SNCF : ne pas se tromper de «  donnant-donnant  » !

Yves Crozet

par yves crozet, professeur à l’université de lyon (iep) laboratoire aménagement economie transports un vent nouveau souffle sur la politique des transports. les plus hautes autorités de l’etat ont cessé de promettre des infrastructures pour lesquelles les financements n’existent pas. les projets ne sont pas tous abandonnés, mais l’extension des réseaux n’est plus la priorité. pour donner corps à l’acronyme anglais maas (mobility as a service), l’accent est mis sur les services et les nouvelles mobilités. les assises de la mobilité devraient concrétiser cette nouvelle donne qui touche aussi l’exploitation ferroviaire avec l’ouverture à la concurrence pour le transport de voyageurs. dans ce nouveau paysage, que faire avec la sncf ? la ministre des transports, elisabeth borne, a évoqué un « donnant-donnant ». quel contenu recèle cette formule ? pour répondre à cette question, nous commencerons par rappeler la situation délicate dans laquelle se trouvent aujourd’hui le ferroviaire et les trois epic de la sncf. dans ce contexte, il est préférable de s’orienter vers un donnant-donnant de longue durée et « à bas bruit » plutôt que de faire de la dette ferroviaire la base d’un grand marchandage qui profiterait…