européenne à bannir de ses rues les panneaux publicitaires afin de les remplacer par des arbres.

C. N.

 

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