Forfait jour : la SNCF veut encadrer son encadrement

Pour ceux de ses salariés qui n’ont pas d’horaires fixes, ceux qui ne sont actuellement pas « soumis à tableau de service », la SNCF veut aujourd’hui une autonomie plus grande mais balisée par la signature avec chacun d’un contrat individuel. Avec un temps de travail compté en total de jours travaillés et pour un salaire forfaitaire. Les premières négociations ont commencé. De nouvelles tables rondes sont programmées ce mercredi 26 octobre et le 7 novembre. La SNCF souhaite aller très vite et le mettre en place dès mi-décembre.

Une précipitation que dénoncent les syndicats. Qui demandent avant toute chose que soit précisé le périmètre des personnels concernés et évaluées leurs charges de travail et leurs horaires actuels. Un vrai casse tête, reconnaissent d’emblée tous les protagonistes, quand on sait que l’actuelle organisation régionale recouvre d’importantes disparités d’organisation et de traitement des salariés. Notamment en termes d’heures supplémentaires payées ou non, voire compensées en congés.

Pour éclaircir les choses la direction comme le CCE ont chacun demandé une étude d’évaluation.

Selon des chiffres avancés en mai par la direction le forfait pourrait concerner quelque 30 000 salariés. Des cadres de terrain et de direction mais aussi de nombreux agents de maîtrise. Et selon les métiers parfois même du personnel d’exécution.

En juin, elle évoquait la possibilité de proposer 205 jours pour les emplois de terrain (avec 18 RTT). Et 214 jours pour l’encadrement qui travaille dans les directions.

SUD-Rail rejette en bloc la mise en place du forfait jours y voyant trop de « risques de dérives ». L’UFCM CGT accuse la direction de vouloir obtenir « des heures supplémentaires gratuites » pour tous, « une réduction des jours de repos et l’absence de limites horaires quotidiennes ».

Pour Benoît Vienne, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire, « ce contrat individuel ne fonctionnera que si la direction accepte un nouveau mode de management beaucoup plus participatif. Les moyens organisationnels qui font aussi actuellement défaut doivent suivre. Il doit se traduire par un véritable équilibre, poser de véritables bornes entre travail et repos. Et comporter une clause de revoyure et la possibilité d’y renoncer pour le salarié sans voir son emploi remis en cause ». Même exigence de la CFDT Cheminots. Pour son secrétaire général, Didier Aubert, « un suivi médical annuel devra aussi permettre d’évaluer l’impact de la nouvelle organisation sur l’équilibre et la santé de chacun. Le nouveau régime ne doit pas être dérogatoire aux 35 heures et à la durée annuelle du travail. »

Se pose enfin la question de la compensation salariale. Selon Benoît Vienne la direction proposerait 0, 9 % d’augmentation. A comparer avec les 3,5 à 4 % que cette organisation entraîne dans d’autres entreprises.

Rappelons que ces nouvelles discussions sont la déclinaison de l’accord sur l’organisation du travail au sein du nouveau groupe public ferroviaire qui avait déclenché un conflit social de près de deux semaines en juin. Et abouti à un accord global plutôt favorable aux salariés reconduisant quasiment le fameux RH 0077 en vigueur dans « l’ancienne » SNCF.

Aujourd’hui, l’entreprise l’a annoncé, elle recherche tous azimuts jusqu’à 20 % d’économies d’ici 2020. Et il ne fait pas de doute explique un négociateur que le forfait jours lui paraît permettre « d’améliorer la productivité sans dépenser plus ».

Chantal Blandin

 

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