Le fret ferroviaire sur la mauvaise pente en Europe

Les hautes ambitions de la Commission européenne sur le fret ferroviaire sont-elles hors d'atteinte? La Cour des comptes européenne (ECA) a publié un rapport d’audit très critique sur le fret ferroviaire dans l’Union style= »margin-bottom: 0px; font-size: 12px; line-height: normal; font-family: Helvetica; -webkit-text-stroke-color: rgb(0, 0, 0); -webkit-text-stroke-width: initial; »>
Fiabilité, fréquence, flexibilité, adaptation à la clientèle, durée de transport, tarifs : tout doit être amélioré, selon le gendarme des comptes européen. Et les objectifs de la Commission de transférer 30 % du fret routier vers le rail et les voies navigables sur les distances de plus de 300 km d'ici 2030, qui étaient déjà ambitieux lorsqu'ils ont été formulés, paraissent de plus en plus difficiles à atteindre : entre 2011 et 2013, la part du fret ferroviaire a encore baissé dans l’UE, passant de 18,3 % à 17,8 %. Elle était de 19,7 % en 2000.

 

En Europe centrale et orientale, on peut même parler d’une véritable hémorragie. Un pays comme la Bulgarie est passé d’une part modale de 45,2% en 2000 à 9,1% en 2013. La Pologne, de 42,5% à 17%.

 

A « l’Ouest », le tableau est plus mitigé. Une dizaine de pays affichent quand même une légère progression depuis les années 2000 — la France n’en fait pas partie. Mais ce sont des frémissements plutôt que des tendances lourdes, avec des évolutions en dents de scie ces cinq dernières années. La palme va à l’Autriche, dont la politique ferroviaire est calquée sur celle de la Suisse et qui pointe un fier 42,1% de part modale pour le fret ferroviaire en 2013 (30,6% en 2010).

 

Ailleurs, la Cour épingle le mauvais état du réseau, le niveau des redevances d’accès, une gestion du trafic non adaptée aux besoins du fret, les freins à la concurrence — les opérateurs de fret historiques représentent en moyenne 66 % du marché. « En France, la performance a été affectée par l’absence de redevance poids lourds ainsi que par la mauvaise qualité des sillons disponibles », juge la Cour. De plus, les trains continuent à rouler très lentement – à peine une moyenne de 18 km/h sur un « un grand nombre » de lignes internationales – notamment en raison « du manque de coopération entre gestionnaires d’infrastructure ».

 

Ces maux « ne pourront être résolus par la simple affectation de fonds supplémentaires », dit la Cour des comptes. C’est le credo européen : l’ECA prône d’avantage de concurrence — d’autant qu’elle note une nette tendance au rachat des nouveaux venus par les opérateurs historiques — ainsi qu’un rééquilibrage des redevances d’accès entre les modes. Elle préconise aussi une adaptation, notamment au niveau européen, des règles de gestion du trafic (répartition, nombre et qualité des sillons).

 

Isabelle Smets

 

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