La nouvelle commissaire chargée des Transports s’inscrit dans la continuité

La Slovène Violeta Bulc succédera bien à Siim Kallas au poste de commissaire européen aux Transports. Elle a convaincu …  

lors de son grand oral devant les députés européens le 20 octobre, même s’il est paru évident qu’il lui faudra encore un peu de temps pour maîtriser son nouveau portefeuille. Normal : Violeta Bulc, 50 ans, est entrée en politique il y a à peine un peu plus d’un mois, lorsqu’elle a intégré le gouvernement slovène en tant que ministre en charge du développement, des projets stratégiques et de la cohésion. Diplômée de la faculté d’ingénierie électrique de l’Université de Ljubljana et titulaire d’une maîtrise en technologies de l’information, sa carrière s’était jusqu’alors déroulée dans le privé, notamment à la tête de la société de conseils en stratégies durables et écosystèmes qu’elle a fondée il y a 14 ans.

 Est-ce sa formation d’ingénieure ? Durant son audition, la Slovène s’est engagée résolument à promouvoir les systèmes de gestion de trafic « intelligents » et en particulier le déploiement du système européen de gestion du trafic ferroviaire ERTMS. Être encore aujourd’hui obliger d’équiper les locomotives de plusieurs systèmes de gestion du trafic « est inacceptable dans nos sociétés modernes », a-t-elle déclaré. C’est un domaine sur lequel elle avait également insisté dans des déclarations écrites envoyées préalablement aux députés : « Il est temps de produire des résultats », peut-on y lire à propos de l’ERTMS.

Violeta Bulc n’est pas favorable à un éclatement du 4ème paquet ferroviaire européen, a-t-elle aussi insisté. Elle souhaite donc que les volets techniques (certification/rôle de l’Agence ferroviaire européenne) et politiques (libéralisation/gouvernance) soient négociés et adoptés de concert. Quid des sociétés intégrées, type holdings ? « Elles resteront présentes en Europe mais la première chose dont nous devons nous assurer, c’est qu’il n’y ait pas de subventions croisées ». Le combat de la commissaire se portera donc clairement sur la transparence financière des entreprises. « Je me battrai pour des comptabilités transparentes », a-t-elle déclaré. Pour elle, l’enjeu est d’éviter que l’argent dévolu par les Etats aux gestionnaires d’infrastructures ne finisse par subsidier les entreprises ferroviaires historiques, une critique régulièrement mise sur la table par les « nouveaux entrants ». Violeta Bulc a aussi insisté surla nécessité de renforcer la coopération transfrontalière entre les gestionnaires d’infrastructure ferroviaire.
Interrogée par la députée des Verts Karima Delli (France) sur l’utilité de maintenir les financements européens en faveur du projet ferroviaire Lyon-Turin, la commissaire a été très claire : les priorités de financements – dont font partie de Lyon-Turin – ont été approuvées par l’UE et elle les défendra. « Si nous commençons à émettre des doutes sur ces corridors, le réseau ne fonctionnera jamais. »

Isabelle Smets

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