LGV Bordeaux – Toulouse : opération déminage de Guillaume Pepy

La phrase était malheureuse. Au moins ambiguë. Guillaume Pepy l’a prononcée sur France Inter et il a passé une bonne partie d’un déplacement à Toulouse, le 19 et 20 avril, à faire de l’explication de texte et quasiment du déminage.

Quelle phrase ? Le 10 mars Patrick Cohen, le présentateur de la matinale de France Inter lance : « Toulouse restera sans ligne TGV directe et – ça n’arrivera pas – il n’y aura pas d’autre grand chantier, c’est le dernier, Guillaume Pepy ? » Et Guillaume Pepy répond : « Je pense que c’est le dernier pour le moment et, encore une fois, ce que je vous ai dit tout à l’heure, c’est que notre grand chantier, c’est un chantier de RER et c’est tant mieux. »

Aïe ! Il a fallu à Pepy toute sa force de conviction pour expliquer publiquement en Occitanie à la presse, aux leaders d’opinion, et sans doute aussi, mais en comité restreint, à la présidente de région, au maire de Toulouse ou au préfet de région, que la question portait sur les chantiers en cours, et pas sur les projets… Faute de quoi, la réponse apparaissait comme une condamnation de la LGV Bordeaux – Toulouse et de l’ensemble du projet GPSO. Et c’est ainsi qu’elle a été entendue puisque, à la suite des propos de Pepy, la mairie de Toulouse lançait le 23 mars une pétition en faveur de la ligne nouvelle, qui a recueilli 25 000 signatures, tandis que Jean-Louis Chauzy, président du Ceser régional et de l’association Eurosud Transport appelait à boycotter la visite du président du directoire de la SNCF.

Donc, déminer. Expliquer à chacun, en substance : ce n’est pas la SNCF qui décide, mais l’Etat et les élus ; la ligne est déclarée d’utilité publique ; elle n’est pas pour autant financée, il faut trouver dix milliards d’euros ; ce n’est pas simple, Réseau n’a pas le droit d’aggraver une dette de 44 milliards (règle d’or ! règle d’or !), l’Europe ne vient à la rescousse que d’un projet déjà financé ; mais, si l’Etat et les élus franchissent ce parcours d’obstacle, SNCF Réseau (dont c’est le métier), construira la ligne et SNCF Mobilités (dont c’est le métier) l’exploitera. Ouf. Ou à moitié. Car, si le président de la SNCF a bien rappelé que la décision ne lui revenait pas, il a bien montré que la voie menant à la LGV est étroite. Très étroite.

F. D.

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