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Valérie Pécresse recherche désespérément 300 millions d’euros
C’est son collègue député PS des Yvelines, Benoît Hamon qui avait vendu la mèche lors des débats de premier tour : le gouvernement entendait financer les 300 millions d’euros manquants du Passe Navigo à tarif unique grâce à une partie de la CVAE. La Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est une composante de la contribution économique territoriale qui a remplacé la taxe professionnelle en 2010. « On l’a piquée aux départements et donnée à toutes les régions en contrepartie du transfert des transports scolaires, sauf qu’en Ile-de-France, il n’y a pas de transfert…, explique Valérie Pécresse. Du coup, les départements d’Ile-de-France ont fait un recours contre ce prélèvement de CVAE auprès du conseil constitutionnel. »
L’imbroglio juridique devra être tranché, mais la CVAE reste pour l’instant la meilleure piste de recettes. Les 25 % de la CVAE francilienne plus ou moins promis représentent plusieurs centaines de millions d’euros et couvriraient « largement » le trou du tarif unique. « L’impasse financière », comme la dénomme la nouvelle présidente de région.
C’est bien pourquoi elle a saisi l’opportunité d’un rendez-vous des nouveaux exécutifs régionaux à Matignon sur des questions d’emploi, pour obtenir des assurances, étant donné que Manuel Valls s’était toujours montré très favorable au tarif unique pour des raisons de pouvoir d’achat, et qu’il avait, de plus, promis de dégager des financements (il avait été un temps question d’une partie de la taxe de séjour payée par les nuitées hôtelières si elle avait été augmentée, ce qui n’a finalement pas été le cas). Selon son cabinet, le Premier ministre s’est montré très réceptif.
« J'en ai parlé avec le Premier ministre, qui a accepté que l'Etat puisse assumer ce transfert de charges à la région, et donc nous allons discuter dans les semaines qui viennent de ce financement du passe Navigo à tarif unique que je souhaite conserver », a-t-elle assuré à l’AFP le 7 janvier. Lors de l’entrevue, elle a aussi appelé de nouveau à l'abandon de la métropole du Grand Paris, « source de complexification » et à la création d'une police unifiée et renforcée de 250 hommes des transports en Ile-de-France (police ferroviaire, Suge, GPSR).
Par ailleurs, Valérie Pécresse propose toujours des « mesures beaucoup plus drastiques de lutte contre la fraude et de recouvrement des amendes », susceptibles de rapporter 150 millions d’euros. En revanche, elle ne compte pas, comme l’avait fait le précédent exécutif, sur l’hypothèse d’une hausse des recettes grâce à un report modal – un point de report modal apporterait 80 millions d’euros de recettes en plus, avait calculé Jean-Paul Huchon – étant donné l’absence de report.
Et pis : la chute importante de la fréquentation depuis les attentats… En semaine, fin novembre, la fréquentation du réseau ferré de la RATP était en effet divisée par deux. Sans donner de chiffre exact, Elisabeth Borne a confié que la RATP enregistrait « en décembre 2015 plusieurs pour-cent de trafic en moins par rapport à décembre 2014, tous réseaux confondus. »
C. N.
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