Le Ceva, rampe de lancement du Léman Express

La jonction dans le tunnel franco-suisse est faite. La SNCF, maître d’ouvrage du projet Ceva, et ses 17 partenaires avaient rassemblé le 23 septembre élus et techniciens à 13 mètres sous terre, venus assister au coup de pioche symbolique éboulant la paroi séparant les deux pays. Plus d’un an après le lancement des travaux, « c’est le troisième tunnel frontalier français, après l’Italie et l’Angleterre », rappelle Christian Dupessey, président d’Annemasse Agglomération.

C’est l’épine dorsale du premier RER transfrontalier franco-suisse, celui du Grand Genève, engagé pour un coût global de 1,5 milliard d’euros, dont 234 millions d’euros pour la partie française. Ce montant permet de financer une ligne ferroviaire de 16 kilomètres, en grande majorité en tunnels et tranchée couverte, avec deux ponts. Et sept nouvelles gares signées Jean Nouvel. Un ensemble connectant les deux réseaux ferroviaires français et suisse avec, côté français, deux kilomètres réalisés en souterrain incluant une pente sur 500 mètres jusqu’à la gare d’Annemasse.

Le Ceva (pour Cornevin – Eaux-Vives – Annemasse) fait référence à deux stations de correspondance à Genève et à la gare « terminus » française, mais l’acronyme devrait vite laisser place au « Léman Express » dont tout le monde rêve. Pour sa capacité à capter une partie des déplacements franco-suisse (550 000 chaque jour) et des 90 000 frontaliers quotidiens bloqués dans les bouchons routiers ; et aussi pour sa capacité à dynamiser un réseau ferroviaire de 230 km de lignes et de 40 gares dans un rayon de 60 km autour du Grand Genève. Pour y parvenir, des aménagements sont prévus, dont celui de la gare d’Annemasse – « une nouvelle gare sort de terre », s’enthousiasme son maire – et la modernisation des branches vers Evian, Saint-Gervais, Annecy. Ce qui paraît bien insuffisant pour l’avenir. « Il reste beaucoup à faire pour la SNCF » interpelle Patrick Mignola, VP Transports de la région, tandis que Gilles Cheval, directeur régional de SNCF Réseau évoque à partir de 2020 un « Ceva 2 », à 300 millions d’euros environ, pour les lignes de l’Ain et de la Haute-Savoie, le deuxième pôle d’investissement après le nœud ferroviaire lyonnais. La mise en service complète du Léman Express est prévue pour décembre 2019 avec une flotte de Flirt France pour CFF et de Régiolis pour la SNCF aux couleurs bleu et rouge sur fond blanc.    

Claude Ferrero

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