A Lyon, le Sytral n’achètera plus que des bus propres

essai trolleybus 24 m Lyon

Le Syndicat mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise (Sytral) a présenté le 14 septembre son plan d’acquisition de véhicules propres d’ici à 2025. L’AOT va acheter 250 bus pour un investissement d’environ 200 millions d’euros qui sera affiné en fonction des besoins forcément évolutifs et des développements technologiques au cours des six prochaines années.

Pour Fouzyia Bouzerda, présidente du Sytral, « on n’achète que des bus propres et non pas 50 % comme l’impose la loi, même si le réseau représente seulement 3 % de la pollution ». Manière de dire que les transports publics lyonnais, déjà bons élèves, adoptent une stratégie vertueuse en « anticipant de cinq ans la loi sur la transition énergétique ». Pour l’heure, le Sytral est en cours de lancement des appels d’offres : « le choix des constructeurs interviendra dans le courant de l’été 2019 pour une livraison des véhicules à partir de fin 2020 », précise Edwige Besse-Barci, directrice des Equipements et du Patrimoine au Sytral.

Les 250 bus propres représentant un quart de la flotte actuelle renouvelleront progressivement le parc ancien, en priorité grâce à des trolleybus qui constituent déjà l’un des plus importants réseaux d’Europe (130 trolleybus et 120 km de ligne aérienne). Quelque 150 trolleybus nouvelle génération remplaceront ainsi des bus thermiques grâce à leur système de recharge sur 60 % du trajet permettant de rouler sans ligne aérienne de contact sur l’itinéraire complet. Une demi-douzaine de lignes sont concernées, dont certaines passeront en trolleybus articulés afin d’augmenter leur capacité. Par ailleurs, une centaine de bus 100 % électriques feront leur apparition sur le réseau de surface. Nonobstant l’évolution des capacités des batteries à 2025, le Sytral a identifié 66 lignes thermiques (sur les 127 lignes du réseau TCL) dont 13 seraient retenues pour passer en électrique en charge lente (la nuit au dépôt) et 53 en électrique charge lente (au dépôt) et rapide (en ligne le jour).

Le Sytral et son opérateur Keolis ont adopté leur stratégie « d’électrification » suite à des tests menés ces dernières années, y compris sur les bus hybrides dès 2013. L’hybride, malgré des résultats intéressants face au diesel, a été écarté pour non-conformité à la loi sur la transition énergétique des agglomérations de plus de 250 000 habitants, sans parler de ses caractéristiques obsolètes par rapport à d’autres technologies post-2025. Parmi ces solutions d’avenir, le Sytral a étudié la faisabilité d’exploitation du GNV et le bio-GNV, notamment par le biais des capacités d’accueil et d’adaptation des dépôts. Quatre sur neuf dépôts permettent pour l’instant de satisfaire aux critères d’installation d’une station de compression d’alimentation des véhicules au gaz. Une affaire à suivre.

Enfin, l’hydrogène est au menu du Sytral avec toutes les précautions d’usage concernant la technologie, « pas encore au point sur la sécurité et le stockage de batteries », selon Edwige Besse-Barci. Elle prévoit un test en 2022 avec deux véhicules à hydrogène sur la ligne entre la gare Lyon-Jean-Macé et Saint-Fons. En attendant, le Sytral mise sur « plus de 80 % des déplacements en mode propre en 2025 », avec un cahier des charges rigoureux dont les candidats retenus figurent peu ou prou parmi ceux qui ont participé aux expérimentations de matériels roulants sur le réseau lyonnais (Hess, Solaris, Van Hool, Iveco pour les trolleybus, et E12/Dietrich Carebus-Yutong, Bluebus/Bolloré, Urbino/Solaris, electric citybus 2.1/Ebusco, i2E/Irizar, GX 337 Heuliez, Aptis/Alstom pour les bus électriques en 2016-2017).

Claude Ferrero