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Le front uni syndical se reforme… à la SNCF
D'une même voix. CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF ont finalement décidé d'appeler à la grève ensemble le 9 mars. Une grève carrée qui démarrera du mardi 8 mars 19h et courra jusqu'au 10 mars à 8h. Mais qui voit se retrouver pour la première fois sur les mêmes objectifs des syndicats plutôt restés en froid depuis juin 2013. Le front uni des organisations réformistes et contestataires parties ensemble, on s'en souvient, contre la loi de réforme du système ferroviaire n'avait finalement pas résisté. Un conflit qui a laissé des traces durables.
Deux ans et demi après, « le manque criant de réponse à nos demandes et l'incertitude que vous faites peser sur le devenir des cheminots nous obligent à réagir », ont-ils écrit ensemble dans le préavis de grève remis lundi 29 février. Ils réclament à la fois des embauches (1 400 départs en retraite non remplacés sont prévus en 2016), des négociations salariales mais aussi des conditions de travail « harmonisées par le haut » sur le modèle cheminot actuel à la suite de la présentation par le gouvernement de son avant-projet de décret-socle. Un texte qui pose des bases communes pour l'ensemble des salariés du secteur ferroviaire.
A la SNCF, le mouvement intervient dans un contexte compliqué. La liste est longue des soucis de la direction : tapage médiatique répété autour des écoutes des magistrats dans l'instruction du dossier sur l'accident de Brétigny et démission du patron de Réseau, Jacques Rapoport, grogne de présidents de régions qui manquent de conducteurs TER et projets de faire circuler des trains équipés pour circuler sans contrôleur à bord. Et puis ces négociations sociales contraintes d'aboutir vite avec l'Union des transports publics et ferroviaires dans la foulée du décret-socle.
Des négociations que la SNCF considère pour sa part comme déjà quasiment lancées en interne. Elle s'étonne dès lors, dans un communiqué à l 'AFP, de ce préavis de grève « susceptible de pénaliser les voyageurs » alors que « sur tous les points liés au régime du travail, il y a des rendez-vous de discussion pris ».
Mercredi 2 mars, à leur demande, la direction RH de l'entreprise recevait les syndicats. Pour Roger Dillenseger : « Aucun signal positif n'a été donné. »Et le secrétaire général adjoint de l'Unsa Ferroviaire d'inviter « le ministère des Transports à prendre aussi la mesure de cette unité syndicale qui se reconstruit ». « Un coup de semonce » adressé également pour Didier Aubert, le leader de la CFDT Cheminots, à la fois au gouvernement, à la SNCF et à l'UTP. Tandis que la CGT, qui présente en ligne une analyse ouvrant même la voie à une réflexion sur la semaine de 32 heures, s'étonnait que l'UTP n'ait pas encore fait connaître ses propositions à la veille de pourparlers qui s'annoncent « compliqués ».
En attendant, fort compliquée s'annonce aussi la journée du 9 mars pour les usagers. Notamment à Paris où, à la RATP, CGT et SUD appelaient aussi à cesser le travail pour réclamer des augmentations de salaires. Tandis qu'un peu partout en France étudiants, lycéens et opposants réclamant le retrait du projet de loi El Khomri ont aussi prévu rassemblements et manifestations.
Chantal Blandin
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