L’état dégradé du réseau ferroviaire grec en cause dans une collision meurtrière

catastrophe ferroviaire. Collision entre un train de voyageurs et un convoi de fret en Grèce le 28 février 2023

C’est l’un des pires accidents ferroviaires en Europe : le 28 février, vers 23h30, 57 personnes sont mortes et 85 ont été blessées après la collision entre un convoi de fret et un train de voyageurs qui reliait Athènes à Thessalonique dans le nord de la Grèce. Le choc s’est produit à la sortie d’un tunnel, au nord de la ville de Larissa, dans le centre du pays. Les deux trains se sont trouvés sur la même voie et y ont circulé pendant plusieurs kilomètres avant de se heurter de plein fouet. Sous la violence du choc, les locomotives et les voitures de tête ont été pulvérisées et les conducteurs sont morts sur le coup. Un incendie s’est alors déclaré.

Le train Intercity transportait 342 passagers, dont de nombreux étudiants qui rentraient à Thessalonique après un week-end prolongé. La majorité des victimes se trouvaient dans les premières voitures.

Un chef de gare inexpérimenté

Une enquête a été aussitôt ouverte. Mais très vite, la vétusté du réseau ferroviaire a été évoquée. Et la polémique a enflé. Le président du syndicat des conducteurs de trains Kostas Genidounias, cité par l’AFP, a ainsi affirmé que « tout se fait manuellement, les systèmes électroniques ne fonctionnant plus depuis 2000″. Les représentants syndicaux avaient d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme quelques semaines auparavant.

Le chef de gare de Larissa, qui a avoué une « erreur » devant la justice, a été arrêté le 1er mars et poursuivi pour « homicides par négligences » et pour avoir provoqué des « blessures corporelles ». Or, d’après la chaîne de télévision publique ERT, ce chef de gare de 59 ans était inexpérimenté, n’ayant reçu qu’une formation de trois mois avant d’être nommé à ce poste. Il n’y serait arrivé qu’il y a 40 jours après un emploi au ministère de l’Education. De son côté, le ministre des Transports a annoncé sa démission.

Les cheminots ont entamé une grève le 2 mars, la confédération des syndicats dénonçant « le manque de respect dont on fait preuve les gouvernements au fil du temps envers les chemins de fer grecs, ce qui a conduit à ce drame« .

Une société rachetée par les FS

L’accident a suscité une immense colère dans tout le pays et des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes. A Athènes, des manifestants réclamant des comptes se sont rassemblés, le 3 mars, devant le siège de la compagnie grecque Hellenic Train mise en cause pour de nombreuses négligences ayant abouti à ce terrible accident, qualifié de tragédie nationale par les autorités publiques.

En 2017, la société des chemins de fer grecs (Trainose) avait été achetée par la société publique italienne FS, dans le cadre du programme de privatisations décidée par les créanciers de la Grèce empêtrée dans une grave crise financière. « Les retards trouvent leur origine dans les pathologies chroniques du secteur public grec, dans des décennies de faiblesse » a reconnu devant la presse le porte-parole du gouvernement.