la décision de la commission européenne d’interdire la fusion alstom-siemens s’est attiré une levée de boucliers. on a accusé bruxelles d’avoir une vue court-termiste et une compréhension étroite de la concurrence. les critiques sont quasi unanimes en allemagne, largement majoritaires en france. dans les autres pays de l’union européenne (ue), on comprend beaucoup mieux la décision de margrethe vestager, la commissaire à la concurrence. la commission ne manque d’ailleurs pas d’arguments. le plus fort ? elle applique le droit. elle a pour mission de s’assurer qu’une entité ne peut acquérir de position dominante sur le marché intérieur par une acquisition. on peut devenir dominant par ses propres mérites. mais, si on le devient par acquisition ou fusion, il faut concéder des contreparties. À l’issue de son enquête, la commission a estimé qu’environ 80 % de l’activité cumulée d’alstom et siemens ne posait aucun problème. comme on le sait, c’est dans deux domaines que le bât blessait : les trains à très grande vitesse (au-delà de 300 km/h) et la signalisation. seuls siemens et alstom vendent des trains à très grande vitesse dans l’ue. il en va de même en dehors…