La coalition de gauche espagnole veut moins de vols courts au profit du train

Trains de la Renfe gare de Madrid

« Les vols intérieurs de moins de deux heures et demie doivent être réduits au profit du train » : tel est l’engagement pris cet automne par les partis de gauche socialiste (PSOE) et Sumar qui ont soutenu Pedro Sánchez, investi hier chef du gouvernement espagnol. Détaillé par Yolanda Diaz (leader de Sumar), leur programme est de favoriser les reports vers le train, partout où est offerte une alternative ferroviaire en moins de deux heures et demie.

Sont visées les liaisons aériennes quotidiennes entre Madrid et les aéroports de Alicante, Barcelone, Málaga, Séville et Valence. Des trains à grande vitesse (AVE) relient ces cinq destinations, à partir de la capitale, en deux heures et demie au plus. A titre d’exemple, Räul Blanco, président de la compagnie Renfe, rappelle qu’entre Madrid et Barcelone 7,9 millions de voyages ont eu lieu en 2022, dont 78 % l’ont été en train.

Reste que l’aéroport madrilène de Barajas n’est pas pour le moment relié au réseau ferroviaire à grand vitesse. Cette connexion est en projet, la majorité des vols internationaux ayant pour origine ce hub. La situation est identique à Barcelone-Prat.

Si cet engagement en faveur du rail ne peut que satisfaire les opérateurs Renfe, Iryo et Ouigo, elle est accueillie avec réserve par l’Association des lignes aériennes espagnoles (ALA). Pour son président, Javier Gandara, le train devrait seulement être un « moyen complémentaire ». Le président de la compagnie Iberia, Fernando Candela, est sur la même ligne et craint que « les passagers préfèrent voyager via Paris, Londres ou Francfort » si la grande vitesse ferroviaire n’arrive pas au terminal T4 de l’aéroport de Madrid-Barajas.

M. G.