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La LGV Lyon – Turin passe aux oubliettes
« L’horizon de réalisation de ce projet étant très lointain » C’est de la LGV Lyon – Turin qu'il s'agit et c’est l’Etat qui… class= »rtejustify »>
le dit. La maire de Saint-Savin a en effet demandé le 9 octobre, par une lettre à la préfecture de l’Isère, si l’arrêté déclarant Projet d’intérêt général (PIG) la LGV Lyon – Turin était encore valable. Réponse, de Charles Arathoon, directeur départemental des territoires, le 29 octobre : « L’horizon de réalisation de ce projet ferroviaire étant très lointain , je vous confirme que le PIG n’a pas été reconduit et que l’arrêté est ainsi devenu caduc le 19 juillet 2013. » Saint-Savin va donc pouvoir réviser son PLU sans s’embarrasser d’un projet remis aux calendes grecques.
La lettre de la préfecture a été diffusée le 12 décembre par France Nature Environnement qui en tire cette leçon : « On le savait depuis fin juillet 2013 mais voilà un document officiel qui le confirme : le projet de LGV/TGV Lyon – Turin est retiré par l’Etat. » Les élus d’EELV confirment. Ceci ne met pour autant pas un terme au recours déposé contre la déclaration d’utilité publique signée le 23 août dernier par Jean-Marc Ayrault. En effet, rappelle Jean-Charles Kohlhaas, président de la commission Transports, déplacements, infrastructures de la région Rhône-Alpes, la LGV Lyon – Turin est la quatrième et dernière phase du projet d’ensemble. La DUP porte sur les deux premières : pour commencer les tunnels nouveaux destinés avant tout au trafic voyageurs, en second lieu les tunnels sous les massifs de Chartreuse, du Glandon et de Belledonne, destinés au fret, la troisième phase consistant à doubler ces tunnels, et la quatrième, manifestement à l’abandon d’après le courrier cité, à réaliser une LGV de l’est de Lyon à Chambéry et au nouveau tunnel international.
Pour les élus d’EELV, un tunnel international nouveau est inutile, alors que le fret s’effondre faute d’une politique de report modal. Le tunnel du Mont-Cenis ne voit plus passer que moins de 4 millions de tonnes annuelles, en forte baisse, alors qu’il a une capacité estimée, grosso modo, à 20 millions de tonnes. Les élus d’EELV veulent porter au contraire les efforts sur les lignes saturées de la région, soit pour le fret soit pour les voyageurs, ignorées selon eux par le projet Lyon – Turin.
Conformément à ces analyes, Michèle Rivasi, députée européenne EELV, a écrit le 12 décembre une lettre à Jean-Marc Ayrault, pour s’associer au recours gracieux déposé contre la DUP. La députée européenne estime que la « justification de l’utilité publique de cet énorme projet n’est ni sérieuse ni réelle ». Elle relève l’incohérence de la politique des transports en ce qui concerne le report modal, et juge qu’« un tube de plus ne pourra jamais tenir lieu de politique des transports ». Elle s’inquiète aussi dans le courrier, tout comme la Cour des comptes, de la dérive des coûts (de 12 à 26 milliards d’euros). Et nous précise que, selon elle, des responsables qui soutiennent le projet ont été « manipulés par le BTP ». Elle compte demander d’ailleurs une réunion d’urgence à la Commission européenne. Jugeant l’analyse de la Commission Mobilité 21 assez proche de ces positions, elle demande au Premier ministre le retrait du décret de DUP, « en cohérence avec votre accueil positif des conclusions de la commission ».
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