Votre panier est actuellement vide !
Des experts bientôt à pied d’oeuvre sur les chantiers de LGV
Décidément, les PPP autrefois présentés comme la solution miracle pour les grands projets et pour construire des LGV sans puiser dans les caisses de l’Etat ou des collectivités locales montrent leurs limites. Après Lisea en conflit avec la SNCF pour obtenir davantage de desserte sur la future LGV vers Bordeaux, deux géants du BTP, Eiffage et Bouygues, respectivement attributaires des PPP de 25 ans pour BPL (Bretagne – Pays de la Loire entre Le Mans et Rennes) et pour le contournement de Nîmes et Montpellier (CNM) réclament des indemnisations à SNCF Réseau pour des travaux non prévus au contrat initial. Chacun 200 millions d'euros selon les informations publiées par Le Figaro le 17 février.
SNCF Réseau confirme bien avoir reçu des réclamations officielles par écrit de la part des partenaires, à l'automne pour Eiffage et en janvier pour Bouygues. Mais se retranche derrière le « secret contractuel » pour éviter de confirmer la nature des dépassements. Selon le quotidien donc, il s'agit dans le cas du CNM notamment d'un pont plus long que prévu, ce qui justifie pour Bouygues un rattrapage de 200 millions d'euros demandé à son commanditaire, en sus du contrat de 2,3 milliards.
Concernant BPL, Eiffage, bénéficiaire d'un contrat à 3,3 milliards d'euros, met en avant un trafic fret moindre qu'envisagé, le contournement du Mans, de 28 km, étant ouvert au fret. Conséquence : « on nous a demandé de mettre de l'inox sur les rails pour éviter qu'ils ne se grippent. Cela a un coût », se plaint le groupe dans les colonnes du Figaro. « Ce qui est prévu au contrat dans pareille situation, c'est d'abord qu'on se mette autour d'une table pour examiner les demandes des constructeurs », rappelle-t-on chez SNCF Réseau. Ensuite chacun nomme son expert, les deux experts nommant à leur tour un troisième expert afin de garantir l'impartialité.
Pour Eiffage, les experts sont sur le point d'être nommés et la question devrait être tranchée au printemps. Bouygues devra sans doute attendre l'automne pour les conclusions d'expertises. SNCF Réseau tient à préciser que les relations avec les partenaires restent bonnes sur les chantiers et que les délais de réalisation ne seront pas impactés. Pas plus que les caisses des collectivités locales. « Tout doit vraiment être examiné de près car le rôle du PPP c'est aussi d'effectuer un transfert de responsabilité », ajoute-t-on subrepticement. De plus, en cas de désaccord avec les conclusions des expertises, l'un ou l'autre des contractants aura encore la possibilité d'aller en justice… Autant dire qu'on n'a, semble-t-il, pas beaucoup l'intention d'allonger 400 millions d'euros supplémentaires du côté de SNCF Réseau. Dans ce type de très gros chantier et de marchés de travaux de ces montants-là, les aléas sont classiques, ne serait-ce que les aléas climatiques, fait-on valoir. Mais les PPP, précisément, ne sont pas une méthode très classique…
C. N.
Laisser un commentaire