La liaison Roissy-Picardie avance

Chantier du projet Roissy-Picardie
Elle s’est longtemps fait attendre mais désormais la liaison Roissy – Picardie avance. Ce projet, qui permettra de relier le nord-est du Val d’Oise et la Picardie au pôle de l’aéroport Charles-de-Gaulle sans passer par Paris, a connu un débat public en 2010 et une DUP en 2022. Les travaux ont finalement commencé début 2024 par le retrait des voies de service en gare de Survilliers-Fosses. C’est là que viendra s’embrancher la voie nouvelle sur le réseau classique.

« Nous allons construire là une sorte de « gare bis » destinée au TER et au TGV venant de Picardie », explique Emmanuel Grossin, directeur du projet Roissy – Picardie. Les fondations des futurs quais dédiés à ce nouveau trafic, ont également été réalisées l’année dernière dans cette gare de Survilliers-Fosses, déjà desservie par le RER D.
SNCF Réseau va commencer cette année la construction d’une passerelle pour assurer les correspondances. Accessible sans titre de transport, elle permettra aux riverains de franchir les voies.
Sur le tracé de la voie nouvelle, la construction de l’ouvrage de franchissement de l’autoroute A1 a commencé en octobre 2024, ainsi que les aménagements en gare de d’Aéroport Charles de Gaulle 2 TGV. Un quai et une cinquième voie seront créés pour accueillir les nouvelles circulations.

Les terrassements ont aussi débuté sur la partie nord de la voie nouvelle. En quittant Survilliers, la ligne passera sous trois ponts routiers successifs, à construire. Les 1,7 million de m3 de terre excavées (l’équivalent de 680 piscines olympiques) seront ensuite réutilisées afin de créer un remblai pour la voie dans sa partie sud. Sur ce tronçon, elle doit enjamber, grâce à des ponts-rails, l’A1, la RD 9, un chemin rural, et la LGV Nord. Soit un total de 7 nouveaux ouvrages à construire sur 6,5 km de voies nouvelles.
Roissy-Picardie
Carte du projet de la nouvelle ligne Roissy – Picardie.

Un autre défi attend SNCF Réseau : la cohabitation de plusieurs signalisations sur la ligne nouvelle et sur la LGV Nord. Les postes de la LGV les plus proches du triangle de Vémars seront modernisés pour accepter l’ERTMS utilisé par les nouveaux TER entrant en gare de Roissy. Mais ces postes devront aussi conserver la TVM 430 qui équipe les TGV en service pendant de nombreuses années encore. Ce défi technologique sera une première pour SNCF Réseau.

Le montant du projet s’élève à 541,16 millions d’euros, financés par l’Etat (65,32 %), la région Hauts-de-France (26,24 %), les collectivités locales (6,52 %) et la Commission européenne (1,92 %).
Le chantier devrait être terminé en 2026 pour une mise en service début 2027.
Quatre millions de voyageurs attendus
La construction de liaison directe Picardie-Roissy va rapprocher les habitants du nord-est du Val d’Oise et de la Picardie à la plateforme aéroportuaire de Roissy. Le temps de parcours entre Amiens et Roissy va passer de 1 h 40 à 57 minutes en TGV. Creil sera à 17 minutes de Roissy en TGV et 22 en TER (1 h 10 aujourd’hui). Compiègne sera à 45 minutes de Roissy contre 1 h 20 aujourd’hui. Chantilly-Gouvieux à 16 minutes (1 h 05 aujourd’hui). Et Survilliers-Fosses à 7 minutes de l’aéroport (1 h aujourd’hui). La ligne devrait être empruntée par 26 TER par jour.
Au-delà des dessertes régionales, la liaison Roissy-Picardie, va faciliter la connexion au réseau à grande vitesse, rapprochant les villes de Lyon, Marseille et Strasbourg.
Quatre millions de voyageurs sont attendus chaque année sur la voie nouvelle dès sa mise en service, avec une projection de sept millions après vingt ans d’exploitation.