InnoTrans 2014 – Une dixième édition sous le signe de la mobilité 4.0

La mobilité 4.0 ? Cette notion un peu obscure, même pour la plupart des spécialistes, était le mot-clé de la cérémonie d’ouverture de l’édition 2014 d’InnoTrans, le « salon international de l’innovation dans les transports » – principalement ferroviaires – qui se tient tous les deux ans à Berlin depuis 1996. Que ce soit pour Alexander Dobrindt, ministre fédéral allemand des Transports et des infrastructures numériques, ou pour Rüdiger Grube, président de la DB, « l’innovation dans les transports est liée aux mégadonnées ». Sans doute la définition de la mobilité 4.0.

Ouverte le 23 septembre, cette dixième édition a une fois de plus battu tous les records, avec 140 premières mondiales, 145 véhicules ferroviaires sur les voies à l’extérieur – une exclusivité InnoTrans – 2 758 exposants de 55 pays (61 % de non-allemands) et un cumul de 138 872 visiteurs professionnels venus d’une centaine de pays. Sans compter les 15 000 visiteurs grand public venus voir le matériel roulant au cours du week-end. Bref, une hausse globale de 10 % pour les chiffres-clés de cette manifestation de plus en plus mondiale, après avoir été essentiellement allemande, puis européenne. Un élargissement successif qui était symbolisé par la présence à la séance inaugurale de Siim Kallas, pour la dernière fois en tant que commissaire européen, et d’un des principaux acteurs japonais, Tetsuro Tomita, CEO d’East JR.

Côté stands, la présence de l’Extrême-Orient était de plus en plus visible, avec une mention spéciale pour la Chine. Mais logistique oblige, il est difficile de présenter sur place des véhicules venus de l’autre bout du monde. Sur les voies extérieures dominaient donc toujours les locomotives, trains et trams venus d’Europe, avec une demi-rame à grande vitesse italienne Frecciarossa 1000 comme principale attraction. Comme lors des éditions précédentes, les voisins de l’est (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Croatie) étaient bien visibles. Avec au premier rang l’autorail Link commandé par la DB au polonais Pesa lors de la précédente édition d’InnoTrans. Cet autorail avait comme voisin un tram conçu par les transports publics d’Istanbul, symbole de la forte présence turque sur les voies d'exposition cette année. Présence renforcée par la visite d’une délégation de 420 politiciens et industriels turcs à Berlin. Autre visite officielle remarquée, celle de Patrick McLoughlin, secrétaire d'Etat britannique aux Transports, à la remise officielle de la première rame Class 700 de Siemens destinée au RER londonien Thameslink. 

Et la France ? Trois pavillons nationaux organisés par Ubifrance et regroupant 102 exposant – clusters, industriels et centres de recherche – étaient répartis dans la trentaine de halls ouverts aux visiteurs au Parc des Expositions de Berlin. En particulier, les acteurs du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie étaient regroupés sous la bannière Northern France Rail, qui occupait une place de choix à côté des plus grands exposants dans un des halls les plus visités.

Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux Transports, n'a pas manqué de visiter les stands tricolores lors de la journée inaugurale. En particulier celui d’Alstom, tactiquement placé près du tram compact d’Aubagne. Ce véhicule, qui n’a laissé personne indifférent, symbolisait le lancement de la nouvelle gamme Citadis X05, dont il est le précurseur. Outre les wagons modernisés par les Ateliers d’Orval, la présence française sur les voies était aussi assurée par le Regio2N de Bombardier. Au bout du compte, la diversité de l'offre française était moins mise en valeur que lors des précédentes éditions. L’absence de la SNCF dans la liste des exposants n’y est sans doute pas étrangère…

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