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Un pas de plus vers la ligne nouvelle Lyon – Turin
Le chantier pour réaliser la liaison Lyon – Turin avance doucement, parfois difficilement, mais ne s’arrête vraiment jamais. A ce jour on approche du milliard d’euros (890 millions d’euros précisément) dépensés dans le chantier de préparation du tunnel évalué à 8,5 milliards, ouvrage central de la future liaison Lyon – Turin. Avec cette somme qui grossit au fil des ans, il va finir par devenir de plus en plus difficile de revenir en arrière.
Un pas de plus a été franchi le 14 mai, avec la signature du marché de construction du tunnel de reconnaissance de Saint-Martin-de-la-Porte au profit du groupement dont Spie Batignolles TPCI est mandataire. Un groupement constitué à parts égales d’entreprises françaises et italiennes.
Ce tunnel, long de 9 kilomètres, ira de Saint-Martin-de-la-Porte à La Praz, permettant de faire la jonction entre les deux descenderies déjà réalisées sur le côté français entre 2002 et 2010. L’objectif est à la fois de mieux connaître la géologie du secteur, mais aussi de réaliser un ouvrage qui sera utile plus tard au tunnel définitif. Il pourra servir à faire passer les installations de ventilation par exemple et servir de sorties de secours à l’avenir. « Cette galerie se trouve à l’emplacement où sera situé l’un des deux tubes du tunnel définitif. Ces deux tubes seront reliés par des rameaux. Cela nous permet de réaliser en vraie grandeur nature un petit bout du tunnel définitif », explique Hubert du Mesnil, le président de LTF (Lyon Turin Ferroviaire), la société chargée de lancer les études et travaux de reconnaissance.
Les travaux, qui doivent s’étaler sur 8 ans, devraient démarrer l’année prochaine. Ils devraient coûter 290 millions d’euros. Ils seront financés à hauteur de 50 % par l’Europe. « Lorsque ce tunnel de reconnaissance sera achevé, nous arriverons au bout de la phase d’études et de reconnaissance », précise Hubert du Mesnil.
Pour passer à la phase suivante, la construction du tunnel définitif, il faudra changer les statuts de LTF pour lui permettre de devenir le maître d’ouvrage et futur gestionnaire du tunnel Lyon – Turin. LTF restera toutefois une société par actions simplifiées. « Ainsi, nous assurons la continuité de tous nos contrats. Mais les deux actionnaires à parité, RFF et RFI, vont être remplacés directement par les Etats français et italien », poursuit Hubert du Mesnil. Cela devrait être fait au cours de l’été prochain. « A ce moment-là, LTF deviendra une société similaire à Eurotunnel. Cette future société sera aussi chargée de gérer l’ancien tunnel », explique-t-on chez LTF.
Autre évolution à prévoir : les financements européens vont changer. « L’Europe qui dispose d’un budget va demander à tous les pays d’adresser leurs demandes de financement. Ce devait être fait pour fin 2014. On évoque désormais février 2015. Notre projet fait partie des priorités depuis de nombreuses années. L’Europe a dit à plusieurs reprises qu’elle souhaitait le financer à hauteur de 40 % », indique Hubert du Mesnil qui se montre optimiste pour la suite. Selon lui, l’Europe n’a pas le moindre doute sur ce projet. « La volonté de l’Europe sur ce dossier est sans faiblesse, elle veut qu’on le fasse, le plus vite possible. Nous arriverons en définitive à un compromis entre cette volonté européenne et les contraintes de temps et de financement. Tout projet de ce type connaît un rythme plus lent qu’espéré », assure l’ancien président de RFF.
La part de la France devrait se monter à 2,2 milliards d’euros étalés sur 15 ans. Soit 200 à 250 millions d’euros par an. « Je ne dis pas que c’est insignifiant mais à l’échelle de notre pays et à ce rythme-là, c’est réalisable », souligne Hubert du Mesnil qui insiste sur la vocation principale du tunnel : le report modal pour le trafic de marchandises. Pour y parvenir, le président de LTF plaide pour une harmonisation des péages d’infrastructures en Europe. « Dire que nous allons batailler contre le tunnel du Brenner pour attirer du trafic n’aurait pas de sens. Ce qui a du sens, c’est que DB, Trenitalia ou SNCF puissent développer leurs compétences », lance Hubert du Mesnil. Au-delà des financements, c’est aussi une véritable politique européenne des transports qui est indispensable.
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