Bartolone et Pécresse au coude-à-coude en Ile-de-France

Les derniers sondages donnaient Valérie Pécresse (LR-UDI) nettement en tête au premier tour, distançant un Claude Bartolone (PS) quasiment à égalité avec Wallerand de Saint-Just (FN). En fait, l’avance de Valérie Pécresse (30,5 %) est moins nette qu’annoncé, Claude Bartolone (25,2 %) résiste, et Wallerand de Saint-Just ne fait « que » 18,4 %. La gauche a des réserves de voix importantes avec Emmanuelle Cosse (EELV) à 8 % et Pierre Laurent (Front de gauche) à 6,6 %. Valérie Pécresse peut sans doute compter sur des électeurs de Nicolas Dupont-Aignan, mais le président de Debout la France (6,6 %), le soir du scrutin, affirmait qu’il ne donnerait aucune consigne de vote, et que ses électeurs n’étaient pas à vendre. Position nationale qui logiquement valait aussi pour l’Ile-de-France, où la liste DLF était précisément emmenée par le président du parti souverainiste, maire d’Yerres (Essonne).

La question des reports de voix est essentielle. Dans l’entretien qu’elle nous avait donné avant le scrutin, Valérie Pécresse soutenait que les programmes transports d’EELV et du PS étaient incompatibles : les écologistes refusent les lignes 17 et 18 du métro automatique de la SGP, soutenues par Claude Bartolone. Ce à quoi Pierre Serne (EELV) répliquait en nous disant en substance (Lettre confidentielle n°94 du 30 novembre) : les écologistes ne refusant pas une liaison en site propre, l’essentiel est que soit ouverte la question du mode… A ses yeux d’ailleurs, les différences entre les deux partis sont moins importantes qu’en 2010, différences qui n’avaient pas empêché EELV de participer avec les socialistes à l’exécutif régional. Parole d’expert, puisque Pierre Serne, tête de liste EELV dans le Val-de-Marne, joue un rôle essentiel dans la négociation pour la fusion des listes EELV et PS. Comme, de plus, Pierre Serne et Claude Bartolone se connaissent depuis très longtemps, les négociations devraient être plus faciles. En revanche, aux yeux du vice-président sortant Transport et mobilités de la région, une éventuelle fusion entre Valérie Pécresse et Nicolas Dupont-Aignan serait, elle, plus complexe, le parti souverainiste — tout comme le FN — rejetant d’un bloc le métro du Grand Paris. Fusion qui d’ailleurs n’était pas ce lundi à l’ordre du jour.

Les résultats du scrutin confirment ce qu’on pressentait : le FN est très fort dans la grande couronne, moins à l’ouest et au sud qu’à l’est et au nord : 19 % dans les Yvelines, 22 % dans l’Essonne, 25 % dans le Val-d’Oise, où il est second, et 30,1 % en Seine-et-Marne, où il est premier. Paris est quasiment un îlot : le FN y est quatrième, avec 9,6 % derrière EELV…

Les états-majors de campagne avaient bien pressenti ce risque d’une poussée FN aux limites de la métropole, et la peur des habitants d’être relégués. Début novembre, les présidents des quatre départements de la grande couronne avaient annoncé la création d’une association pour peser plus lourd, face à la naissance au 1er janvier de la métropole du Grand Paris. Les candidats aux régionales avaient l’un et l’autre mis l’accent sur la grande couronne, notamment en matière de transports : renouvellement massif des RER, densification des bus. A gauche, Claude Bartolone faisait de l’égalité au sein de la région un impératif. A droite, des élus Les Républicains connaissent bien le sujet dans sa dimension transports, comme Stéphane Beaudet (maire de Courcouronnes, président de l’association des maires d’Ile-de-France), tête de liste dans l’Essonne, François Durovray (président du conseil départemental de l’Essonne), ou encore Yves Albarello (maire de Claye-Souilly, en Seine-et-Marne), que nous avions trouvé inquiet à trois jours du scrutin…

Assez naturellement nous voyons midi à notre porte. Mais le transport, qui était en tête des programmes des candidats, n’a pas été la motivation première des électeurs, sauf peut-être en ce qui concerne la sécurité… Pierre Serne en convenait avant le scrutin, nous confiant : « Nous parlons de passe Navigo ou de RER mais sur ces sujets les gens ne nous écoutent pas vraiment : juste après les attentats, ils sont inquiets, et on les comprend. »

F. D.

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