Sécurité ferroviaire. Le point de vue de Bruxelles

Cela n’aura pas tardé : après l’attaque du Thalys du 21 août, la commissaire européenne aux Transports, Violeta Bulc, a annoncé sur Twitter son intention de passer en revue les procédures de sûreté pour les trains de passagers. « La sécurité et la sûreté des passagers sont notre première priorité », a tweeté la commissaire. Faut-il dès lors s’attendre à de nouvelles règles européennes, semblables à celles mises en place dans l’aérien ? Le porte-parole de la commissaire a tôt fait de tempérer : « Le transport aérien est très différent du transport ferroviaire », a-t-il expliqué, appelant à « ne pas tomber dans un hyperactivisme qui pourrait se révéler contre-productif ».

Mais si elle évoque la « proportionnalité », Bruxelles s’activera bien ces prochains mois sur la sûreté ferroviaire. Au niveau technique, la Commission s’est dite disposée à travailler dans le cadre d’un groupe d’experts sur la sûreté des transports terrestres déjà mis en place en 2012, mais dans lequel la sûreté des trains n’avait jusqu’ici récolté qu’un « intérêt moyen » de la part des Etats. « On espère une dynamique différente », dit maintenant une source.

Quant aux ministres européens des Transports, ils devraient en discuter lors d’un Conseil Transports programmé le 8 octobre, à Luxembourg. La possibilité d’installer des portiques de sécurité pour l’accès aux lignes à grande vitesse « sera certainement une question clé » lors de cette réunion, a indiqué le porte-parole de Violetta Bulc. La Commission voudrait également mettre sur la table les questions de formation du personnel de bord et du recours à la vidéosurveillance, de même qu’elle voudrait évoquer avec les Etats la possibilité de recourir à des gardes armés dans les trains (c’est permis dans les avions).

Autant de sujets que les commissaires Violetta Bulc et Dimitris Avramopoulos (Affaires intérieures) ont déjà évoqué lors de la réunion qui a rassemblé à Paris, ce 29 août, les ministres des Transports et de l’Intérieur de neuf Etats (France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Suisse, Italie et Espagne). Une porte-parole de la présidence luxembourgeoise de l’UE explique que la possibilité de « communautariser certains efforts » sera évaluée suite à la réunion de Paris.

Au sortir de la réunion, Violeta Bulc a confirmé que « la sécurité doit être proportionnée à la menace ». Les neuf pays européens se sont notamment mis d’accord pour « intensifier les échanges d’information entre les services, notamment en utilisant toutes les possibilités du Système d’Information Schengen (SIS) ». Les ministres ont jugé que « des opérations coordonnées et simultanées de contrôles sur certains trajets ciblés » étaient indispensables.

Concrètement, une série de mesures pour la plupart à l’étude ont été annoncées, en tenant compte des législations nationales : renforcement des contrôles d’identité et inspection plus fréquente des bagages des passagers dans les gares et les trains, augmentation du nombre de patrouilles mixtes, extension des billets nominatifs…

Isabelle SMETS, à Bruxelles

 

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