Les réseaux de province touchés par des cas de prosélytisme

Après la révélation d'une montée du communautarisme islamiste au sein de certains dépôts de bus RATP, et d'attitudes sexistes à l'encontre de machinistes femmes, les langues se délient. Des conductrices du réseau de bus nantais la Tan, ont fait part de comportements qu'elles jugent inacceptables au quotidien Presse Océan le 19 novembre. Sous couvert de l'anonymat, elles dénoncent les mêmes faits que les machinistes féminines de la RATP : principalement le refus de leur serrer la main, de les saluer, de les croiser.

A Nantes, « un noyau d'une vingtaine de femmes à la Semitan est extrêmement remonté », rapporte une conductrice, affirmant qu’« il y a quatre hommes, musulmans, qui refusent de serrer la main aux conductrices et qui les évitent ».

Encadrer le fait religieux au travail reste une problématique pour les réseaux. Ainsi Alain Boeswillwald, directeur général de la Semitan, met en place des tables rondes sur le thème « travailler dans la diversité », explique-t-il au quotidien régional. Et précise : « Nous ne voulons pas aborder le sujet sur le seul angle de la religion mais plus globalement. Ce sujet n’est pas tabou, la meilleure façon est de l’aborder directement dans l’entreprise. »

Selon nos informations, des réseaux Keolis ont eu également à faire face ces dernières années à des comportements communautaristes, notamment à Lille, Strasbourg ou encore dans le Pays d'Aix. Aix-en-Bus aurait notamment découvert fin 2014 qu'un local était transformé en salle de prière, mais ne l'aurait pas sanctionné dans un souci d'apaisement.

Ce réseau compterait une vingtaine de chauffeurs « porteurs de signes ostentatoires de leur appartenance religieuse, tels que cheveux rasés, barbe longue et pantalon porté le plus court possible », selon une source bien informée. A Aix-en-Provence aussi, des responsables féminines se sont plaintes de comportements inadaptés à leur égard, notamment le refus de leur serrer la main.

Des situations qui rendent les rappels au principe de laïcité de plus en plus fréquents, et des réponses au cas par cas, dans le respect du code du travail, mais donnent rarement lieu à de fortes sanctions disciplinaires. Pourtant le prosélytisme religieux sur le lieu de travail n'est pas à traiter à la légère. A en croire Eric Denécé, directeur du think tank Centre français de recherche sur le renseignement, ce serait une première étape visant à « une prise de contrôle ». Cet ancien officier analyste des services de renseignement français décrit « le risque islamiste dans les entreprises » en trois étapes : « d'abord le prosélytisme religieux ; puis la prise de contrôle de la communauté musulmane au sein de l'entreprise ; enfin la remise en question des règles de fonctionnement de celle-ci pour imposer les valeurs islamiques. » Il cite notamment « le refus de certains salariés musulmans de reconnaître l'autorité de cadres quand il s'agit de femmes ». Avant de conclure que les entreprises devraient réagir comme elles le font contre le risque sectaire.

De son côté, la SNCF connaît également des situations similaires. « Quand les services de lutte contre le terrorisme nous informent que telle ou telle personne doit faire l’objet d’une mesure particulière, nous ne la licencions pas, mais en fonction de son poste, nous pouvons la déplacer », a expliqué Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, qui était interrogé sur ce thème par BFM le 20 novembre. Pas possible selon lui de laisser ces personnes occuper des « postes d’aiguillage, de conducteur, de fonction armée dans un service de sûreté… », a-t-il énuméré. Avant de lancer cette demande : « Mais ce serait mieux si un petit article de loi édictait des règles pour que ce soit blindé. »

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