Le coup de gueule des cadres sup de la SNCF

Siège de la SNCF, Saint-Denis

Plutôt discret, considéré comme conservateur, le Syndicat national des cadres supérieurs de la SNCF n’a rien d’un boute-feu, et n’a pas la réputation de faire cause commune avec SUD ou la CGT. Mais exaspéré par les faux procès faits à la SNCF à l’occasion de la nouvelle réforme, le syndicat a adressé en avril à Elisabeth Borne une lettre incendiaire.

« Pour des raisons de stratégie politique, écrivent-ils, vous avez fait le choix, avec le président de la République et le Premier ministre, de livrer à la vindicte populaire les cheminots et à les mettre en cause, en laissant entendre notamment qu’il y aurait un lien entre les récents dysfonctionnements de la SNCF et les cheminots (statut, organisation du travail, etc.). »

Ils ajoutent : « A ce petit jeu pernicieux et irresponsable quant aux conséquences prévisibles, les médias et les réseaux sociaux se sont précipités sur ce dossier et des caricatures grossières ont fleuri »:

« Les cheminots rentiers du rail », « l’emploi à vie », « le statut en or massif », « des billets gratuits à gogo pour toute la famille… et les cousines », « les agents ne font même pas les 35 heures », « la charge énorme des retraites », « surcoût du statut : 30 % », etc.

Les cheminots, comme tous les travailleurs de ce pays, n’ont aucune raison de mériter cette mise au pilori.

Ils ne méritent pas non plus d’être soumis à un chantage : « l‘Etat va enfin assumer ses responsabilités d’actionnaire sur le plan financier, partiellement et en fin de quinquennat ! » mais en échange d’efforts partagés notamment une modification des règles de leur contrat de travail.

« Ce n’est pas honnête car absolument rien n’est immédiatement engagé concernant ce problème primordial et récurrent depuis 1938 quand la SNCF a repris la concession d’entreprises privées endettées. »

Les cadres supérieurs soulignent aussi que la SNCF est « contrairement à ce que semble insinuer le gouvernement […] une entreprise qui bouge et qui est en progression constante y compris en se préparant à la concurrence. »

Fort de cette conviction, la lettre, signée par Dominique Grosset, président et Jean Wieland, président adjoint, pose dix questions au gouvernement.

 

Document joint : Lettre du SNCS à Elisabeth Borne