TGV Tours – Bordeaux : et si l’exploitation était bénéficiaire ?

Ulcérés par l’attitude de la SNCF qui affirme que l’exploitation de la future ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux lui fera perdre beaucoup d’argent (de 150 à 200 millions d’euros), les services de l’ancienne région Aquitaine ont fait leurs calculs : selon eux, le bilan d’exploitation sur la ligne Paris – Bordeaux devrait au contraire s’améliorer de 80 millions d’euros.

Mais si la SNCF reste vague sur sa méthode de calcul de ses pertes, les chiffres utilisés par l’Aquitaine semblent eux aussi pour certains sortis du chapeau. L’étude réalisée en interne indique d’ailleurs que depuis 2009, la SNCF ne fournit plus de données sur le trafic ni sur les taux d’occupation de ses trains ligne par ligne. D’où un certain nombre d’hypothèses.

L’étude part du principe qu’il y aura 22,5 allers-retours quotidiens sur la ligne nouvelle Tours – Bordeaux. Soit 14 400 trains par an. « Le coût du péage entre Paris et Bordeaux, actuellement de 7 000 euros par an, passera à 15 000 euros par train », indique l’étude que Ville, Rail & Transports s’est procuré. Ce qui représente tout de même plus du doublement de ce coût ! Rapportées au nombre de trains annuels, les charges de la SNCF devraient alors augmenter de 101 millions d’euros. Auxquelles il faut ajouter l’amortissement des 40 nouvelles rames duplex commandées pour la ligne. Cet amortissement est évalué à 37 millions d’euros annuels. Selon les auteurs de l’étude, ce sont les deux principales charges puisque les autres dépenses seront largement compensées par la productivité obtenue (rames neuves donc moins de maintenance, rotations plus rapides des rames et des personnels ce qui permet un meilleur rendement, etc.).

Du côté des recettes, le taux d’occupation évaluée actuellement à 75 % passerait à 85 %. Une progression qui pourrait sembler réaliste mais, comme elle s’applique à des rames duplex plus capacitaires, l'évolution globale semble optimiste. Le produit moyen par voyageur est censé s’améliorer de 20 %, passant de 50 à 60 euros par trajet. L’évolution de la recette par rame devrait donc progresser de plus de 11 000 euros estime l’étude. Multipliée par le nombre de trains annuels, la recette s’établirait à 218 millions d’euros. D’où un bilan positif de 80 millions d’euros, qui fait dire aux auteurs de l’étude que « l’accroissement des recettes compensera très largement l’augmentation des charges ». Et sur lequel se basent les élus régionaux pour continuer à réclamer plus de dessertes que les 16,5 allers-retours quotidiens annoncées par le gouvernement à la fin de l’année. Alain Rousset, le président de la nouvelle région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes, continue d’affirmer son espoir d’obtenir sous peu un 17e aller-retour.

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