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Bataille pour la direction exécutive de l’Agence européenne du rail
Ce mardi 30 septembre, les Européens vont choisir le directeur exécutif de l'Agence européenne du rail (European Rail Agency, ERA). Le Belge Marcel Verslype…
qui la dirige depuis sa fondation en 2004, quitte son poste et part à la retraite après avoir effectué deux mandats de cinq ans. Le nouveau président est connu. Il s'agit de Mats Andersson, un Suédois. Mais, pour le successeur de Marcel Verslype à la direction exécutive, la Commission européenne a présélectionné deux candidats. Ils n’ont pas le même parcours et ne représentent pas la même sensibilité. La bataille est dure, même si elle est apparemment feutrée et qu'un consensus doit être au bout du compte dégagé. En effet, le directeur exécutif devra être choisi par les quatre cinquièmes des électeurs. Or, dans le conseil d'administration de l'ERA, chacun des 28 pays membres de l'Union a une voix. Malte vaut l'Allemagne. La Commission, dispose, elle de 4 voix. Cela fait 32 voix en tout. Il en faut donc 26 pour être désigné…
L'un des deux candidats est Josef Doppelbauer. Autrichien, ancien CTO (directeur technique) et aujourd'hui responsable de la recherche et de l'innovation de Bombardier Transport, il a l'appui des milieux industriels. Il est également président de l'Errac (European Rail Research and Advisory Council), l'instance européenne de recherche ferroviaire, et a joué un rôle moteur dans la mise en place du programme européen Shift2Rail dont il a dirigé le comité de pilotage.
L'autre candidat est Ralf Schweinsberg. Allemand, juriste, il est numéro 2 de l'EBA, l’Eisenbahn Bundesamt le très puissant régulateur allemand. Il a déjà été candidat à la direction de l'agence en 2004 contre Marcel Verslype.
Le directeur exécutif aura la tâche d'assurer la montée en puissance de l'ERA, conformément au volet technique du quatrième paquet ferroviaire ; ce volet, qui comporte deux directives (interopérabilité, sécurité), et un règlement concernant justement l’ERA n’est toujours pas adopté. Mais il est attendu par la plupart des parties prenantes et ne pose pas les mêmes problèmes que le volet politique. L’agence européenne devrait hériter de quelques-unes des prérogatives des autorités techniques nationales (l’EPSF en France), en ce qui concerne les autorisations pour les trafics internationaux.
La bataille pour la direction de l'ERA oppose un industriel autrichien à un juriste allemand. Pas de Français dans la course. Plus grave, on remarque que si les Français ont accueilli le siège de l’Agence, à Valenciennes et à Lille, sans que le pouvoir politique se soit d'ailleurs mobilisé pour cela, l'organigramme montre quelque chose de plus inquiétant pour les intérêts du pays dans le domaine : plus aucun Français ne joue de rôle moteur dans l'Agence.
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