Lorraine. La SNCF propose d’abaisser sa facture de 10 millions d’euros

Après avoir rencontré au début de l’année Guillaume Pepy, le président de la SNCF, et Alain Le Vern, le nouveau directeur général Régions et Intercités, pour leur demander des explications sur les frais engendrés par le TER (voir Lettre confidentielle n°5), Jean-Pierre Masseret, le président de la région Lorraine (PS), et Patrick Hatzig, le vice-président délégué aux actions régionales relevant de la mobilité (PC), se sont vu proposer une « baisse substantielle » de la facture.

« Dans le cadre d’une assistance à maîtrise d’ouvrage, nous avons d’abord demandé à la CFTA [filiale de Transdev, ndlr] et SMA [cabinet d’expertise suisse, ndlr] de nous dire, en partant d’une feuille blanche, combien nous coûterait le TER s’ils l’exploitaient dans les mêmes conditions que la SNCF, c’est-à-dire avec des cheminots au statut et travaillant sous le règlement RH0077 », rappelle Patrick Hatzig. Conclusion de l’étude : le montant serait allégé d’une quinzaine de millions d’euros comparé à celui de la facture annuelle présentée par la SNCF. Une différence qui s’explique principalement par l’organisation des roulements des rames.

« Quand nous avons voulu confronter ce travail aux coûts de la SNCF, ses dirigeants nous ont expliqué que c’était impossible, que nous devrions dépouiller 2 m3 de documents… Ils ont tout de suite préféré arriver à une sorte de transaction qui remettrait les compteurs à zéro », raconte l’élu régional.

Selon une source proche du dossier, la SNCF aurait proposé un rabais de 10 millions d’euros la première année, 12 millions d’euros la seconde et 14 millions la troisième. Des chiffres que ne dément pas Patrick Hatzig. En tout cas suffisamment attractifs pour que la région décide, selon lui, de « ne pas aller au conflit ».

Alain Le Vern avance d'autres chiffres et d'autres explications : « Les relations se sont exacerbées en Lorraine. Nous avons travaillé sur la facture 2013 et sommes arrivés à une facture inférieure de 2,5 millions d’euros en fin d’année par rapport au chiffre initial. Pour 2014, la facture a été stabilisée. »

Aujourd’hui, reconnaît Patrick Hatzig, « nous n’avons toujours rien signé et ne voyons rien venir. La SNCF se fait tirer l’oreille pour que nous puissions enfin conclure ».

Echaudée, la région a décidé de prendre les choses en main pour son prochain rendez-vous ferroviaire : le cadencement de ses TER prévu en avril 2016. « En Lorraine, le cadencement ne sera pas fait par la SNCF… mais en collaboration avec elle, annonce Patrick Hatzig. C’est nous qui allons mettre en place nos roulements ». Dans ce but, la Lorraine se fait encore accompagner par CFTA et SMA, comme convenu dans le cahier des charges de leur mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage. « Nous avons presque terminé le travail. Nous allons discuter avec toutes les autorités organisatrices pour en discuter avec elles. Nous allons aussi rencontrer nos comités de dessertes. Avec une deadline, mi-juin, pour remettre notre travail à RFF », précise le conseiller régional qui résume en une phrase le reproche fait à la SNCF par la Lorraine : avoir surdimensionné les moyens pour réaliser le service demandé. Elle affirme vouloir continuer à travailler avec la SNCF mais « celle-ci doit s’en donner les moyens ». Avec en ligne de mire une échéance : le contrat TER actuel arrive à échéance fin 2016.

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