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Menaces sur l’emploi chez Ouibus
La tension monte, à Lyon, chez les chauffeurs de Ouibus. La direction de l’entreprise a annoncé, le 19 septembre, envisager le transfert des 42 contrats des salariés de son dépôt lyonnais à Faure Express, un de ses partenaires autocaristes. Dans ce dépôt, l’un des trois grands sites d’exploitation de l’entreprise en France, les employés craignent que la décision ne leur soit imposée. Et ils s’inquiètent pour l’avenir du site. Ils attendaient des réponses ce matin lors d’une rencontre avec les dirigeants de Ouibus.
« La direction présente ça comme une réflexion. Mais, c’est une réflexion bien avancée », assure Rémy Haddad, délégué syndical CGT de Ouibus.
Depuis quelque temps, les chauffeurs se sentent poussés dehors par la filiale de la SNCF. Elle leur propose de faire des « passerelles » pour devenir contrôleurs, ou chauffeurs de train. Elle les invite avec insistance à aller travailler chez ses partenaires. A Lyon, une demi-douzaine de salariés ont déjà rejoint Starshipper, franchise de Ouibus à travers la France. Ils auraient été débauchés par un ancien collègue. « Il y a 30 personnes de trop », lançait la direction à la mi-août.
« Notre proposition préserve la totalité des emplois et toute la qualité de service pour les clients », fait valoir Ouibus, que nous avons contacté et qui confirme l’existence de ce projet. « A ce stade, il s’agit simplement d’un projet sur lequel nous venons d’ouvrir une discussion avec le personnel. »
A l’origine, le modèle de Ouibus reposait sur une flotte détenue en propre et des chauffeurs salariés pour assurer ses trajets. Mais face à la concurrence féroce sur ce marché et aux pertes enregistrées, l’entreprise a revu sa stratégie en la calquant sur celle de ses concurrents. « Ouibus évolue de plus en plus vers un rôle d’organisateur de mobilité et de distributeur », annonçait la direction en août. En clair, l’autocariste veut faire appel à des sous-traitants plutôt qu’à ses propres employés pour exploiter ses lignes. « Ça leur coûte moins cher que nous », regrette cet autre chauffeur qui ne préfère ne pas être cité.
« Ce qui est plus inquiétant, reprend Rémy Haddad, c’est que dans le discours de Roland de Barbentane [le directeur général], l’entreprise doit recentrer ses activités sur le site de Vitry-sur-Seine. Donc le dépôt de Lille risque de connaître le même sort… »
Alban ELKAÏM
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