Des prévisions optimistes pour le marché ferroviaire mondial

presentation de l'etude UNIFE marche ferroviaire mondial

Tradition à nouveau respectée avec le retour d’InnoTrans : le premier jour du salon berlinois a donné lieu à la publication de l’étude sur le marché ferroviaire mondial réalisée par Roland Berger pour le compte de l’Unife (The European Railway Industries). En dépit des nuages qui se sont accumulés ces dernières années, au premier rang desquels figurent le Covid et l’invasion russe de l’Ukraine, la neuvième édition de cette étude reste optimiste pour les années à venir, après une légère baisse constatée entre 2019 et 2021.

La raison de cet optimisme ? « Avec une volonté politique accrue dans le monde entier d’élaborer des solutions de mobilité verte et les investissements nécessaires en matière de résilience et de reprise, l’étude prévoit une demande encore plus rigoureuse de nouvelles technologies de transport », explique l’Unife.

Dans 65 pays, regroupés en sept régions et représentant 98 % du trafic ferroviaire mondial, l’étude estime en effet à 3 % le taux de croissance annuel moyen du volume de marché ferroviaire, qui devrait atteindre une valeur de 211 milliards d’euros sur la période de 2025 à 2027. « Les taux de croissance les plus élevés sont prévus sur les marchés relativement petits d’Afrique/Moyen-Orient et d’Europe de l’Est, avec des augmentations de 7,1 % et 6,1 % respectivement. Cependant, des marchés plus matures comme l’Europe occidentale, l’Asie-Pacifique et l’Alena se développeront également de manière significative et représenteront donc la plus grande part de la croissance absolue », résume l’Unife.

« Cependant, ce marché en constante croissance devrait être ouvert à tous les fournisseurs pour permettre des systèmes ferroviaires vraiment efficaces. Par conséquent, une action politique forte est nécessaire pour atteindre des conditions de concurrence équitables sur le marché mondial du rail », a ajouté Henri Poupart-Lafarge, président de l’Unife et PDG d’Alstom. Et de fait, à l’heure actuelle, « seulement 61 % du marché ferroviaire mondial est ouvert aux fournisseurs ferroviaires internationaux, ce qui limite la pleine utilisation de nouveaux produits innovants qui promettent de décarboner le transport et de fournir à des millions de personnes des offres de mobilité fiables », indique l’Unife.

Selon l’étude, « des investissements considérables dans les infrastructures et le contrôle ferroviaire ont été entrepris en Asie-Pacifique, par exemple en Chine, ainsi qu’en Europe occidentale (par exemple, l’Allemagne et la France), qui ont augmenté de 1,6 % et 4,1 % respectivement ». Une grande partie de la hausse constatée est « liée aux progrès réalisés dans le domaine de l’infrastructure ». Depuis la dernière édition de l’étude, la longueur des voies ferrées en service a en effet augmenté d’environ 39 000 km, principalement sur les grandes lignes et celles à très grande vitesse, portant le cumul mondial à plus de 1,7 million de km de lignes urbaines et interurbaines. « Les voies supplémentaires ont été posées en majorité dans la région Asie-Pacifique, alors que la Chine a accéléré son plan de développement des infrastructures et que l’Inde a commencé à étendre ses corridors grandes lignes et fret ».

L’étude constate également un progrès de la numérisation, avec le déploiement des systèmes ERTMS et CBTC, de la maintenance prédictive, ainsi que la toute récente adoption de l’attelage automatique numérique (DAC) ou de nouvelles solutions innovantes (applications 5G pour le rail, amélioration des informations destinés aux voyageurs, billetterie et cybersécurité…)

« En outre, les initiatives phares telles que le Green Deal européen – avec l’objectif clé d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 – auront des effets bénéfiques sur la demande de solutions ferroviaires. En particulier, la promotion de systèmes de propulsion alternatifs tels que les trains à hydrogène et à batterie. En tant que mode de transport le plus durable, le rail a le meilleur potentiel pour devenir l’épine dorsale de la mobilité durable dans le monde entier et pour atteindre les objectifs climatiques », envisage l’étude, selon laquelle l’industrie s’est redressée rapidement après la crise de Covid.

P. L.