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Valérie Pécresse relance l’écotaxe pour les poids lourds en transit
Elle l’avait inscrite à son programme électoral, et rappelle que son adversaire socialiste Claude Bartolone l'avait fait aussi. Valérie Pécresse relance l’idée d’une écotaxe poids lourds pour tous les camions qui traversent l’Ile-de-France La présidente (LR) de la région Ile-de-France souhaite inscrire la mesure dans son plan d’action pour la qualité de l’air qu’elle souhaite rendre opérationnel d’ici l’été. C’est ce qu’elle a indiqué le 11 avril lors d’une conférence de presse en marge de la conférence régionale sur l’air organisée rue de Babylone. « C’est une question de bon sens et d’application du principe pollueur-payeur, a-t-elle justifié. Le camion en transit ne paye rien et ne nous profite en rien. Il faut la voir comme une redevance pour service rendu puisque c’est la région qui entretient les routes. » Pour mémoire, la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, avait il y a un an et demi évoqué une écotaxe sur le périphérique. Ce n’est pas la bonne échelle, a rétorqué Valérie Pécresse : « Il y aurait un effet de report immédiat sur l’A86 et la Francilienne. »
Estimant qu’il y avait désormais « un consensus sur le principe pollueur-payeur en Ile-de-France », Valérie Pécresse a également rappelé qu’un vœu pour l’écotaxe avait été tout récemment voté à la quasi-unanimité par les élus EELV, que son homologue président de la région Grand Est Philippe Richert (LR) y était lui aussi favorable, et qu’enfin Manuel Valls lui avait fait des promesses quant à des ressources pérennes pour financer le passe Navigo à tarif unique. C’est pourtant de Matignon qu’était venu le dernier veto sur l’écotaxe régionale… « C'est un sujet complexe qui nécessitera une bonne dose de dialogue avec l'Etat », a-t-elle convenu. Valérie Pécresse entend utiliser les portiques qui a sa connaissance n’ont pas été démontés et estime que l'écotaxe en Ile-de-France rapporterait au moins 100 millions d’euros.
La déclaration a immédiatement déclenché une levée de bouclier de la Fédération nationale des transporteurs routiers. Estimant que seuls 14 700 des 242 000 poids lourds qui circulent chaque jour en Ile-de-France sont en transit, soit à peine 6 %, la FNTR a calculé qu’« à raison d'une centaine de kilomètres pour transiter en Ile-de-France, il faudrait que la taxe soit d'environ 4,50 euros par km pour atteindre les 100 millions d'euros de recettes attendues » !
Au-delà de cette mesure, Chantal Jouanno (UDI), vice-présidente chargée de l'Environnement, a listé les autres propositions jugées nécessaires pour que le million et demi de Franciliens qui chaque jour sont exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux valeurs limites européennes, respirent un peu mieux. Parmi lesquelles, tester des solutions expérimentales de dépollution de l’air ambiant dans le métro, « un sujet majeur alors que tous les ans les études d’Airparif montrent que c’est là où l’air est le plus pollué ». Ou encore favoriser la dépollution des mobilités franciliennes : « dédieselisation » du parc des véhicules du Stif, financements de « tiers-lieux » pour le télétravail à hauteur de 2,5 millions d’euros, etc. Elle réclame aussi pour tous les grands projets et les grandes décisions – la piétonnisation de la voie Georges-Pompidou rive droite est dans le viseur – une évaluation fine des effets de report de circulation et de leurs impacts sur la qualité de l‘air.
La nouvelle présidente souhaite une région à la pointe de la mobilité durable, et des nouvelles technologies digitales. « Ce n’est pas normal que Paris n’ait pas son Optimod’ comme Lyon », a-t-elle lancé, rappelant que « si 10 % des Franciliens se décalent le matin, on n’a plus de problème de congestion et de saturation des rames ! » Elle affirme aussi vouloir travailler en partenariat : « Nous ne ferons pas cavalier seul sur des choses aussi cruciales, le nuage de pollution ne s’arrête pas au périphérique, on est tous dans la même barque et on doit décider ensemble ».
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