Grève des cheminots : Alain Vidalies cherche la sortie de crise

Mardi 26 avril, le jour même où doit s'ouvrir une nouvelle séance de négociations avec l'UTP pour la rédaction d'une convention collective des métiers du ferroviaire, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, la CFDT, la CGT, SUD Rail et l'Unsa appellent à la grève.

Les 4, 10 et 11 mai, de nouveaux rendez-vous sont prévus entre l'UTP et les organisations syndicales. Mais une manifestation nationale unitaire, à Paris, le 10 mai, est déjà programmée par les syndicats de cheminots.

Si, « à l'issue de ces trois rencontres, les négociations, aussi bien internes à la SNCF qu'entre UTP et syndicats restaient bloquées, la situation deviendra complexe, voire explosive », analyse Marc Baucher, le secrétaire général de l'Unsa Ferroviaire.
Une situation dont l’Etat semble avoir pris conscience. Alain Vidalies recevra les organisations syndicales jeudi matin, à 10h30.
D'ores et déjà, assure-t-on à l'Unsa, en signe d'apaisement, le projet de décret socle aurait été gelé à la demande des syndicats et n'aurait pas été transmis au conseil d’Etat, restant à l'état de  « fiche de travail ». Les syndicats réclament en effet une visibilité complète sur les trois étages des négociations sociales (décret-socle, convention collective et accords d'entreprise) avant de se prononcer définitivement. Interrogé, le secrétariat d'Etat nous répond que le « projet de décret-socle est en cours d'examen au Conseil d'Etat ». Malentendu ? Cela dit, les services d'Alain Vidalies rappellent que, sa récente interview au Monde, le secrétaire d'Etat déclarait : « si les partenaires sociaux souhaitent que le décret socle soit publkié au même moment que les deux autres textes; [il y est] prêt ». 
Les négociations, rappelons-le, doivent selon la loi avoir abouti le 30 juin. En cas d'échec, l’Etat prendra seul un décret pour que soit assurée la continuité des circulations. Le RH 0077 sera à cette date abrogé. Mais la SNCF resterait de facto sous son régime d'organisation du travail, les entreprises alternatives relevant, elles du seul décret. On mesure dès lors la distorsion de concurrence qui s'installerait. Ni la SNCF, ni les syndicats ni le ministère ne souhaitent en arriver là.

A en croire Marc Baucher, la base de son syndicat, traditionnellement modérée, pousse très fort. Et les cheminots sont conscients de détenir une arme avec l'Euro.

Pour ce 26 avril, la SNCF prévoit de fortes perturbations : en moyenne, un TGV sur deux, un Transilien sur deux, un Intercités sur trois et quatre TER sur dix.

La Fnaut dans un communiqué juge que, « dans un contexte très défavorable au rail […] les grèves répétitives lancées par les syndicats de la SNCF pénalisent les usagers et le système ferroviaire lui-même. »

La Fnaut estime que « l’accumulation des grèves régionales et nationales n’est plus acceptable et finit par nuire aux intérêts des cheminots : on ne défend pas un service public en bloquant son fonctionnement. Des exigences excessives des syndicats, trop dérogatoires du droit commun, peuvent par ailleurs déboucher sur une contraction de l’offre ou une hausse du prix des billets. »

Chantal Blandin

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